Au creux d’un coquillage …

 » Au creux d’un coquillage
Que vienne l’heure claire
Je cueillerai la mer
Et je te l’offrirai.

Y dansera le ciel
Que vienne l’heure belle.
Y dansera le ciel
Et un vol d’hirondelle
Et un bout de nuage
Confondant les images
En l’aurore nouvelle
Dans un reflet moiré
Dans un peu de marée
Dans un rien de mirage
Au fond d’un coquillage.

Et te les offrirai. » Ester GRANEK (Poétesse belgo-israélienne francophone/ Extrait de son recueil Je cours après mon ombre)

Tableau de William BOUGUEREAU

Chaque paysage …

« Chaque paysage a sa grammaire. En montagne, les sommets sont des majuscules, les torrents des virgules qui permettent de rythmer le regard. Chaque être vivant trace des phrases dans ce paysage. Certains s’accordent entre eux et créent de la poésie. L’homme est invité chaque jour à être poète ou vandale. » Éric DE KERMEL (Écrivain français/ Extrait de son livre Mon cœur contre la terre)

Médée … Luigi CHERUBINI

Luigi CHERUBINI par Jean Dominique INGRES

( Médée / Ouverture – Arturo TOSCANINI à la direction du NBC SYMPHONY ORCHESTRA)

Luigi Chérubini revient sur ce thème douloureux qui fut abordé avant lui en 1693 avec la tragédie lyrique de Marc-Antoine Charpentier . Une œuvre inspirée par l’histoire tragique d’Euripide ( 431 avant J.C)  où se retrouvent la douleur, la démesure, la passion destructrice, la trahison, et l’infanticide puisque l’héroïne  finira par tuer ses enfants.

L’italien Chérubini a fait sa réputation à Paris, notamment dans la composition d’œuvres lyriques (il a posé les bases de l’opéra français du XIXe siècle) et de musique sacrée. Par ailleurs, il a dirigé le Conservatoire de musique de la capitale durant 20 ans (de 1822 à 1842)

Médée reste son plus grand opéra, fortement apprécié par Brahms, Schumann, Wagner et Beethoven (qui admirait beaucoup sa brillante Ouverture). Le livret est de François Benoit Hoffmann ( d’après la tragédie de Corneille )  traduit en italien par Carlo Zingarini. Il fut  créé au théâtre Feydeau en 1797.

Le public français n’était pas très emballé par le livret en alexandrins. Mais Chérubini ne tint pas compte de ce qui pouvait se dire : il était persuadé qu’il avait tout gagné avec la voix extrêmement puissante et les talents de tragédienne de la soprano qui tenait le premier rôle, à savoir Julie Angélique Scio.

Malheureusement, ce sera un échec total ! L’opéra fut supprimé du programme après seulement une vingtaine de représentations. Il connaîtra le succès en Allemagne, interprété en allemand, mais renaîtra réellement de ses cendres à la Scala de Milan en 1909, dans la version en italien (c’est celle très souvent proposée de nos jours).

C’est une œuvre intense, exigeante vocalement, dramatique, subtile, mélange étonnant de classique et de romantisme,  qui sera exhumée par l’inoubliable Maria Callas à Florence d’abord, puis à la Scala de Milan en 1953, dirigée par Léonard Bernstein. Un rôle qui fera sa célébrité tant elle avait toutes les qualités d’intensité dramatique et des dons vocaux et musicaux exceptionnels pour l’interpréter . C’est avec lui qu’ elle fera ses adieux à la scène de la Scala en 1962. Elle a, de plus, été Médée au cinéma dans le film de Pasolini en 1969.

(Vidéo Maria CALLAS (Médée ) & Gino PENNO (Jason ) /Acte II et III – Direction Léonard BERNSTEIN / ORCHESTRE DE LA SCALA DE MILAN