Lire …

« Il suffit de lire un bouquin par mois pour avoir des manies, des préférences. Tout est plaisir, tout fait problème. Préfère t-on lire couché ou assis ? Assis dans un fauteuil ou sur une chaise ? User d’un marque-page ? Emprunter ? Prêter sans espoir de retour ? Se fier aux critiques, n’écouter que ses amis ou son flair ? Engranger encore, toujours, au risque de devoir déménager ? Le livre ne sollicite pas seulement l’intelligence, la vue, mais l’ouïe, l’odorat, le toucher, les muscles, les nerfs, la mémoire et l’oubli, le cœur, le temps et l’espace. Le livre peut envahir la vie domestique, amoureuse, familiale, amicale, professionnelle. Toute bibliothèque est une sorte d’autobiographie d’un couple, d’une tribu d’amis, d’une confrérie de lecteurs où chacun peut se retrouver. » Annie FRANCOIS (Auteure française / Extrait de son livre Bouquiner-Autobiobibliographie)

« La lectrice  » Giovanni CINISELLI

La sieste …

‘Pas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d’émeraude.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil
Qui s’allonge et se croise à travers l’ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons,
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu’enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d’or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j’emprisonne mes rêves. » José-Maria DE HEREDIA (Poète d’origine cubaine, naturalisé français en 1893- Extrait de son recueil Les trophées)

« La sieste » Henri MANGUIN

Apollon servi par les nymphes …


 » Apollon servi par les Nymphes  » – 1666/75 – François GIRARDON – Thomas REGNAUDIN  (En raison des dégradations causées par les conditions météorologiques et les infiltrations d’eau dans la grotte, le groupe a été retiré pour subir une restauration importante et être   » présentable  » lors de l’exposition sur Louis XIV qui eut lieu au château de Versailles en 2009 – Désormais l’original est conservé dans la Gypsothèque de la Petite Écurie.

 » La grotte de Thétys était un pavillon de plan rectangulaire couvert d’un réservoir. Son intérieur était recouvert de coquillages d’où l’appellation de grotte. La construction a commencé en 1664 et le pavillon fut détruit en 1684.

La construction du bosquet des bains d’Apollon par Hubert Robert a commencé vers 1775 et s’est achevée en 1780. La scène s’inspire de la mythologie : Apollon, après avoir terminé sa course diurne sur le char du soleil, se repose chaque soir dans la grotte de Thétys, entouré de six nymphes océanides.

On doit à Girardon la figure du Dieu, celle de la nymphe Doris qui lui verse de l’eau sur la main et celles des deux autres nymphes agenouillées en train de lui laver les pieds. Le sculpteur s’attarde avec minutie sur la lyre d’Apollon. L’habileté avec laquelle il exécute les tuniques très souples, dont les plis savamment élaboré enveloppent les corps, explique le succès qu’il a obtenu à la Cour. La main de Regnaudin est facilement identifiable dans les trois autres figures dont la réalisation est plus sommaire si on les compare avec les nymphes délicates de Girardon. »  Federica BUSTREO (Historienne de l’art, guide touristique à Florence en Italie)

‘ je songeai donc qu’à l’autre extrémité du même parc, où était cette grotte, il serait bon de mettre Apollon qui va se coucher chez Thétys après avoir fait le tour de la terre, pour représenter que le Roi vient se reposer à Versailles après avoir fait du bien à tout le monde. Mr le Brun, lorsque le roi eut agréé le dessin, le fit en grand et le donna à exécuter, sans presque rien y changer, aux sieurs Girardon et Regnaudin pour le groupe du milieu. » Charles PERRAULT (Homme de Lettres français)

 » Quand le Soleil est las, et qu’il a fait sa tâche, il descend chez Thétys, et prend quelque relâche : c’est ainsi que Louis s’en va se délasser  » Jean de LA FONTAINE ( Poète français )

 » En effet, il n’est pas possible, la première fois qu’on voit une si belle chose, de ne douter pas de ce qu’on voit et de ne s’imaginer pas que c’est un enchantement. Les yeux sont ravis, les oreilles sont charmées, l’esprit est étonné et l’imagination est accablée, s’il faut ainsi dire, par la multitude des beaux objets. Cette grotte est très magnifique, grande, spacieuse, ayant trois enfoncements dont les diverses beautés ont pourtant du rapport entre elles. Le soleil est encore représenté au haut de la grotte, comme un astre dominant en tous lieux. Tous les ornements que l’architecture peut recevoir y paraissent, formés par des coquillages, du moins ceux qui peuvent convenir aux eaux, comme des poissons aquatiques, vrais ou fabuleux » – Madeleine DE SCUDÉRY ( Femme de Lettres française, dans son ouvrage Promenade à Versailles)

Grotte de Thétys en 1676 – Illustration de Jean LEPEAUTRE  ( l faut savoir que cette grotte originale, comme l’indique l’article ci-dessous, a été, en effet détruite en 1684 , la raison en a été la construction de l’aile Nord du château- Elle avait été réalisée comme lieu des plaisirs, divertissements et fêtes pour deux favorites en titre  : Mademoiselle de la Vallière à son commencement  et Madame de Montespan plus tard. Les groupes sculptés furent alors déplacés au bosquet de la Renommée, puis dans le bosquet des bains d’Apollon.