Expo d’été : CÔTÉ JARDIN : De MONET à BONNARD …

Durant ces mois de Juillet et Août, je vous propose de partir à la découverte trois expositions, deux en province, et une dans la capitale. Elles sont fleuries, belles, et permettent un merveilleux moment de dépaysement. J’espère que cela vous plaira. Voici donc la première

Si vos vacances vous portent du côté de Giverny, en Normandie, que vous avez envie de flâner, de vous ressourcer, de vous évader loin de ma ville et de ses nuisances sonores, je vous conseille vivement la très belle exposition que nous propose le Musée des Impressionnismes, avec le concours et le soutien du Musée d’Orsay. Elle s’intitule CÔTÉ JARDIN – De MONET à BONNARD et se tiendra jusqu’au Ier novembre 2021. C’est une véritable bouffée d’air frais, de couleurs, de fleurs, de jardins, au travers d’une centaine d’œuvres : tableaux, photos, dessins, estampes de peintres impressionnistes et nabis, prêts de très nombreuses institutions muséales françaises et suisses et de collections particulières.

Une promenade thématique et chronologique composée de différentes parties : Espaces inédits – Absences – Rêveries – Jeux et squares – Cabinet de photographies – Jardins luxuriants – Retour vers l’impressionnisme.

La représentation des jardins remonte bien loin dans le temps. Le XIXe siècle verra apparaître de nombreux jardins publics dans Paris. Ils avaient pour fonction de donner une note heureuse à la ville, et être un poumon d’air frais à l’ère industrielle.

Le jardin fut un sujet incontournable des peintres que ce soit le jardin urbain public ou le jardin privé et potager. C’est un thème qui a véritablement explosé dans la peinture entre 1870 et 1890. Le jardin a toujours été vu comme un havre de paix, un lieu harmonieux de tranquillité et de quiétude. Un lieu où le temps semble s’arrêter, l’on peut se distraire se promener , se poser, se reposer, méditer, rêver, où l’on peut écouter la nature, assister à ses transformations, un lieu où l’on cultive aussi. Les jardins publics furent des lieux de sociabilité. Le jardin privé un lieu intimiste, un refuge, un endroit régénérant.

 »Fenêtre ouverte sur la Seine à Vernon) 1911/12 Pierre BONNARD (Musée Chéret/Nice)
 »La partie de croquet ou Crépuscule  » Pierre BONNARD 1892 (Musée d’Orsay/Paris)
« Le jardin de la ville à Pontoise » 1873 Camille PISSARRO (Musée de l’Ermitage/Saint Pétersbourg)
« La terrasse en bord de Seine à Melun » 1890 env. Henri ROUART (Musée d’Orsay/Paris)
« Le Parc Monceau » 1878 Claude MONET (Metropolitan Museum New York)
« Jardin potager et clocher à Éragny par temps gris le matin  » 1901 Camille PISSARRO (Philadelphia Museum/Philadelphie)

Public ou privé, le jardin a été un véritable atelier en plein air pour les peintres. Ils délaisseront la représentation allégorique du jardin que l’on faisait autrefois, pour ne se consacrer qu’au jardin en tant que tel. Dès la fin du XVIIIe, il sera un sujet très prisé par les peintres, les écrivains, les philosophes. Le XIXe siècle encouragera vivement le jardin potager car terre nourriciere.

« Verger à l’Ermitage » 1892 env. Maurice DENIS (Clemens Sels Museum/Neuss)

Lorsque le peintre eut la grande chance d’avoir son propre jardin, l’affectif pour lui sera encore plus fort. Il aimera l’agencer à sa façon, y planter des fleurs et des arbres rares. Il se fera peintre-jardinier et sera très fier de le montrer à toutes celles et ceux qui viennent lui rendre visite. La lumière est partout, elle se faufile dans les arbres, au milieu des fleurs, reflète sur l’eau des bassins, sur la façade de la maison.

Dans ces jardins, les peintres placent des personnages, hommes, femmes ou enfants, souvent issus de leur propre famille ou des amis proches. Le jardin est comme un lieu de protection, à l’image de la maison qui elle aussi est souvent représentée.

 » Le bain en plein air  » Maurice DENIS 1904 (Collection particulière, prêt de la Galerie Berrés à Paris)
« Femmes au jardin » 1866 env. Claude MONET (Musée d’Orsay/Paris)

De nombreux peintres impressionnistes ont quitté un jour Paris pour la banlieue, ce qui a permis à certains d’être au plus près de la nature et avoir son propre jardin. En ville, ce n’était pas tant la ville elle-même qui les passionnait (même si elle a fait partie de leurs thèmes picturaux) mais plutôt les jardins publics, les squares, ces endroits verdoyants où l’on aimait se promener, où jouaient les enfants, où les mères et les nourrices aimaient les promener, où l’on s’asseyait sur un banc pour se reposer.

Le contexte politique et les problèmes ont favorisé l’envie de louer une maison, d’ avoir un jardin qui permettrait de donner libre cours à leur imagination, leur inspiration . De plus la banlieue était beaucoup moins onéreuse que la ville en matière de location d’appartement ou maison. Et puis c’était tellement plus agréable d’avoir un jardin ! Pour ceux qui ne pouvaient le faire, ils profitaient des propriétés familiales ou la maison de leurs amis.

Parmi les peintres impressionnistes, les deux qui furent des passionnés du jardinage, sont : Gustave Caillebotte et Claude Monet. Le premier donnera l’envie de posséder un jardin au second. Ils ont été de très grands amis. Gustave fut le témoin de Claude lors de son mariage avec Alice Hoschedé. La peinture les a réunis, le jardin aussi. Caillebotte fut un excellent jardinier. Il avait une fort belle propriété familiale à Yerres, mais son petit trésor reste Gennevilliers. C’est d’ailleurs dans son jardin qu’il est mort en 1894 frappé par une congestion cérébrale. Tous deux ont traité le jardin d’une façon quasi obsessionnelle avec un sens précis de l’esthétique et du détail. Tous deux grands férus d’horticulture.

Pour Monet ce fut d’abord Argenteuil, puis Vétheuil et enfin Giverny . Il découvre le village en 1883, loue une maison qu’il ne va pas tarder à affectionner. Il emprunte de l’argent et l’achète. Durant des années, il n’a eu cesse de le modifier, l’agrandir, l’embellir, créer un étang, construire un pont japonais, des parterres de fleurs etc… Il aimait répéter qu’il fut meilleur jardinier que peintre ! On peut dire qu’il a fait de Giverny une véritable œuvre d’art. Une grande partie de ses tableaux a eu pour sujet le jardin de la propriété . Ses talents de coloriste exploseront dans ses tableaux, notamment avec ses nymphéas, ses fleurs diverses et variées. Il faisait toujours en sorte que le jardin soit fleuri quelle que soit la saison et pour cela, s’informer sur celles qui convenaient le mieux qu’on soit en automne, en été, au printemps ou en hiver.

« Le jardin de Monet à Giverny » 1924 Blanche HOSCHEDÉ-MONET 1924 ( Musée des Augustins/Toulouse)

Curieusement, il n’a pas peint tout de suite ce qu’il créait dans la maison. Cela viendra avec Le jardin des pivoines en 1887. Bien qu’il n’aime pas vraiment être dérangé, il fera des exceptions pour recevoir des amis dont certains sont des peintres (Renoir, Morisot, Caillebotte mais aussi Bonnard et Vuillard). L’important pour lui étant que la conversation tourne autour du jardinage. Certains, plus férus que d’autres, lui feront découvrir des fleurs qu’il ne cultivait pas et découvrait avec eux, ce qui l’enchantait !

« Le jardin des pivoines  » Claude MONET 1887 ( Musée de l’art occidental/Tokyo (Japon)

 » J’ai repris encore des choses impossible à faire : de l’eau avec des herbes qui ondulent dans le fond. En dehors de la peinture et du jardinage, je ne suis bon à rien. Mon plus beau chef d’oeuvre c’est mon jardin. « Monet

« Le jardin de Monet compte parmi ses œuvres, réalisant le charme d’une adaptation de la nature aux travaux du peintre et de la lumière. Un prolongement d’atelier en plein air, avec des palettes de couleurs profusément répandues de toutes parts pour les gymnastiques de l’il au travers des appétits de vibrations dont une rétine fiévreuses attends des joies jamais apaisées. Il n’est pas besoin de savoir comment il a fait son jardin. Il est bien certain qu’il le fit tel que son il le commanda successivement, aux invitations de chaque journée, pour la satisfaction de ses appétits de couleurs.  » Georges CLEMENCEAU

 » C’est à Giverny qu’il faut avoir vu Monet pour le connaitre, pour savoir son caractère, son goût d’existence, sa nature intime. Cette maison et ce jardin, c’est aussi son œuvre et Monet a mis toute sa vie à la créer et la parfaire.  » Gustave GEOFFROY

Giverny fut l’œuvre de Monet c’est vrai. Il a été un excellent jardinier, un horticulteur, un superbe coloriste. La tâche a tellement était énorme qu’en 1892, il embauchera un jardinier principal, puis quelques années plus tard cinq autres.

C’est à Giverny que les Nabis vont rencontrer l’impressionnisme. Particulièrement Bonnard, Roussel, Vuillard et Denis. On peut dire qu’ils ont eu beaucoup de respect pour Monet, Pissarro, et Renoir . Bonnard va y venir souvent ( neuf fois chez Monet de 1914 à 1926 ) . Claude et lui s’apprécieront beaucoup. Il y viendra seul ou avec d’autres peintres de son groupe. C’est là qu’ils échangent leurs points de vue, là où il prendront conscience que finalement ils doivent beaucoup à l’impressionnisme, et que la méfiance de leurs débuts va doucement s’estomper.

« il faut bien en convenir, si je n’avais pas vu les impressionnistes, je n’aurais jamais fait de la couleur. » Vuillard en 1902

« Un jour par une belle matinée de printemps, j’accompagnais Roussel et Vuillard que Monet avait invité à déjeuner. Journée inoubliable. Le temps n’en a effacé aucun détail. Sur le mur, devant nous, une toile sans cadre, à peine couverte, mais où le trait du pinceau était magistral. Roussel n’a cessé de la regarder. Je lis sa pensée dans ses yeux et, soudain, avec un léger rire, la sincérité de ses paroles :  » Monet vous êtes un Grec !  » et chacun de garder le silence.  » Vuillard en 1920

Au delà de posséder un jardin, ils ont voulu que leurs tableaux soient vivants, en tous les cas qu’ils le soient assez pour donner envie à celles et ceux qui les regarderaient, de vouloir quasiment y entrer et en profiter. Avoir un jardin c’était aussi assister à toutes les évolutions de la nature au gré du temps, de la météo, etc… autant de sensations qui leur provoquaient des émotions fortes.

Dans son jardin de Gennevilliers, Caillebotte a tout imaginé dans un style qui lui est propre. Il a racheté des parcelles de terrains supplémentaires pour agrandir sa maison, a construit un atelier, une serre. Il a entièrement créé son jardin avec un potager, mais aussi des magnifiques massifs de fleurs (chrysanthèmes, orchidées, dahlias, iris, marguerites, roses, capucines, glaïeuls, tournesols), et pour ce faire il n’a pas hésité de mettre ses mains dans la terre ! C’est une propriété qui n’existe plus. Elle fut en partie modifiée par le nouveau propriétaire à la mort du peintre, et, la guerre s’est chargée de la détruire complètement.

 » Les dahlias jardin du Petit-Gennevilliers » 1893 – Gustave CAILLEBOTTE (National Gallery of Art / Washington)
 » Les jardiniers  » 1877 Gustave CAILLEBOTTE ( Collection privée)

La propriété de Gennevilliers représente environ 600 tableaux de Gustave Caillebotte. Comme Monet, son jardin faisait sa fierté. Ils se sont considérés comme de vrais jardiniers et lorsqu’ils ne pouvaient se voir pour en parler, ils s’écrivaient, se conseillaient mutuellement. Chez eux, jardiner était une occupation durant laquelle il ne fallait absolument pas les déranger :  » Je fais pousser une stanhopea aurea (orchidée) qui est en fleur depuis ce matin. Les fleurs ne durent que trois ou quatre jours et ne refleuriront pas avant un an. Je ne peux absolument pas les laisser tomber, je m’en excuse  » (Caillebotte à Monet)

« Caillebotte a su glorifier la nature à travers la peinture. Il a su souligner le côté bucolique du jardin en montrant des scènes et des objets du quotidien d’un jardinier. Il a ainsi uni la pratique à l’esthétique. » Julie GAMBIN paysagiste.

Pour l’impressionniste, puis néo-impressionniste Camille Pissarro, ce sera la maison familiale d’ Éragny-sur-Epte. Lorsqu’elle sera mise en vente, le peintre ne sera pas très enclin à l’acquérir, mais , profitant d’une absence de son époux, sa femme Julie Vellay va demander un prêt à Monet pour l’acheter en 1892. A partir de là, Pissarro va entreprendre de gros travaux. Il y aura une serre, une grange-atelier, des massifs de fleurs, des champs, et un magnifique jardin potager dont toute la famille profitait. Au fil du temps, Pissarro a vraiment aimé vivre à Eragny non seulement il profitait de sa famille, mais pour tout ce que ce décor environnement pouvait apporter à sa peinture.

C’est Julie qui s’occupait beaucoup du jardin de fleurs et du potager. Elle aimait choisir ce qu’elle allait planter, éprouvait du plaisir à mettre ses mains dans la terre pour le faire, arrosait, taillait , cueillait . Camille assistait à toutes ces activités depuis la fenêtre de son atelier. Il trouvait le lieu , selon ses dires, extraordinaire, mais ne s’en occupait pas. A chaque fois qu’il revenait d’un voyage, il était , malgré tout, très heureux de retrouver sa maison et son jardin :  » Selon moi, notre pré à Éragny est une merveille à côté de tout ce que je vois. Aussitôt que j’aurai fini mon affaire ici, je retournerai à Éragny pour travailler des arbres … »

Chez les Nabis, comme Bonnard, Denis, Vuillard, ou Roussel, le jardin n’a pas été un lieu bien précis, c’est plutôt intemporel , un endroit exposé aux variations du cycle des saisons. Bonnard fut le premier dès 1890 à placer des personnages ( des femmes ) dans ses tableaux. Elles sont là un peu comme dans un décor ornemental.

De façon générale, la peinture des Nabis a été plus en intérieure qu’en extérieure. Ils n’ont pas eu la même vision des jardins que les impressionnistes. Ils l’ont souvent vu comme quelque chose d’imaginaire, de sacré, parfois même lorsque l’on regarde un de leurs tableaux sur ce thème, on se demande si l’endroit a réellement existé. Le jardin fut également pour eux un lieu d’expérimentation, une source de réflexion. Ils sont empreints de leurs sentiments, leurs ressentis, leurs émotions. Ils sont très denses côté végétation, abondants, mais semblent tranquilles.

Edouard Vuillard, par exemple, est né à Paris. C’est un urbain qui a beaucoup aimé flâner dans les squares et les jardins publics de la capitale : Square des Batignolles, Jardin des Tuileries, Bois de Boulogne etc… Pour lui qui n’avait pas de maison en banlieue, à la campagne, le jardin public sera un lieu apprécié, où l’on peut se reposer, méditer ou faire des rencontres et cela l’inspire. Après 1895, il sera invité à se rendre dans les jardins de ses amis, en dehors de Paris, et il les représentera avec une végétation abondante, des fleurs luxuriantes, le tout semble envahir la toile.

 » Jardin du Clos Cézanne à Vaucresson  » 1920 -Édouard VUILLARD (Metropolitan Museum New-York)
« Les jardins publics-Les nourrices-La conversation-L’ombrelle rouge  » 1894 Édouard VUILLARD (Musée d’Orsay/Paris)
 » Square de la Trinité  » 1894 Édouard VUILLARD (Retravaillé en 1908/ Museum of Modern Art/New York)

Durant les années passées auprès des Nabis, sa vision du jardin a été complexe car il a eu des avis différents. D’un côté, il fut l’attentif, celui qui s’attarde sur les changements au gré des fluctuations de la nature, mais aussi sur le jeu en clair-obscur de l’ombre et de la lumière dans les arbres par exemple. Il en parlait beaucoup à ses autres collègues Nabis au travers de correspondances. Et puis il y a l’autre Vuillard, plus proche des autres Nabis, avec une synthétisation des jardins, très géométrique, quasi abstraite.

Bonnard lui aussi fut un homme de la ville mais son bonheur d’évasion fut la maison familiale à Grand Temps en Isère. En 1912 il avait acquis une maison à Vernonnet, Ma Roulotte. Elle possédait un jardin sauvage et une vue sublime sur la Seine. Ce qui permettait, selon la saison, des variations de lumières et de couleurs assez incroyables. Il va beaucoup aimer l’endroit. Il va y rester de très longues années avant de s’en séparer.

C’est là et plus tard dans les maisons qu’il va acquérir à Vernonnet et au Cannet, qu’il trouvera tout ce qui pourra l’inspirer pour la réalisation de ses grandes compositions. La maison du Cannet (Le Bosquet )était dotée de grands balcons qui lui offrait un panorama splendide sur l’Esterel. Par ailleurs, il aimait se promener chaque jour dans son jardin où la végétation était un peu en fouillis, explorait toutes les déclinaisons qu’un jardin pouvait apporter à sa peinture, et dessinait sur son carnet.

« J’ai tous mes sujets sous la main. Je vais les voir. Je prends des notes. Et puis je rentre chez moi. Et puis avant de peindre, je réfléchis, je rêve » P.B.

Du reste, lorsqu’il fut contraint de rester au Cannet durant la seconde guerre mondiale, il va beaucoup peindre son jardin en fleurs, s’attardera notamment sur la floraison de son mimosa, en février, qu’il observe attentivement derrière la verrière de son atelier. Il faut savoir que Bonnard ne travaillait pas en extérieur, sur le motif. Il préférait le faire avec les notes prises lors de ses promenades ou simplement de mémoire.

« L’atelier au mimosa » 1867 Pierre BONNARD (Centre Pompidou/Paris)

Au XXe siècle, les Nabis vont beaucoup moins audacieux qu’ils ne l’étaient à leurs débuts. La vision picturale des jardins s’approchera alors un peu plus des impressionnistes. La priorité fut de savoir capter l’instant . Vuillard, comme certains autres, vont davantage se tourner vers plus de classicisme après la Première guerre mondiale. Il s’adonnera à la photographie, au pastel.

Nombreux furent les peintres qui ont placé des personnages dans leurs tableaux de jardins. Généralement ce sont des femmes. Elles apparaissent soit seules, en groupe de femmes, ou bien en couples. Certains l’ont même fait souvent comme Alphonse Legros, Albert Bartholomé , James Tissot, Marie Bracquemond, ou Claude Monet. La plupart du temps, elles apparaissent mélancoliques, perdues dans leurs pensées, tristes aussi, malades peut-être. Certaines regardent l’horizon, d’autres lisent, cousent, boivent un thé, le plus souvent elles ne se parlent pas ou très peu.

 » Dans la serre  » 1881 env. James TISSOT (Musée d’Orsay/Paris)
« Femmes dans un jardin »1868/70 Alphonse LEGROS (Musée d’Orsay/Paris)
« Le goûter » 1880 env.Marie BRACQUEMOND (La femme sur le tableau est la sœur de Marie, Louise Quivoron // Musée des Beaux Arts de la Ville Petit Palais/Paris)
« Les deux sœurs » 1863 James TISSOT (Musée d’Orsay/Paris)

Ces femmes étaient des proches (mère, fille, tante, sœur, cousine, ou des amies) – Ce sont des femmes de leur époque (XIXe siècle) Plutôt réservées, quasi soumises, dévouées, s’occupant des enfants, de la maison. Leurs amies sont des femmes, très peu souvent des hommes.

J’ai parlé au début d’un espace Cabinet de Photographies dans cette expo. Il faut savoir que le fils de Claude Monet, Michel, avait une passion pour la photographie. En conséquence, son père, qui a toujours été interpellé par la modernité va faire aménager une chambre noire dans une des pièces de la maison à Giverny. Tout ce qui pouvait lui servir pour s’adonner à ce plaisir, sera mis à sa disposition.

De très nombreuses photos ont été retrouvées à Giverny. Toutes ne furent très certainement pas prises par Michel, car on sait que le peintre aimait s’adonner à la photographie de temps à autre. Il y en a beaucoup sur lesquelles il apparait et de nombreux clichés nous montrent la maison et le jardin.

Chez les Nabis, Edouard Vuillard, lui aussi, fut très intéressé par la photographie. Dès 1897 il possède un appareil. Ce n’est un perfectionniste, seul le plaisir de photographier a compté chez lui. Et il va beaucoup le faire si on se reporte au nombre de clichés retrouvés chez lui : plus de 1750 !

Claude Monet dans la grande allée à Giverny
Les Nabis dans le jardin de la maison de Stéphane Natanson à Villeneuve-sur-Yonne : Cipa (demi-frère de Nisia Natanson -debout ) Felix Valloton (assis à gauche) Edouard Vuillard ( assis à gauche ) Stephane Natanson (assis au milieu) Marthe Mellot (assise à côté de lui en noir) Thadée Natanson et Misia Natanson /1898
Pierre Bonnard dans sa maison en 1941
Camille Pissarro à Eragny en 1900