En apesanteur …

 » Elle articule ses mouvements,
Jusqu’à trouver une symbiose avec l’univers,
Pour que sur la scène,
La pesanteur finisse par s’estomper.
Son corps débute alors,
Un dialogue avec le cosmos,
Le temps semble se suspendre,
Pour laisser place à une toute autre dimension.
Par ses mouvements originels,
Grandissant vers cette admirable osmose,
Elle quitte la terre ferme,
Pour un voyage intemporel.
Elle danse avec l’univers,
Pendant un moment suffisamment long,
Pour imprégner chacune de ses cellules,
De cet amour inconditionnel.
Elle redescendra sur terre,
Avec cette sensation de légèreté,
Enfermant dans l’écrin de son cœur,
Cette joie illuminant son ciel.
Accompagnée par de doux violoncelles,
L’hymne à la vie elle dansera encore,
Sur cette scène où elle façonne son corps,
L’âme en harmonie, elle dansera toujours «   » En apesanteur «  un texte de Lucie MATHIS (Poétesse française)

 » Apesanteur  » Photo de Yevgeny REPIASCHENKO

Histoire d’un ballet : L’Oiseau de feu …

(Vidéo : Ekaterina KONDAUROVA (Oiseau) – Ilya KUZNELSOV(Ivan) – Marianna PAVLOVA (Princesse) – Vladimir PONOMAREV (Koscheï)

L’Oiseau de feu est un ballet chorégraphié par Mikhail Fokine, sur une musique de Igor Stravinsky. Les décors et une partie des costumes furent réalisés par Alexandre Golovine, sauf celui du Prince Ivan, de l’Oiseau et de la princesse qui l’ont été par Léon Bakst. La création a eu lieu à l’Opéra de Paris en 1910. C’est Anna Pavlova qui devait être l’Oiseau au départ, mais elle refusera car elle n’appréciait absolument pas la musique de Igor Stravinsky. On fit donc appel à Tamara Karsavina.

Tamara KARSAVINA dans l’Oiseau

Toutes les personnalités les plus en vue de la capitale française se déplacèrent le soir de la première. Le ballet obtiendra un immense succès et une longue standing ovation.

Il s’agit d’un ballet dans lequel l’oiseau est une créature légendaire du folklore russe, un oiseau magique doté d’un plumage lumineux avec des couleurs qui font penser à des flammes. C’est le poète Piotr Potiomkine qui soumettra le sujet à Serge Diaghilev, directeur des Ballets Russes, s’inspirant d’une part d’une fable de Piotr Jershov, et d’autre part d’un conte d’Alexandre Afanassiev (dit le Grimm russe) à savoir Le prince Ivan, l’oiseau de feu et le loup en 1864.

Diaghilev fut séduit par cette idée et demanda à Mikhail Fokine d’en être le chorégraphe et le librettiste. En ce qui concerne la musique, sa première idée fut de la confier à Maurice Ravel, mais ce dernier déclina l’offre. Diaghilev choisira alors Igor Stravinsky qu’il avait entendu durant un concert et qu’il avait beaucoup apprécié. Il lui dira : « faites moi de l’imprévisible pour ce ballet ! « 

Le compositeur va travailler d’arrache-pied et dans l’urgence, fragment par fragment. Il rendra sa partition deux mois plus tard. On peut dire qu’elle obéit aux contraintes du ballet avec une rythmique bien installée dans la danse. On sent les influences de celui qui fut son maître : Rimsky-Korsakov.

La collaboration entre Fokine et Stravinsky se révèlera plutôt sereine, enthousiaste et fructueuse. Ils s’entendront assez bien, dans un respect réciproque, chacun ayant grand soin de prendre en considération les désirs et suggestions de l’autre, se concertant souvent …. Et pourtant, à la fin de leur collaboration, Stravinsky trouvera que le travail de Fokine était un vrai désordre, trop chargée en danses diverses et qu’elle ne rendait pas justice à sa musique !

Fokine travaillera sa chorégraphie avec une certaine dévotion car il était réellement « amoureux » de l’histoire. Elle est d’une grande liberté, mélange de classique et folklorique, caractérisant chaque personnage, expressive, enchanteresse, ardente, voluptueuse, exotique, moderne avec des mouvements riches, inventifs. La danse est réellement belle, originale, théâtrale, dramatique. La pantomime sert bien l’action.