S’asseoir dans un jardin …

« Je ne connais rien de plus plaisant que de s’asseoir là, par un bel après midi d’été, le soleil frémissant à travers le feuillage et éclairant vos joyeux parterres où fleurs et massifs sont aussi serrés que les brins d’herbe d’une prairie, une floraison sauvage, tissée et entrelacée en couronne ou en guirlande avec une profusion au-delà de toute imagination. » Mary MITFORD (Écrivaine britannique / Extrait de son livre Notre village – 1820)

 » S’asseoir dans un jardin est un rêve. Un rêve de paix et de repos après une journée de travail, après un an de travail, après une toute une vie de travail. » Gabriele TERGIT (Écrivaine allemande)

Le soleil descend …

 » Le soleil descend lentement
Sur la mer qui semble s’endormir.
Mais, cependant, on entend de légers clapotis
Qui viennent s’écraser humblement
Sur le sable mouillé
Et doré.
Le soleil pourpre et or
Embrase la mer et les nuages qui s’endorment.
Le ciel bleu turquoise
S’assombrit
Et devient violine.
Il jette
Une ombre légère
Sur la mer bleu roi.
Le cri des mouettes affamées
Trouble un instant
Le silence reposant.
Peu à peu le soleil disparaît
Dans un dernier reflet …  » Vers extraits d’un poème de Françoise SICK (Poétesse française)

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Rembrandt et les autoportraits …

 » Il est difficile de dénombrer ce qu’à l’époque on appelle les «  portraits de Rembrandt par lui-même « , mais on estime qu’il réalisa une centaine d’auto-portraits. Ils font le plus souvent l’objet de tableaux indépendants où l’artiste apparaît, tour à tour , débonnaire, arrogant, renfrogné, vulnérable, pensif, sombre, amusé, inquiet, sûr de lui, encore jeune ou le visage ridé, en tenue de travail ou vêtu de costumes extravagants. S’ils ont parfois été interprétés comme des reflets de sa vie personnelle, ils sont en réalité bien plus que des portraits fidèles puisqu’ils donnent souvent lieu à une mise en scène qui fait de ces auto-portraits des sortes d’histoires, voire des représentations héroïques.  » Françoise BAYLE ( Historienne de l’Art, éditrice française)

« Le peintre dans son atelier  » 1628 env. Rembrandt HARMENSZOON-VAN RIJN (dit REMBRANDT ) ( Museum of Fine Arts / Boston – Etats Unis) – « Au lieu de se cadrer serré tout proche de son chevalet, Rembrandt, dont on reconnaît les traits, se figure tout petit et éloigné de celui-ci et met en valeur ses outils dans cet atelier quasi vide : palette accrochée au-dessus d’un mortier pour broyer les pigments, flacons peut-être destinés à des liants. Au premier-plan, le chevalet, vu de dos, occupe quasi toute la hauteur du tableau et maintient ferme le panneau fixé en haut et en bas par deux tasseaux qui l’empêchent de se déformer. Comme s’il prenait du recul, le peintre est armé de son pinceau dans la main droite ; la main gauche serrant contre lui un bouquet de pinceaux, un appuie-main et une palette. La gamme chromatique se réduit à des bleus sourds, des beiges, des gris, des ocres. Comme en témoigne son costume, Rembrandt se figure moins en praticien qu’en véritable artiste en train de penser son tableau, exprimant ainsi son idée de la peinture et le rôle qu’il accorde à la conception et à l’imagination de son métier d’artiste.  » Françoise BAYLE (Historienne de l’Art, éditrice française)
« Portrait de l’artiste en costume oriental »   – 1631 env. Rembrandt HARMENSZOON-VAN RIJN (dit REMBRANDT)   (Musée du Petit Palais / Paris – France ) – « Cet autoportrait, probablement réalisé à Leyde juste avant qu’il ne s’installe à Amsterdam, est insolite : il est le seul où il apparaît en pied. Comme lui et ses contemporains le faisaient pour nombre de leurs personnages (portraits ou scènes d’histoire) il apparaît travesti ici en Oriental. On le sait par les inventaires successifs qui sont faits de ses biens dès 1750, Rembrandt étant dispendieux depuis des années, notamment dans les salles de vente et chez les marchands d’art, son atelier regorge, outre des meubles et d’un nombre incalculable d’œuvres d’art, de toutes ces  » choses dont un peintre pouvait avoir besoin  » : antiquités, costumes, armures, armes, minéraux, casques, médailles, curiosités. On discerne d’ailleurs un casque derrière lui. Bien campé, il plie le coude droit et pose une main gantée sur sa canne, affirmant ainsi son aisance et son rang. Longtemps discutée, l’attribution à Rembrandt de cet auto-portrait aux étranges proportions ( il a ajouté le chien pour masquer le bas de ses jambes qu’il a bien essayé de modifier) semble désormais faire l’unanimité.  » Françoise BAYLE (Historienne de l’Art, éditrice française)
« Autoportrait à l’âge de 34 ans »  – 1640 – Rembrandt HARMENSZOON-VAN RIJN (dit REMBRANDT) ( National Gallery de Londres/Angleterre) – « Dans cet autoportrait peint quand il était au sommet de sa carrière ( l’année précédente il a emménagé avec Saskia dans une fastueuse maison ) Rembrandt s’inscrit dans la tradition des grands maîtres du passé. Sa composition rappelle, en effet, le Portrait de Gerolamo Barbarigo du Titien (Londres-National Gallery), portrait qui est alors la propriété d’Alfonso Lopèz. Ce riche portugais, courtier en diamants et marchand de tableaux, qui habite alors Amsterdam, a acheté à Rembrandt une de ses œuvres de jeunesse et acquiert le Portrait de Baldassare Castiglione de Raphaël quand il passe en vente à Amsterdam le 19 avril 1639. Rembrandt y est présent, car il croque d’une plume assurée et portrait et note le prix de l’adjudication ( 3500 florins ) – Le florissant marché de l’art d’Amsterdam lui permet de voir des œuvres italiennes, et l’on sait que son immense collection abritait nombre de gravures du Titien, de Léonard de Vinci, Mantegna, Raphaël … En rivalisant avec deux grands maîtres de la Renaissance, il pose, non comme un artisan, mais comme un artiste cultivé satisfaisant au concept d’aemulatio , c’est-à-dire capable de se confronter et même de dépasser ses modèles, si prestigieux soient-ils. Et il fait taire ceux qui pensent qu’il ne peut être un peintre important alors qu’il n’a pas fait  » le voyage d’Italie  » presque obligatoire à l’époque. » Françoise BAYLE (Historienne de l’Art, éditrice française)
« Autoportrait 1669 »  – Rembrandt HARMENSZOON-VAN RIJN Mauritshuis/La Haye (Pays-Bas)
« Autoportrait 1669– Rembrandt HARMENSZOON-VAN RIJN ( National Gallery/Londres -Angleterre)

 » Ces deux auto-portraits datent de 1669, l’année de la mort de Rembrandt qui s’éteint le 4 Octobre à soixante-trois ans. Il est enterré à la Westerkerk d’Amsterdam à côté d’Hendrickje et de Titus. Le registre témoigne :  » 8 octobre, Rembrandt Van Rijn, peintre domicilié au Rozengracht, en face du Doolhof, bière avec seize porteurs, laisse deux enfants . Frais perçus vingt florins  » – L’inventaire de la maison ne comptabilise plus qu’une cinquantaine de lots, donc loin de celui du 25 et 26 juillet 1656 qui énumérait 363 numéros où se côtoyaient portefeuilles de dessins, peintures, objets de curiosité, sculptures, armes et gravures, et où se croisaient les noms de Van Eyck, Giorgione, Jordaens, Callot, Rubens, Cranach … – Par la vivacité de leur fracture et la force de leur modelé où les couches de peinture sont quasiment sculptées avec une  » truelle  » de pinceau critiquera Arnold Houbraken, ces deux auto-portraits témoignent de l’énergie qui habite le peintre jusqu’à son dernier souffle, battant ainsi en brèche la légende selon laquelle il aurait passé endeuillé, inactif et ruiné, les deux dernières décennies de sa vie » Françoise BAYLE ( Historienne de l’Art, éditrice française)

Le goûter …

 »  On a dressé la table ronde

Sous la fraîcheur du cerisier.

Le miel fait les tartines blondes,

Un peu de ciel pleut dans le thé.

On oublie de chasser les guêpes

Tant on a le coeur généreux.

Les petits pains ont l’air de cèpes

Egarés sur la nappe bleue.

Dans l’or fondant des primevères,

Le vent joue avec un chevreau ;

Et le jour passe sous les saules,

Grave et lent comme une fermière

Qui porterait, sur son épaule,

Sa cruche pleine de lumière.  » Maurice CARÊME (Poète et écrivain belge de langue française / Extrait du recueil La Maison blanche)

Tableau : Claude MONET

Une simple fleur …

« Une simple fleur est un miracle. Pourquoi une fleur qui s’épanouit en pétales atteint ce degré de perfection, de forme, de couleur et de parfum. On ne s’en étonne jamais assez » François CHENG (Écrivain, poète, calligraphe chinois naturalisé français, membre de l’Académie française – Propos tenus lors d’une interview dans l’émission La Grande Librairie )

La Fida Ninfa … Antonio VIVALDI

(Vidéo :  » Sinfonia  » d’Ouverture – Ensemble MATHEUS – Direction : Jean-Christophe SPINOSI)

La Fida Ninfa est un opéra qui fut créé pour l’inauguration du Teatro Filarmonico de Vérone en 1732. Le livret a été écrit par le poète, dramaturge et critique véronais Francesco Scipione Maffeï. Le manuscrit se trouve désormais à la Bibliothèque nationale universitaire de Turin.

Cette œuvre lyrique a connu un énorme succès. Elle est exquise, inventive, expressive, enchanteresse dans laquelle Vivaldi a fait entrer (chose assez exceptionnelle pour l’époque) un Trio et un Quatuor. Puis les années passant, elle est complètement tombée dans l’oubli avant de renaître pour notre plus grand bonheur .

Les arias sont incroyablement belles et virtuoses, les ensembles le sont tout autant et l’orchestral, comme bien souvent chez ce merveilleux compositeur, est magnifique. D’ailleurs, certains morceaux de la partition sont très souvent repris, seuls, en concert.

(Vidéo : « Alma Oppressa » – Vivica GENAUX (Mezzo-soprano) Accompagnée par l’Ensemble EUROPA GALANTE- Direction Fabio BIONDI)

Puisque mai tout en fleurs …

 » Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame,
Viens ! ne te lasse pas de mêler à ton âme
La campagne, les bois, les ombrages charmants,
Les larges clairs de lune au bord des flots dormants,
Le sentier qui finit où le chemin commence,
Et l’air et le printemps et l’horizon immense,
L’horizon que ce monde attache humble et joyeux
Comme une lèvre au bas de la robe des cieux !
Viens ! et que le regard des pudiques étoiles
Qui tombe sur la terre à travers tant de voiles,
Que l’arbre pénétré de parfums et de chants,
Que le souffle embrasé de midi dans les champs,
Et l’ombre et le soleil et l’onde et la verdure,
Et le rayonnement de toute la nature
Fassent épanouir, comme une double fleur,
La beauté sur ton front et l’amour dans ton cœur !  » Victor HUGO (Poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français / Extrait de son recueil Les Chants du Crépuscule/1836)

Tableau de Harold HARVEY

Le graal du ballet …

« Le graal du ballet c’est l’envoi. Aucun professeur ne le formule comme ça de peur d’avoir l’air d’un fou furieux. Mais qui a appris la technique de la Sissone, de l’Entrechat, du Grand Jeté en avant ne peut plus en douter. Ce que l’on cherche à lui enseigner : c’est l’art de s’envoler. » Amélie NOTHOMB (Romancière belge d’expression française)

Photo : Randall HOBBET Photography

Ballade Op.52 N°4 … Frédéric CHOPIN

(Vidéo : Krystian ZIMERMAN au piano)

Cette très belle page fut écrite en 1842, dédiée à la Baronne de Rothschild. Chopin n’a composé que quatre Ballades en 12 ans. Il cherchait quelque chose d’évolutif, empli de poésie musicale, d’intensité. Le terme Ballade lui a semblé être ce qui convenait le mieux.

Elles sont toutes infiniment belles, lyriques, poétiques, pleines d’effusion et d’épanchements passionnés.

La N°4 est très élaborée, probablement la plus réussie, en tous les cas la plus riche en texture, superbe, déployant délicatement des tas de beaux sentiments. Le pianiste Alfred Cortot disait à son propos  » c’est une pièce d’une grande somptuosité harmonique et d’un raffinement sans pareil. »