Les canards …

 » Ils vont, les petits canards,
Tout au bord de la rivière,
Comme de bons campagnards.

Barboteurs et frétillards,
Heureux de troubler l’eau claire,
Ils vont, les petits canards.

Ils semblent un peu jobards,
Mais ils sont à leur affaire
Comme de bons campagnards

Dans l’eau pleine de têtards,
Où tremble une herbe légère,
Ils vont, les petits canards.

Marchant par groupes épars,
D’une allure régulière
Comme de bons campagnards ;

Amoureux et nasillards,
Chacun avec sa commère,
Comme de bons campagnards
Ils vont, les petits canards !  » Rosemonde GÉRARD-ROSTAND (Poétesse française / Extrait de son recueil Les pipeaux)

Tableau de Alexander KOESTER

Un jardin …

 » Parmi les mots du dictionnaire, il n’y en a peut-être pas un qui évoque plus de visions agréables que celui du jardin. Des fleurs, des fruits, des eaux jaillissantes, des ombrages, des lits de mousse, des chants d’oiseaux. Ce n’est pas pour rien que le Paradis est appelé le jardin d’Éden ! Et c’est sans doute la nostalgie de ce Paradis perdus qui pousse tant d’hommes, jeunes et vieux, à chercher le bonheur dans la possession d’un jardin. Quand l’ouvrière de Paris suspend à sa fenêtre un pot de réséda ou un de capucines, c’est un petit rayon de Paradis perdu qui vient illuminer son taudis. Quand le militaire ou le vieil employé de bureau rêvent de prendre leur retraite pour planter ou greffer leurs rosiers et voir mûrir leurs pommes, c’est le vieil homme, c’est Adam qui revit en eux, tel qu’il était avant sa chute, n’ayant rien à faire qu’à cultiver et à garder son jardin. » Charles GIDE (Enseignant et économiste français – Extrait de son livre La Cité jardin/1911)

Tableau de Susan RIOS