Il y a une porte ouverte …

« Il y a une porte ouverte

Et pourtant il faut la forcer.

Nous ne savons ce qu’il y a derrière,

Mais de là vient l’appel.

Nous pouvons aller ailleurs,

Mais nous venons d’ailleurs.

Nous sommes dehors et le savons,

Mais peut-être que tout est dehors.

Toujours nous cherchons cette porte

Mais elle devrait être fermée.

Ici l’ouvert est infranchissable.

Comment franchir ce qui n’existe pas ?

Il faut fermer l’unique porte

Afin peut-être de pouvoir entrer.  » Roberto JUARROZ ( Extrait du recueil Poésie Verticale traduit en français par Roger MUNIER aux Éditions Point Poésie)

La condition humaine …

 » La condition humaine  » René MAGRITTE

 » Magritte expliqua ainsi son tableau : «  je plaçais devant une fenêtre vue de l’intérieur d’une chambre, un tableau représentant exactement la partie du paysage recouverte par ce tableau. L’arbre représenté par ce tableau cachait donc l’arbre situé derrière lui hors de la chambre. » Il étudie délibérément le rapport paradoxal entre une image représentée et ce qu’elle cache.

Le spectateur doit partir du principe que cette peinture de paysage est ce que l’on voit en réalité par la fenêtre. Illusion d’optique volontaire, le chevalet et le châssis constituent le point central du tableau, à la fois concrètement, au sein de la composition et sur le plan de l’objectif de la peinture.

Pour Magritte, la réalité était avant toute une question de perception des choses. Si le spectateur ne peut voir le modèle concret qui est représenté, il doit trouver par lui-même ce qu’il se passe. Magritte écrira que, comme dans la vie, le temps et la distance perdent leur importance à mesure que la perception passe au premier plan.

Le paysage peint sur le châssis est représenté de la même manière que le paysage que l’on voit par la fenêtre. En démontrant les contradictions entre les espaces tridimensionnels ( ou la réalité ) et l’espace bidimensionnel de la toile qui sert à la représenter, Magritte créa une ambiguïté entre espace réel et illusion spatiale.

Tout au long de sa carrière, Magritte s’en tint à une palette vive mais douce, sans les couleurs extravagantes du fauvisme, ni les pigments terre du cubisme de Braque. Ce tableau représente à la fois un cadre intérieur et un cadre extérieur, avec des couleurs chaudes pour l’intérieur et des tons vifs pour figurer la lumière du jour à l’extérieur.

La représentation directe de l’inexpliqué doit beaucoup à l’expérience de Magritte dans le domaine publicitaire. Le style simple, descriptif et l’emploi fluide et retenu de la peinture, trouve leur origine dans le besoin de la publicité. Pour lui le message d’une peinture était bien plus important que la méthode employée pour le créer. » Susie HODGE (Historienne de l’art, artiste, journaliste spécialisée en art pictural)