Les surprises de l’amour – Pièces orchestrales … Jean-Philippe RAMEAU

( Vidéo : Marc MINKOWSKI à la direction de l’Ensemble LES MUSICIENS DU LOUVRE)

Les Surprises de l’Amour fut, au départ, une sorte de Divertissement chanté et dansé, écrit en 1748 tout spécialement pour la marquise de Pompadour qui tenait le rôle principal. Il fut joué dans le théâtre qui avait été édifié sur le grand escalier des Ambassadeurs, au château de Versailles et que l’on appelait Le théâtre des petits appartements.

Rameau va le revoir, le modifier, le corriger, et donner une version définitive sous la forme d’une œuvre lyrique en 1757/58, laquelle sera créée à l’Académie Royale de Musique. Le livret fut confié à Pierre Joseph Bernard dit Gentil Bernard, un poète et dramaturge français.

Ces magnifiques pièces orchestrales, tout à fait inspirées, lyriques, extraites de la partition ci-dessus nommée, révèlent toute l’élégance, le charme, le bon goût, la brillance et la richesse harmonique de Rameau.

Falaises de craie à Rügen …

 » La mer à perte de vue, les hommes au bord de l’abîme, leurs vêtements à l’ancienne, les imposantes falaises calcaires, témoins de temps immémoriaux. Le tableau du romantique Caspar David Friedrich (qui appartient à la Fondation Oskar Reinhart à Winterhur) propose bien plus qu’un simple paysage de l’Allemagne du Nord.

Friedrich se rendit maintes fois à Rügen pour dessiner. Il exécuta de nombreux tableaux d’après ses croquis, mais il n’a guère écrit sur l’île qui n’était pas encore reliée au continent. La vue sur les falaises fait partie des tableaux de paysage que l’on estimait peu à l’époque, où le sujet d’une œuvre comptait davantage que sa qualité. Si l’on cherche les idées de Friedrich, on s’aperçoit qu’il insiste sur tout ce qui est allemand, mais aussi sur le calme et le lointain. Dans ces falaises calcaires, les trois promeneurs se tiennent bien en évidence au bord du gouffre. Ce tableau ne représente pas là proximité, mais l’éloignement. L’obscurité du premier plan, la clarté du second plan, la ligne d’horizon, les arbres et les rochers sur les côtés, donnent l’impression d’une fenêtre ouverte sur l’infini.

Hormis le calme et l’infini, Friedrich a voulu représenter encore une chose dans ses tableaux : le passé. Il a peint des tombes mégalithiques, des églises gothiques, des ruines, des cimetières ou bien encore des falaises qui illustrent bien les grands mouvements géologiques de la nuit des temps. Ce retour vers le passé n’est pas uniquement motivé par des raisons politiques en ce qui concerne Friedrich. Il était un homme pieux et ses écrits indiquent bien que pour lui, Dieu se révélait dans la nature. C’est sa présence qu’il voulait montrer dans ses paysages, d’où sa recherche d’éternité et d’infini.

On a beaucoup spéculé sur l’identité des trois personnes au bord de la falaise. La femme pourrait être Caroline Friedrich avec qui le peintre entreprit son voyage à Rügen en 1818. L’un des deux hommes serait Friedrich lui-même, et l’autre peut-être son frère Christian qui accompagna, avec son épouse, le couple de jeunes mariés. Ou le peintre a t-il songé , pour le deuxième homme, à un ami. Pourquoi regarde t-il vers le bas ? et pourquoi la femme a t-elle le bras comme si elle voulait signaler quelque chose ou avertir ses compagnons ? Son chapeau a t-il roulé dans le ravin ? Le regard dans les profondeurs a t-il une signification symbolique ?

Qu’ils contemplent la lune, un sommet montagneux ou les flots à l’horizon, les personnages de Friedrich regardent bien souvent dans le lointain, comme l’homme à droite dans le tableau. Ils sont calmes, ils méditent et s’oublient peut-être eux-mêmes. On devrait en fait visiter l’île tout seul et s’abandonner à la nature. C’est en solitaire que l’on doit suivre du regard les voiliers voguant au loin sur le miroitement des flots depuis ces formidables falaises ….écrivait son ami Carl Gustav Carus.  » Rose-Marie & Rainer HAGEN (Tous deux sont auteurs d’ouvrages sur l’Histoire de l’Art et fournissent de très intéressantes explications sur des œuvres d’art. Elle est suisse et il est allemand)

« Falaises de craie à Rügen » – Caspar David FRIEDRICH