Les oiseaux du printemps …

 » Les arbres se sont habillés de couleurs pastels,

Jonquilles, crocus ont bravé la fraîcheur du temps,

Que déjà, les oiseaux publient leurs noces dans le ciel.

Neiges et froidures sont parties :  » vive le Printemps ! « 

Immense symphonie, où des millions de fleurs,

Se mélangent en un jour, aux bourgeons de velours

D’un coup de baguette magique : le ciel sort ses couleurs

Pour éblouir nos yeux, il devient troubadour.

Dans un ballet de cabrioles fantastiques

Les oiseaux dansent, s’accouplent et préparent leur nid,

Guidés par une force invisible et mystique,

Leur chant monte en hommage : au Maître de Symphonie.

Les oiseaux se sont embrassés sur les branches,

Et des angelots coquins ont ajusté leurs flèches…

Etrange ! tout ce que le Printemps en un jour change !

Les arbres se sont habillés de couleurs pastels,

Tandis que sous leurs branches les amoureux de mèche,

Se content fleurette quand roucoulent les tourterelles  » Jean-Claude BRINETTE (Poète français)

Accompagnateur de la danse …

 » Dans un cours de danse l’accompagnateur à un rôle moteur. C’est un vrai challenge. Il faut être prêt à improviser, construire des ambiances, susciter des énergies, réagir vite si une proposition ne fonctionne pas. Il faut parvenir à improviser tout en maintenant le tempo et le rythme, sans quoi la « danse tombe » ! L’une des difficultés, pour les débutants, est de lâcher prise quant à leur technique : au départ c’est la clarté que l’on recherche ; le musicien doit alors apprendre à révéler toute la beauté de la simplicité. Ce qui ne l’empêchera pas, par la suite, de développer des improvisations extrêmement élaborées. Parallèlement, les accompagnateurs apprennent à apporter un soutien aux danseurs, ce qui implique de comprendre la durée et la qualité de leur phrasé. Ce travail est une école de rigueur, et, simultanément, une ouverture permanente : quand on improvise pour soutenir le mouvement des danseurs, on sort de soi-même, on est constamment emporté ailleurs. » Deborah SHANNON (Accompagnatrice au Conservatoire, formatrice d’accompagnateurs)

Les jeux d’eaux & Les cyprès à la villa d’Este … Franz LISZT

Franz LISZT 1811/1886
(Vidéo : Au piano Claudio ARRAU (Les jeux d’eaux)

Ces deux magnifiques pièces font partie du troisième album des Années de Pèlerinage, lequel fut écrit en 1877. Le compositeur est devenu l’abbé Liszt (tonsuré, ayant reçu les ordres mineurs en 1865). Il se retire très souvent à la villa d’Este, près de Rome, sur l’invitation de son ami et protecteur le cardinal Gustav Von Hohenlohe-Schillingsfürt.

C’était pour lui un véritable havre de paix. Sa chambre s’ouvrait directement sur des jardins et des fontaines superbes. Tout était propice à son imagination et inspiration musicale.

Sur la partition des Jeux d’eaux, il a noté « Celui qui boira cette eau ne sera jamais altéré car l’eau que je lui ai donné ainsi sera pour lui une source de vie éternelle » (Evangile selon Saint-Jean). Cette page visionnaire, cristalline, incroyablement complexe, entre trilles, trémolos, et autres tierces, c’est à la fois sa contemplation poétiques des chutes d’eau scintillantes, étincelantes, ruisselantes, frémissantes, mais c’est aussi sa foi et l’évocation du baptême.

(Vidéo : Alfred BRENDEL au piano (Les Cyprès)

Pour les Cyprès, il écrivit «  je viens d’écrire une centaine de mesures pour le piano. Une élégie sombre et désolée, et vers la fin un rayon de soleil de teint religieux l’éclaire. Si je la publie, elle aura pour titre Aux cyprès de la Villa d’Este « .

Plutôt qu’élégie, Liszt finira par préférer thrénodie qui, pour lui, était un terme plus puissant pour traduire parfaitement le caractère qu’il tenait absolument à donner à cette pièce. Élégie étant finalement, à son avis,  » trop empreint de douceur et de mondanité « .

C’est une pièce éloquente, plus grave que la précédente, angoissée, mais vraiment belle.