11.3.2021 : Astor PIAZZOLLA …

Astor PIAZZOLLA (1921/1992)

Beaucoup de pays dans le monde, y compris le sien bien sur ( Argentine ) fêteront, cette année, le 100e anniversaire de la naissance de celui qui a donné ses lettres de noblesse au tango : Astor PIAZZOLLA (11 mars 1921) génial bandonéoniste, compositeur visionnaire . Il en a bouleversé tous les codes, l’a libéré, l’a modernisé de façon novatrice. Il l’a placé entre jazz et musique classique, ce qui a influencé un nombre incroyable de musiciens.

 » Ma musique est triste parce que le tango est triste. Le tango a des racines tristes et dramatiques et parfois sensuelles. Il a un peu de tout ça et même aussi  des racines religieuses. Il est triste et dramatique mais jamais pessimiste. » Astor PIAZZOLLA (Bandonéoniste et compositeur argentin )

Vidéo : Oblivion (1974) – Composé et interprété par Astor PIAZZOLLA (Bandonéon)

 » Alors que depuis les années vingt le tango, tout en évoluant et se transformant, avait conservé une même identité stylistique, les compositions qu’Astor Piazzolla propose dans les années soixante provoquent une véritable rupture dans l’esthétique et la conception musicales. Ces œuvres suscitent immédiatement une polémique sur la légitimité de leur appartenance au genre tango.  Jusqu’aux années cinquante, l’évolution du tango était liée à une diffusions plus large, en Argentine comme à l’extérieur. Dans les années soixante, au contraire, le tango supplanté par les nouvelles danses nord-américaines semble se figer sous la forme d’un patrimoine culturel, témoin nostalgique d’un passé florissant. Le désir de modernité exprimé par Piazzolla est alors ressenti par de nombreux aficionados comme une défiguration de l’identité argentine. De plus, Piazzolla écrit un tango instrumental de concert, l’amputant de deux composantes fondamentales : la danse et la poésie

Et pourtant Astor Piazzolla connaît un succès international avec lequel, seul dans toute l’histoire du tango, Carlos Gardel aurait pu rivaliser. Pourquoi ? D’abord parce que l’exportation d’une musique de concert est, dans les années soixante, plus aisée que celle d’une musique destinée à la danse, dont la pratique nécessite un long apprentissage. Une seconde raison est à rechercher dans le langage piazzollien lui-même, résultante du métissage de trois cultures: l’afro-américaine, la latino-américaine, et l’européenne. Durant son enfance aux Etats Unis, Piazzolla s’imprègne, en effet, de jazz. Puis il passe sa jeunesse en Argentine, y devenant un bandonéoniste hors pair.

Il laisse quelque sept cent cinquante compositions qui vont des tangos pour quintette aux concertos pour bandonéon et orchestre, diverses musiques de films ou chansons qui lui ont été commandées. Il a ouvert des pistes dans lesquelles beaucoup de musiciens d’aujourd’hui s’engage encore. » Christine CHAZELLE ( Pianiste française – Elle a vécu à la Havane et en Argentine. Elle a écrit un mémoire Le tango à Buenos Aires – Des origines à Astor Piazzolla )

Vidéo : Libertango (1977) Composé par Astor PIAZZOLLA / Interprété par Richard GALLIANO (Accordéon)