La Seine … Claude MONET

 » La Seine je l’ai peinte toute ma vie, à toute heure, en toute saison, depuis Paris jusqu’à la mer. Argenteuuil, Poissy, Rueil, Vétheuil, Giverny, Rouen, le Havre .. Manet en riait et répétait dites donc à Monet d’en laisser pour les autres ! Je ne m’en suis jamais lassé. Elle est pour moi toujours nouvelle. J’y ai passé des étés torrides, les yeux brûlés par les reflets. Des hivers aussi où il ne faisait pas bon. Tenez, en janvier 1880, je peignais sur la glace. La Seine était prise en bloc. Je m’installais sur le fleuve piochant pour fixer mon chevalet et mon pliant.

De temps en temps on m’apportait une bouillotte. Oh pas pour les pieds ! Je n’avais pas froid. Mais pour mes doigts qui s’engourdissaient et menaçaient de lâcher la brosse. Le paysage était admirable. Plus tard, je me fis construire un atelier dans une barque. C’était une cabane assez vaste. On pouvait y coucher. Je vivais là, avec mon matériel, guettant les effets de la lumière d’un crépuscule à l’autre. Une fois nous sommes tous partis en famille jusqu’à Rouen à bord de mon arche. Les enfants ramaient à tour de rôle et le courant nous faisait dériver. Pour remonter, nous prîmes la remorque derrière un train de péniches. Quelle partie de plaisir !  » Claude MONET ( Peintre français – Propos tenus lors d’un entretien avec son ami, l’écrivain et critique d’art Marc ELDER)

 » Le bateau-atelier  » Claude MONET
 » La Seine en hiver à Lavacourt  » Claude MONET
 »Bateaux flottant sur la glace de la Seine à Bougival  » Claude MONET
« Bateaux naviguant sur la Seine à Rouen  » Claude MONET
 » La Seine à Asnières » Claude MONET
 » La Seine à Lavacourt » Claude MONET
« Le printemps sur la Seine » Claude MONET

8.3.2021 : journée de la femme …

 » Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu’on connaît à peine
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais
A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulut rester inconnue
Et qui n’est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant

A ces timides amoureuses
Qui restèrent silencieuses
Et portent encor votre deuil
A celles qui s’en sont allées
Loin de vous, tristes esseulées
Victimes d’un stupide orgueil.

Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir.  » Antoine POL (Officier dans l’armée, chef d’entreprise, poète français – Ce poème a été mis en musique et interprété par Georges BRASSENS / Il fait partie du recueil Des Émotions poétiques)

Tableau de Ludwig PASSINI