Concerto N°2 G.482 … Luigi BOCCHERINI …

 » Portrait de Luigi BOCCHERINI  » -(1743/1805) un tableau de Pompeo BATONI réalisé entre 1764/67

Boccherini fut un virtuose du violoncelle et un merveilleux compositeur. Il a accordé une place très importante à son instruments dans ce qu’il a écrit et il en a même développé la technique. Ses œuvres ne manquent pas d’élégance, de virtuosité. Elles sont très expressives, tantôt sérieuses et tantôt plus joyeuses.

Ce très beau Concerto fait partie des douze qu’il a composés entre 1760/1775. L’Adagio non troppo (2nd mouv.) y est tout particulièrement beau, profond, émouvant, réellement à l’image de ce que Boccherini disait à savoir :  » je veux écrire des œuvres qui touchent le cœur des hommes « .

Durant très longtemps, la version la plus connue fut celle arrangée par le violoncelliste, compositeur et pédagogue allemand Friedrich Grützmacher, jusqu’au jour où l’original fut re-découvert et que l’on se rende compte que ce dernier avait fait beaucoup de modifications, coupures etc … Alors certes le résultat est intéressant et beau, et beaucoup de violoncellistes continuent de l’interpréter, mais d’autres ont préféré revenir à la version d’origine.

(Video : « Adagio non troppo » Jacqueline DU PRÉ au violoncelle / Elle est accompagnée par THE ENGLISH CHAMBER ORCHESTRA – Direction Daniel BARENBOIM – Version arr. de GRÜTZMACHER)

Elle passe des heures émues …

 » Elle passe des heures émues
appuyée à sa fenêtre,
tout au bord de son être,
distraite et tendue.

Comme les lévriers en
se couchant leurs pattes disposent,
son instinct de rêve surprend
et règle ces belles choses

que sont ses mains bien placées.
C’est par là que le reste s’enrôle.
Ni les bras, ni les seins, ni l’épaule,
ni elle-même ne disent : assez !  » Rainer Maria RILKE (Poète autrichien – Extrait du recueil Les Fenêtres/1927) 

Sur la photo : l’actrice Jenna COLEMAN

Le baroque sous-marin de Christy LEE ROGERS …

Christy LEE ROGERS

«Le premier impact de l’image est instantané, quelque chose que je ressens en moi. Mais ensuite je vais l’imprimer, le mettre sur mon mur et vivre avec durant des mois. Si je l’aime et que je ne m’en lasse pas, je sais qu’il résistera à l’épreuve du temps. Je suis assez fascinée par le fait de briser certaines des règles de la photographie contemporaine en utilisant l’eau et la lumière de manière expérimentale. Je fais différemment des autres photographes sous-marins, je photographie au-dessus de l’eau et j’utilise la réfraction des lumières »  » Christy LEE ROGERS ( Photographe américaine)

Christy Lee Rogers est une grande photographe d’art sous-marin, américano-hawaïenne (née à Honolulu) . vivant à Nashville aux Etats Unis. Elle est peu connue en France (bien qu’elle ait fait l’objet d’une exposition de ses clichés à l’Opéra d’Angers en 2013/14) mais elle est dotée d’une grande réputation dans de nombreux pays pour son travail en contrastes et clair-obscur, dans lequel elle développe un style qui fait penser à des peintures baroques.

Elle a mis plus de quinze ans à développer sa technique et continue toujours d’expérimenter de façon constante. C’est très original, fascinant, impressionnant et assez unique.

Élue photographe de l’année en 2019 aux Sony World Awards, elle expose souvent aux Etats Unis, en Chine, au Japon, en Argentine, en Europe aussi et ses photos apparaissent dans des magazines internationaux comme Vogue, Harper’s Bazaar, Elle décoration, Art China etc. –

L’eau a toujours été pour elle une véritable passion, voire une obsession. Elle travaille la nuit( au-dessusd’une piscine) pour plus d’intensité dans les lumières, plus éclat dans l’obtention de couleurs éblouissantes (prédominante la couleur pour elle !). Les corps sont enchevêtrés et ondulent dans l’eau.

«  Je choisis des couleurs qui se démarquent du noir  comme les rouges, les oranges, et les blancs, puis je mélange du bleu et du marron pour remplir ces tons moyens. Mes gouts personnels sont beaucoup de neutres avec d’énormes touches de couleurs. C’est le contraste qui me délivre un message. « C.L.R.

Ce travail magnifiquement complexe a une signification : celle d’évoquer et traduire la force, mais également la fragilité, la vulnérabilité, le tragique, la folie même, de la condition humaine.

Persée … Jean-Baptiste LULLY

(Vidéo : Ouverture / LE CONCERT SPIRITUEL sous la direction de Hervé NIQUET)

 »  Théâtre, orchestre, haut dais, rien n’y manquait. Un très grand nombre d’orangers, d’une grosseur extraordinaire, très difficiles à remuer, et encore plus à faire monter sur le théâtre, s’y trouvèrent placés. Tout le fond était une feuillée, composée de véritables branches de verdure coupées dans la forêt. Il y avait dans le fond et parmi les orangers quantité de figures de faunes et de divinités, et un fort grand nombre de girandoles. Beaucoup de personnes qui savaient de quelle manière était ce lieu quelques heures auparavant eurent peine à croire ce qu’elles voyaient.  » (Extrait de l’article publié dans Le Mercure galant à propos du décor de Persée en 1682 – Ce périodique avait été fondé en 1672 par Jean Donneau de Visé un journaliste, historien et critique littéraire français )

Une première représentation de Persée fut donnée en Avril 1682 à l’Académie Royale de musique à Paris. Il était prévu, qu’en Juillet de la même année, une deuxième représentation voit le jour dans la Cour de marbre du château de Versailles, mais en raison du mauvais temps ( pluie ) , elle aura lieu dans la Grande Écurie .

Comme il le faisait souvent, Lully affirma qu’il avait vu le roi en Persée. Il alla même jusqu’à prétendre que c’était sa majesté qui lui avait donné l’idée de ce sujet. Curieux lorsque l’on sait que Louis XIV ne fut pas présent le jour de la création ! Beaucoup diront que le héros de cet opéra n’était en fait que le Dauphin.

Une tragédie lyrique tout aussi palpitante qu’éblouissante. Huitième collaboration entre Lully et son célèbre librettiste Jean-Baptiste Quinault. Ce dernier signait là son retour en grâce à la Cour après en avoir été écarté, durant un certain temps,  pour avoir manqué de respect envers le roi et la favorite de l’époque , Madame de Montespan.

C’est un chef-d’œuvre oublié (il ne renaîtra qu’en 1997) où se côtoient amour, colère, combat, jalousie. Les arias sont d’une grande richesse, les récitatifs racés et élégants, la danse fort belle. Le tout est auréolé de le don inné et le talent de Lully pour le drame musical.

(Vidéo : Katherine WATSON (Soprano) – Elle interprète  » Ah je garderai bien mon cœur  » / Accompagnement par LE CONCERT SPIRITUEL sous la direction de Hervé NIQUET)

La curiosité …

 » La curiosité est une nécessité de notre nature. Elle est une impulsion aveugle qui n’obéit à aucune règle. Notre esprit s’infiltre autour des choses du monde extérieur et dans les profondeurs de nous-mêmes, de façon aussi irraisonnée et irrésistible qu’un raton explore à l’aide de ses adroites petites pattes les moindres détails du lieu où il est enfermé. C’est cette curiosité qui nous obligé à découvrir l’univers. Elle nous entraîne irrésistiblement à sa suite sur des routes inconnues, et les montagnes infranchissables s’évanouissent devant elle comme la fumée dispersée par le vent.  » Alexis CARREL (Médecin et chirurgien français- Prix Nobel de médecine en 1912 / Extrait de son livre L’homme, cet inconnu)

« La curieuse » Michel GARNIER
« Les curieuses » Eugène DE BLAAS

Un baiser …

» Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
plus précise, un aveu qui se veut confirmer,
un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer.
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
une communion ayant un goût de fleur,
une façon d’un peu se respirer le cœur,
et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme! … » Edmond ROSTAND ( Extrait Acte III/ Scène 10 dans Cyrano de Bergerac )

Sculpture de Georges DIEBOLT

Le café …

« Le café, la première tasse de café, est le miroir de la main, de cette main qui tourne le breuvage. Ce café est déchiffrement du livre ouvert de l’âme, devin des secrets que le jour renferme. Pour le connaisseur que je suis, le café il faut se le préparer soi-même et ne pas se le faire servir, car celui qui vous l’apporte y ajoute ses paroles, et le café du matin ne supporte pas le moindre mot. Il est l’aube vierge et silencieuse. L’odeur du café hait le moindre bruit, fût-ce un simple bonjour, et se gâte.  » Mahmoud DARWICH (Poète et écrivain palestinien – Extrait de son livre Une mémoire pour l’oubli )

Carnaval de Venise … Marco ORTOLAN

 » L’art est, entre autres, une recherche constante de beauté, et c’est là que je m’arrête et que je cherche. Je recherche la beauté qui peut s’exprimer objectivement ou subjectivement. Être créatif, c’est montrer quelque chose de nouveau dans une idée de composition, mais avec la technique et l’artisanat avant tout. Quant à l’inspiration elle est pour moi quelque chose de phénoménal qui surgit spontanément sans la chercher » Marco ORTOLAN (Peintre argentin)

Marco ORTOLAN

Marco Ortolan est né en 1973 en Argentine. C’ est un peintre contemporain très créatif qui situe son style entre impressionnisme et hyperréalisme. Un passionné de dessin, et d’architecture, un artiste qui porte une attention toute particulière à la lumière, la forme, la ligne, la couleur et la composition. Certain que l’art est une interprétation universelle, ses œuvres sont assez éclectiques et traitent différents sujets.

Personnellement, en ce mois de février qui aborde le thème du Carnaval, j’ai eu envie de vous montrer les tableaux magnifiques qu’il a réalisés sur le Carnaval de Venise.

Ortolan avoue avoir une immense admiration pour Claude Monet et la Renaissance italienne. Le premier l’a amené à la peinture et la deuxième au dessin. Il affirme que les deux ont eu une importance fondamentale et ont forgé son travail.

Il expose dans de nombreux pays et fait partie des artistes très prisés du musée d’art contemporain la Saatchi Gallery de Londres qui propose un grand éventail de ses tableaux.

 » Marco Ortolan se révèle comme ce qu’il est, un peintre de premier ordre, un héritier , sûr et confiant des biens plastiques de la Renaissance italienne, auxquels il fait allusion à maintes reprises, et pas seulement pour des raisons de composition., mais à la recherche des racines les plus propres de son art, si approfondi et élargi que son œuvre. La sienne, finit par être considérée comme née au milieu du XVIe siècle, et dans ce lieu privilégié : Venise, dont les eaux continuent de couler, perpétuellement, et sans jamais interrompre la vitalité de son reflux créateur. Venise, et en son sein, diverses œuvres d’art nées sous différentes latitudes. L’Italie toujours étonnante quand il s’agit de mesurer la capacité et la grande qualité de ses diverses et importantes tendances esthétiques au cours de tant de siècles, qui réalisent néanmoins le vrai miracle que ce courant est constamment renouvelé et frais, à tel point que le même travail de Marco Ortolan semble en émaner, dans une attitude de respect et de grande compréhension esthétique, deux des plus grandes vertus de ce que ce jeune peintre, dans la mesure où il prend à la toile. Imprégné à chaque instant de ces genèses d’une autre eau, celle qui baigne Venise et ses plus beaux coins. Cet artiste dessine et peint comme les grands maîtres de tous les temps, dans une couronne de lumière éternelle, d’une grandeur soutenue et d’une richesse extrêmement rare, dont il est un très haut représentant. » Cesar MAGRINI (Écrivain et critique d’art argentin )