Amour victorieux .. Amour sacré…

 » Le marquis Vincenzo Giustiniani pour lequel le Caravage a effectué ce tableau, désirait une œuvre représentant la victoire de ses amours, toutes intellectuelles, sur le caractère éphémère de la vie ! Chaque objet présent dans cette toile doit donc être lu en rapport avec la personnalité du marquis : les instruments et les partitions renvoient à son goût pour la musique, l’équerre et le compas font référence à l’importance qu’il donnait à la géométrie, la plume et le livre évoquent ses qualités littéraires, le laurier symbolise sa renommée et la cuirasse son titre de chevalier. Au-dessus de cet ensemble de symboles, triomphe l’amour dont la prose, jambes écartées, signifie allégoriquement la victoire. Armé de flèches et doté de vraies ailes, ce splendide enfant souriant sera l’un des personnages les plus admirés de la collection du marquis, et ce à point tel, dit-on, que le tableau était la plupart du temps recouvert dans le palais Giustiniani afin que sa beauté ne ternisse pas le reste de la collection. » – Federica BUSTREO (Historienne de l’art italienne, guide touristique à Florence)

 » L’amour victorieux  » LE CARAVAGE

» L’Amour sacré, le corps recouvert d’une armure, atterrit brusquement au-dessus de l’Amour profane. Il piétine et casse les flèches de ce dernier et éloigne un satyre vu de dos, reconnaissable à ses oreilles pointues. Ses grands ailes encore déployées, l’Amour sacré s’apprête à tirer une flèche en feu afin d’assujettir définitivement son antagoniste terrestre qui le regarde avec des yeux terrorisés en se plaquant au sol. L’impétuosité de l’action écarte les cheveux blonds du visage du jeune attaquant qui montre ainsi son expression satisfaite : son corps est tendu dans l’effort du coup qu’il est sur le point d’infliger. Dans la mythologie grecque, l’union d’Éros et de son frère Antéros symbolisait l’amour parfait. Mais dans la société religieuse de la Rome du XVIIe siècle, le tableau de Baglione devient une allusion évidente au triomphe de l’amour divin sur l’amour charnel.  » Federica BRUSTREO (Historienne de l’art italienne, guide touristique à Florence)

 » Amour sacré vainqueur de l’amour profane  » Giovanni BAGLIONE

14.2.2021 : Saint-Valentin …

 » Aimer, ce n’est pas s’installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C’est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l’habitude ne s’insinue et nous tue, ou pire : nous anesthésie. Ne pas croire que plus rien ne reste à faire mais au contraire séduire, séduire encore.

Aimer, ce n’est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C’est avancer en funambule au-dessus de précipice et savoir qu’il y a quelqu’un au bout qui dit d’une voix douce et calme : avance, continue d’avancer, n’aie pas peur, tu vas y arriver, je suis là. » Philippe BESSON (Écrivain, scénariste, dramaturge français / Extrait de son livre Se résoudre aux adieux)

Photo Angela NIKOLAU