Une rose d’hiver …

 » Une rose d’hiver, un peu mièvre, un peu pâle,
A choisi de fleurir dans le jardin déteint,
Aux confins de novembre, dans les reflets d’opale
D’un soleil transparent, au détour d’un matin.
A nos regards ardents, timide, elle ose à peine
Dévoiler le réseau de ses rides nacrées,
Mais sa senteur poivrée vient, comme une antienne,
Nous ramener au temps de sa splendeur passée.
Le printemps était là, mais elle ne l’a pas vu,
L’été s’en est allé sans qu’elle s’en souvienne,
L’automne, comme une ombre, hier a disparu,
Mais l’hiver est venu et je l’ai faite mienne…
A la femme d’hiver je dédie ce poème,
Elle qu’on ignora sans beaucoup de raison,
Celle-là, plus qu’une autre, méritait bien qu’on l’aime,
Elle enluminera nos arrière-saisons. » Anick BAULARD (Auteure et poétesse française)