La crèche de Noël …

 » Devant la crèche de Noël
Nous avons posé de la mousse
Amenée par la ribambelle :
A l’enfant-Dieu une herbe douce

Nous avons posé les moutons
Maman a prêté son miroir
Qui sera l’étang des canards
Nous avons mis un petit pont

Où passent deux et trois santons
Portant le pain sans une hotte
Et sur le ôté de la grotte
Nous avons posé du coton

Ce sont les nuages du ciel
Qui tiennent chaud le pied des anges
Comme l’Enfant dedans ses langes
C’est notre crèche de Noël

Voici Joseph, le chaste époux
Dans sa brune robe de bure
Et la Sainte Vierge, à genoux
Dans sa belle robe d’azur

Couleurs de la terre et du ciel
Unis pour la Nouvelle Alliance
Et même une étoile s’avance
C’est le miracle de Noël

Voici le bœuf et l’âne gris
Couchés près du divin poupon
Tandis que chante dans la nuit
La pastorale des santons

Voici notre progéniture
Qui regarde le doux Jésus
Ils ont le cœur et les yeux purs
Et leurs âmes sont toutes nues

Nous allons prier le Sauveur
Donne-moi ta main, mon amour
Nous allons prier que cette heure
Dure encore, encore et toujours. « Yves-Marie ADELINE (Écrivain, poète et musicologue français)

Récits à la première personne …

 » Si vous donnez aux histoires que vous écrivez à la première personne une vraisemblance telle que les gens finissent par y croire, le lecteur pensera presque forcément qu’elles vous sont effectivement arrivées. Ce qui est tout à fait naturel puisque, au moment où vous les inventez, il faut bien que vous donniez l’impression qu’elles sont arrivées à celui qui les raconte. Si votre entreprise est réussie, vous amenez celui qui les lit à croire que ces choses-là lui sont également arrivées à lui. Le but que vous vous êtes assigné est atteint, ou peu s’en faut : créer quelque chose susceptible d’imprégner l’expérience et la mémoire de votre lecteur. Il y aura forcément des éléments qui lui auront échappé à la lecture de l’histoire ou du roman, mais qui, à son insu, vont informer sa mémoire et son expérience pour devenir partie intégrante de son existence. La tâche est cependant loin d’être facile.

Ce qu’il est, sinon facile, du moins toujours possible de faire, pour ceux qui appartiennent à l’école des détectives privés de la critique littéraire, c’est de prouver que l’écrivain qui écrit ses récits à la première personne n’a matériellement pas pu faire tout ce qu’accomplit son narrateur, voir n’en a rien fait du tout. Quelle importance ? Qu’est ce que cela prouve, sinon que l’écrivain n’est dénué ni d’imagination ni d’inventivité, j’avoue ne l’avoir jamais compris. » Ernest HEMINGWAY (Écrivain, journaliste et correspond de guerre américain- Extrait de son livre Paris est une fête )

Ernest HEMINGWAY 1899/1961