Fleur de Décembre : Le Poinsettia ou « Étoile de Noël »…

 » Un arbuste extraordinaire poussait dans les jardins luxuriants des cités aztèques qui l’appelaient  Cuetlaxochitl . Ils voyaient dans cette plante aux bractées écarlates un symbole de pureté. Jusqu’à la destitution de leur dernier roi, Montezuma, ils faisaient livrer par chariots ces « fausses fleurs » dans la ville de Mexico.

Située en haute altitude (2 250 m), la capitale mexicaine n’offre pas un climat favorable à la culture de cette plante. Au Mexique, les Aztèques appréciaient plus le Cuetlaxochitl pour ses utilisations pratiques que pour ses attraits décoratifs. En effet, ils utilisaient ses bractées pour obtenir un pigment rouge utilisé pour colorer les textiles et les produits cosmétiques. Les guérisseurs locaux appliquaient les feuilles en cataplasmes pour sécher les pustules et autres furoncles. Les feuilles broyées étaient aussi incorporées à du lait pour accroître la sécrétion lactée chez les femmes en période d’allaitement. Les Aztèques se servaient également du latex (sorte de lait blanc) que sécrètent les tiges pour préparer un remède réputé contre la fièvre. Contrairement à la plupart des autres euphorbes, la toxicité de la sève de cette espèce est très faible.

Bien que déjà utilisée par les Franciscains établis dans la région de Taxco pour les processions de Noël dès le dix-huitième siècle, la plante était inconnue ailleurs qu’au Mexique. Sa première mention par un botaniste date du dix-septième siècle. Elle est l’œuvre de Don Juan Balme, botaniste espagnol à qui José Quer y Martinez (1695-1764) a dédié le genre Balmea (Rubiacées).

Le monde occidental a découvert la plante grâce au premier ambassadeur des États-Unis au Mexique, Joël Robert Poinsett , qui était également botaniste à ses heures. C’est ce qui explique le nom commun de poinsettia qui lui est donné couramment dans de nombreux pays. Robert Buist , un pépiniériste d’origine écossaise, installé à Philadelphie, et qui jouissait d’une excellente notoriété au dix-neuvième siècle, fit l’acquisition de quelques spécimens de cet arbuste. Il entreprit, dès 1828, la production commerciale des poinsettias. Buist eut le mérite de reconnaître les possibilités commerciales de cet arbuste à floraison hivernale, de propagation assez facile. Quelques années plus tard le poinsettia connut ses premiers succès pendant les fêtes de Noël dans les régions de Philadelphie et de New York.

Il fallut attendre 1902, pour qu’un émigré suisse, Albert Ecke, établisse, avec ses fils Hans et Paul, la première culture d’envergure de poinsettias, près de Hollywood en Californie. Et c’est seulement en 1923 qu’elle fit timidement son entrée chez les horticulteurs européens. Grâce à l’introduction des variétés hybrides de longue durée et d’un vaste choix de tailles, de formes et de couleurs (rouge, rose, blanc et marbré), les années 1970 permirent d’assister à la mondialisation du poinsettia.

Albert ECKE

Après la mort de Joël Poinsett le 12 décembre 1851, le congrès des États-Unis décida d’instaurer une  journée nationale du Poinsettia  le 12 décembre, date qui s’est également mondialisée et que l’on célèbre aussi (plus ou moins) en Europe, mais dont la popularité commence à s’affirmer en France, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Espagne. Depuis 2011, il existe officiellement la Journée nationale du Poinsettia . Il est alors de bon ton d’offrir, le 12 décembre, dans son entourage proche (famille, amis, collègues) des poinsettias que l’on nomme aussi couramment  étoiles de Noël. » Patrick MIOULANE (Journaliste français, écrivain spécialiste des jardins )

Le Poinsettia : on dit que c’est une plante qui » chasse l’anxiété, la morosité et l’angoisse » . Elle a sa petite légende : celle d’une jeune mexicaine , très pauvre, qui fit un bouquet de feuilles issues d’un arbuste trouvé sur le bord de la route. Elle souhaitait l’offrir à l’enfant Jésus pour une fête dans l’église de son village. Tout le monde se moqua d’elle à la vue de cette maigre offrande, mais lorsque le bouquet fut placé près de l’enfant, des fleurs rouges se mirent à éclore au milieu des feuilles. C’est d’après cette légende que l’on a donné le nom de Flores de la Nocha Buena (Fleurs de la Sainte Nuit) aux poinsettias