La lune …


 » Elle est d’agate et de perle,
Elle est de verre fumé,
Étrangement horizontale
Et si solennelle, on dirait
Que la sonate « clair de lune »
A soudain croisé notre chemin  » Anna AKHMATOVA (Poétesse russe- Vers extraits de son texte La lune au zénith – Recueil Poèmes sans héros )

Double Concerto Op.102 … Johannes BRAHMS

Vidéo : David OISTRAKH au violon et Mstislav ROSTROPOVITCH au violoncelle, accompagnés par L.ORCHESTRE PHILHARMONIQUE de MOSCOU sous la direction de Kyril KONDRASHIN

Cette page fut écrite en 1887 et créée la même année à Cologne. Joseph Joachim était au violon, Robert Hausmann au violoncelle et le compositeur dirigeait l’orchestre.

Au départ, Brahms avait l’intention de dédier cette page à son ami Joseph Joachim. Mais les deux hommes vont se brouiller le jour où le compositeur apportera son aide à la femme du violoniste, au cours de leur divorce. Il s’en voulait terriblement d’avoir pris parti.

Un autre de ses amis proches, le violoncelliste Robert Hausmann souhaitait vivement que Brahms compose un Concerto pour son instrument, le violoncelle. Le compositeur vit dans cette œuvre, la possibilité de reprendre contact avec Joachim. S’agissant, en effet, d’une œuvre réunissant violon et violoncelle, il ne voyait personne d’autre que Joachim pour la partie violon. Il lui écrivit pour lui faire part de son projet et le violoniste accepta. Clara Schumann, chez qui ils ont souvent répété, disait qu’il était le Concerto de la réconciliation.

Les deux instruments fusionnent magnifiquement bien . C’est un merveilleux Concerto expressif, intense, virtuose, poétique, avec une sensibilité quasi fragile. Et pourtant les appréciations le concernant ne furent pas très chaleureuses à l’époque : Joachim affirma qu’il ne pensait pas qu’il soit le plus beau des Concertos de Brahms, Clara Schumann ne lui trouvait pas d’avenir, et la critique, de façon générale, l’accusait d’être fastidieux, trop cérébral, inaccessible même.

Il faut dire que Brahms n’avait pas vraiment défendu son travail, affirmant que ce Concerto avait été un travail amusant, mais qu’effectivement vu qu’il mettait en présence deux instruments qu’il ne connaissait probablement pas autant que son piano , eh bien il comprenait certaines critiques.

Fort heureusement, l’œuvre, grandement analysée, au fil de temps, va être fortement saluée par les musicologues. On mettra en avant le respect profond du compositeur pour ces deux instruments, l’éloquence et la profondeur de la conversation dont ils font preuve tout au long de l’œuvre, la luminosité orchestrale, sa quasi texture symphonique, sa beauté virtuose.