Sonate pour piano et violoncelle Op.69 … Frédéric CHOPIN

Vidéo : Maria J. PIRES (Piano) et Pavel GOMZIAKOV (Violoncelle)

Chopin a eu une grande passion pour le violoncelle et il a partagé une profonde amitié avec le violoncelliste Auguste Franchomme. C’est, d’ailleurs, avec lui qu’il interprètera cette merveilleuse Sonate en 1846 lors de son dernier concert parisien dans les Salons Pleyel à Paris, là où tout avait commencé, des années auparavant, pour lui.

Il y a quatre mouvements. Lors du concert, Franchomme et Chopin ne joueront pas le Ier car ils pensaient que le public parisien n’était pas prêt à l’entendre d’un point de vue technique strictement musical. Ils ne joueront donc que les trois autres.

C’est page très complexe, crépusculaire, spirituelle, fortement tourmentée, dans lequel le piano et le violoncelle sont magnifiquement en fusion et osmose.

Les yeux …

 » Si le visage est le miroir de l’âme, les yeux en sont les interprètes ….  Tout dépend de la physionomie et, dans cette physionomie même, ce sont les yeux qui jouent le rôle prépondérant. C’est l’âme, en effet, qui anime toute l’action, et le miroir de l’âme c’est la physionomie, comme son truchement ce sont les yeux, car c’est la seule partie du corps qui, à toutes les passions, puisse faire correspondre autant d’expressions différentes, et il est certain que personne, les yeux fermés, ne peut produire le même effet. Il est donc important de savoir régler son regard. Les traits du visage, en effet, il ne faut pas trop les modifier, car on risquerait de tomber dans le ridicule ou dans la grimace. C’est le regard qui, concentré ou détendu, agressif ou aimable, peut traduire tous les mouvements de l’âme dans un juste rapport avec le ton du discours. Car, si l’action est comme le langage du corps, elle doit d’autant plus être en harmonie avec la pensée. Or les yeux nous ont été donnés par la nature, comme au cheval et au lion la crinière, la queue et les oreilles, pour traduire les mouvements de l’âme. Aussi, dans cette action qui est la nôtre, après la voix, la physionomie, est-elle ce qu’il y a de plus puissant et ce sont les yeux qui la gouvernent. » CICERON (Écrivain, avocat et homme d’État latin / Extrait de son traité De Oratore)

Tableau de Gianni STRINO