Le silence de l’automne …

 » C’est le silence de l’automne
Où vibre un soleil, monotone
Dans la profondeur des cieux blancs …
Voici qu’à l’approche du givre
Les grands bois s’arrêtent de vivre
Et retiennent leurs cœurs tremblants.

Vois, le ciel vibre, monotone ;
C’est le silence de l’automne.

O forêt ! qu’ils sont loin les oiseaux d’autrefois
Et les murmures d’or des guêpes dans les bois !
Adieu, la vie immense et folle qui bourdonne !
Entends, dans cette paix qui comme toi frissonne,
Combien s’est ralenti le cœur fougueux des bois
Et comme il bat, à coups dolents et monotones
Dans le silence de l’automne !  » Fernand GREGH (Poète, critique littéraire, académicien français – Extrait de son recueil La beauté de vivre/1900)

Vision de l’art et d’un artiste …

 » C’est une erreur de dire qu’un artiste « cherche » son sujet. Celui-ci mûrit en lui, comme la gestation d’un enfant jusqu’à l’accouchement. L’artiste n’est pas le maître, mais le serviteur d’une situation. La création est pour lui la seule forme d’existence possible. Chacune de ses œuvres est en lui comme une poussée irrésistible. Et l’enchaînement de ses actes ne trouve sa légitimité que s’il a foi en son sujet, car seule la foi cimente les images en un système, voire en un système de vie.
 
L’art ne se conçoit pas rationnellement, ne donne pas une logique de comportement, mais exprime une croyance, un postulat. La seule façon d’accepter une image artistique est d’y croire. S’il est possible en science de prouver logiquement à ses contradicteurs que l’on a raison, en art cela est exclu. Si l’image a laissé le spectateur indifférent ou froid devant la vérité du monde qu’elle exprime, ou si, pire il s’est ennuyé, son jugement est alors sans appel.  » Andreï TARKOVSKI (Écrivain et réalisateur russe. Extrait de son livre Le temps scellé )
 
AndreÏ TARKOVSKY ( 1932/1986)