Il pleut …

 » Il pleut. J’entends le bruit égal des eaux ;
Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,
Se penche et brille en pleurant sous l’averse ;
Le deuil de l’air afflige les oiseaux

La bourbe monte et trouble la fontaine,
Et le sentier montre à nu ses cailloux.
Le sable fume, embaume et devient roux ;
L’onde à grands flots le sillonne et l’entraîne.

Tout l’horizon n’est qu’un blême rideau ;
La vitre tinte et ruisselle de gouttes ;
Sur le pavé sonore et bleu des routes
Il saute et luit des étincelles d’eau.

Le long d’un mur, un chien morne à leur piste,
Trottent, mouillés, de grands boeufs en retard ;
La terre est boue et le ciel est brouillard ;
L’homme s’ennuie : oh ! que la pluie est triste !  » René-François SULLY PRUDHOMME (Poète français)

Tableau : Gustave CAILLEBOTTE

Aria :  » Il dolce suono  » – Acte III Lucia di Lammermoor …

Cette merveilleuse aria fait partie de l’acte III de l’opéra Lucia di Lamermoor composé, en six semaines à peine, en 1835 par Gaetano Donizetti. Le livret signe la rencontre importante et capitale avec le librettiste Salvatore Cammarano, probablement pas aussi lettré ou stylé que n’avait pu l’être Felice Romani, mais un homme de théâtre qui connaissait parfaitement le monde de l’opéra. Le livret de Lucia est considéré comme l’un des meilleurs.

A la demande de Donizetti, Cammarano va s’inspirer de la Fiancée de Lammermoor de Sir Walter Scott (1819) et d’une tragédie tirée du roman de Victor Ducange qui fut préalablement mis en musique plusieurs fois. Une histoire basée à l’origine sur un fait divers authentique qui s’était déroulé en Ecosse au XVIIe siècle.

Lucia est vraiment le chef-d’œuvre romantique et tragique de Donizetti. Les arias sont absolument bouleversantes, les duos superbes, les ensembles magnifiques. Il y a du drame, de l’énergie, de la vigueur, de l’émotion, une grande richesse orchestrale, de la virtuosité vocale. Il fera de Donizetti le compositeur le plus joué de son temps et obtiendra un immense succès le soir de la première au San Carlo de Naples.

L’opéra sera traduit en français en 1839 par Alphonse Royer et Gustave Raez. De nos jours encore, il est très apprécié.

Vidéo : Inva MULA interprète Il dolce suono