Elliott ERWITT …

 » Pour moi la photographie est un art de l’observation. Il s’agit de trouver quelque chose d’intéressant dans un endroit ordinaire. J’ai trouvé qu’il y avait peu de choses que l’on voit et tout est à voir avec la façon dont on les voit. » Elliot ERWITT (Photographe américain)

Elliott Erwitt and Stephanie March

Elliott Erwitt a mis sa vie au service de la photographie dite  » originale « . L’œil rivé derrière son objectif, scrutant les moindres faits et gestes et n’ayant pas son pareil pour savoir capter un instant précis qui devient quasiment une petite histoire que l’on pourrait raconter en la regardant.

Pour bien comprendre ses photos, il faut avoir en tête que l’humour et le talent de ce photographe ne se trouvent pas dans ce qu’il photographie, mais plutôt dans la photo elle-même, à savoir que l’on peut être amené, par exemple, à prendre une scène cocasse qui finalement se révèle sans vie, et photographier une personne ( ou une situation) qui fait un geste tout à fait banal au premier abord mais qui le fait d’une façon telle que la photo devient alors très amusante et intéressante.

ERWITT Confessional de rue 1940
 » Confessional de rue / 1940  » Elliott ERWITT

ERWITT Musée du Prado 1995
 » Musée du Prado / 1995  » Elliott ERWITT

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 » Combat entre Mohamed ALI et Joe FRAZIER  » Madison Square Garden de New York en 1971 – Elliott ERWITT :  » j’avais acheté mon billet. J’étais au milieu de la foule quand Ali est tombé K.O. J’ai déclenché juste au bon moment. Ce qui rend l’angle original, c’est que tous les photos-reporters étaient placés près du ring. Moi, j’avais un autre point de vue.« 

ERWITT Soldat
« Soldat tirant la langue / 1951  » Elliott ERWITT : «  Cette photo d’un soldat me tirant la langue a été prise à Fort Dix pendant un entrainement de base. Je marchais, au milieu de la troupe, à côté de lui. Je portais mon appareil photo, un Leica à objectif pliable. C’est une vieille photo mais je l’aime toujours!  » 

C’est là le grand talent de Erwitt qui, avec son côté chaplinesque, a su réaliser ce que je viens d’expliquer, et qui le fait de façon simple, tendre, légère, lucide, drôle, espiègle et malicieuse, pétillante aussi, sans écarter l’émotion lorsqu’elle est bouleversante ou dramatique. Il ne revient jamais sur ses clichés au tirage, ne les recadre pas. La photo prise sur le vif reste telle quelle. Cela a toujours été très important pour lui.

Ses photos sont, pour la plupart, en noir et blanc. Il y en a eu en couleur également mais elles l’ont été pour un côté plus professionnel dirons-nous, destinées à des magazines ou pour l’Agence Magnum.

ERWITT Deauville 1965
 » Deauville 1965  » Elliott ERWITT

ERWITT Amsterdam 1968
 » Amsterdam 1965  » Eliott ERWITT

Erwitt est une vraie légende qui a fait l’objet de très nombreuses expositions un peu partout dans le monde. Ses sujets sont très variés : personnes dans des situations inattendues, objets et lieux insolites, scènes burlesques ou plus dramatiques, moments précis pris sur une plage, dans des trains, des bals, des photos de baisers volés, des stars, des hommes politiques, des écrivains, des enfants, des chiens  …. Des tas de sujets, tout sauf la guerre !

FRANCE. Paris. 1989. Eiffel tower 100th anniversary.
 » Paris 1989 Tour Eiffel  » – Elliott ERWITT 

USA. California. 1955.
 » Santa Monica Californie 1955  »  Elliott ERWITT 

Les enfants font partie des sujets  qu’il apprécie parce qu’il dit les trouver très spontanés, pleins de fraîcheur. Quant aux chiens, alors là il les a vraiment beaucoup aimés :  » ils ne savent pas qu’ils sont photographiés et ont donc une attitude tout à fait naturelle « . Il avoue pourtant qu’ils ne sont pas tous photogéniques. Sa préférence va aux chiens français qui à son humble avis sont ceux qui affichent le plus de personnalité.

FRANCE Tableau achat / vente de FRANCE pas cher
 » La baguette et le béret / Provence 1955  » Elliott ERWITT 

This Week's Photo — Boy with Pistol — Elliot Erwitt | by Arshdeep Matharu |  Medium
 » L’enfant au pistolet  »  Elliott ERWITT ( Un jour dans une exposition on a demandé à Erwitt quelle était sa photo préférée parmi toutes celles qui étaient accrochées. Il a désigné celle-ci et a répondu «  parce qu’elle m’émeut « 

ERWITT Dog jumping 1989
 » Dog Jumping  » 1989 Elliott ERWITT

ERWITT 1974
Série Dogs en 1974 – Elliott ERWITT

ERWITT Dog birmingham 1991
 » Série Dogs – Birmingham 1991  » Elliott ERWITT

Elliott Erwitt est né à Paris en 1928. Enfance passée d’abord en Italie, puis départ pour les Etats-Unis : New York d’abord, Los Angeles ensuite. Ses parents se séparent lorsqu’il est adolescent. Il va donc se débrouiller un peu tout seul. La photo fait déjà partie de sa vie à cette époque. Premier appareil à 13 ans, et travail dans un laboratoire de développement deux ans plus tard. C’est là qu’il dit avoir eu une révélation : celle que la photo allait devenir toute sa vie. Il tombe, en effet, sur une photo de Cartier Bresson sur des trains qui va le fasciner pour tout ce qu’elle apporte d’incroyable en atmosphère et qui se révèle complètement naturelle et inattendue.

A partir de là, son attrait pour la photo va considérablement s’intensifier. En plus de son travail en laboratoire, il photographie pour son propre compte et son plaisir. Il quitte ses obligations professionnelles, et part voyager en France, en Italie, collabore pour divers magazines très en vogue en Europe, puis retourne aux Etats-Unis.

Il part faire son service militaire tout en continuant à travailler pour des revues américaines. Son travail est à son image : optimiste, souvent ironique et plaît beaucoup. Il gagne même un concours. A la sortie de l’armée, il fera de belles et grandes rencontres : d’abord Edward Steichen qui lui obtiendra un véritable premier job dans la publicité et le fera participer à des expositions fondamentales et importantes.

Puis ce sera Robert Capa, déjà croisé avant son service militaire à Paris, lorsque ce dernier avait une petite agence de pub. Il apprend qu’il va ouvrir une agence américaine. Elle devient la célèbre Agence Magnum. Capa parraine Erwitt et le fait entrer. C’était en 1953. Il en deviendra l’un des principaux piliers, sinon le plus célèbre et bien des années plus tard le président. Ses photos pour l’agence feront le tour du monde et la Une d’un grand nombre de couvertures.

Son aisance, sa liberté, son sens aigu de la composition, son style sont sa carte de visite. En dehors de la photo, Erwitt a travaillé également dans la publicité, le reportage (Life, Look, Paris Match etc…) , le documentaire. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la photo, a réalisé des programmes comiques ( voire satiriques ) pour la télévision.

Sa route a croisé celle de nombreuses personnalités connues : JFK, Jackie Kennedy, Le Che, Truman Capote, Fidel Castro, Marlène Dietrich, Simone de Beauvoir, Bill Clinton, Arnol Scharzenegger etc etc … Sans oublier Marilyn qu’il rencontre sur le tournage de Certains l’aiment chaud et la retrouvera dans les Misfits. 

Dans tous les cas de figures, attention : pas de comportement  spécial, ni d’attention particulière  due à la hiérarchie, la notoriété. Quel que soit le statut social, tout ce beau petit monde sera traité de la même façon, placé à égal niveau.

ERWITT Marilyn 1954
 » Marilyn 1954  » Elliott ERWITT :  » Elle était toujours agréable, facile à photographier. Elle avait un instinct très fort pour ceux qu’elle aimait et ceux qu’elle n’aimait pas. Elle était très accessible. La Terre entière a fait son portrait ! Rater une photo de Marilyn relevait de l’impossible. Cela relève de la photogénie »

ERWITT JFK
 » JFK  » Elliott ERWITT 

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 » Jackie Arlington 1963  » Elliott ERWITT 

Elliott Erwitt a été marié quatre fois et a eu six enfants. Il est grand-père, toujours optimiste et actif. Il a travaillé dans la photo jusqu’à plus de 80 ans.

ERWITT 2017
ERWITT chez lui en 2017 avec son chien