Friedrich GULDA & MOZART …

Mozart est mon champion du monde. Je le place au-dessus de tout ! Quand je serai mort, j’irai jouer du piano à quatre mains avec lui dans les cieux.  » Friedrich GULDA (Pianiste et musicien autrichien, claveciniste, compositeur de jazz)

GULDA Friedrich

Gulda fut un incroyable pianiste, un penseur musical, une espèce de marginal, excentrique, provocateur, indiscipliné, espiègle, ironique, qui n’a pas hésité à défier le conservatisme esthétique et l’hypocrisie morale de la bourgeoisie autrichienne, à protester contre les institutions musicales, se présentant sur scène dans une allure cool, béret sur la tête, démarche nonchalante avec face à lui un orchestre symphonique et un chef en costume cravate ou queue de pie. Oui , c’est vrai, de tels comportements peuvent choquer , mais en en dehors de cela,  il a été tellement doué, inspiré, étincelant, sensible, virtuose.

Il est resté tout au fond de lui un pianiste profondément classique : certes très particulier, personnel, audacieux,novateur, improvisateur  mais classique , sans jamais être routinier, faisant même entrer le jazz dans ses concerts dans les années 50.

C’est incontestablement ce que l’on peut appeler une  » pointure  » !

Il est né à Vienne en 1930 d’un père enseignement et musicien amateur. Passionné de musique, il apprend le piano à l’âge de 7 ans. Cinq ans plus tard, il intègre l’Académie de piano de Vienne, fréquente les célèbres classes de Bruno Seidhofer (piano) et Joseph Marx (composition). En 1939 il obtient le premier prix au Festival International de musique de Genève et débute au Carnegie Hall.

Quand on évoque la musique de Mozart, on fait souvent référence aux interprétations de Gulda. Ce dernier considérait le compositeur comme un véritable Dieu. Il a toujours affirmé qu’il était un vrai modèle pour lui. Mozart a été une passion, voire même une vénération obsessionnelle car il passait des nuits entières à s’interroger sur sa musique et peaufiner ses interprétations.

Il a toujours affirmé que le jour où il mourrait il irait  jouer aux cieux avec Mozart. On a certainement dû l’entendre de là-haut car il a quitté ce monde le 27 janvier 2000 à savoir le jour anniversaire de la naissance de son compositeur favori.

Il y a beaucoup d’interprètes de Mozart : ceux qui sont très bons, ceux qui pensent l’être mais ne le sont pas, ceux qui n’ont jamais véritablement compris comment il fallait l’interpréter, ceux qui pensent que tout est dans la technique et en oublient les émotions, d’autres qui en rajoutent des tonnes et qui, du coup, font perdre énormément à la partition elle-même.

Gulda fait partie de ceux qui sont vraiment  excellents dans la musique de Mozart. En ce qui le concerne, elle a totalement investi sa carrière musicale. Chez lui rien n’est robotique, son esprit et son jeu sont assez magiques. Il y a en lui une sorte de facilité naturelle qui coule de source, c’est fluide, spontané, l’articulation qu’il faut, la mélodie, les émotions. Et puis il y a les ressentis, l’investissement parce que tout comme Mozart, Gulda a été souvent en proie aux doutes, aux interrogations, aux frustrations. Il ne s’est jamais contenté du minimum mais ce fut toujours un défi pour lui de tenter d’atteindre la perfection.

( Vidéo : Friedrich GULDA au piano / Cette Sonate a été composée en 1784 à Munich. Il en écrivit six la même année. C’est une page brillante, éclatante, ample, virtuose, de style français : le Rondo, en effet, est un petit hommage rendu à Marie Leszczinska qui était reine de France, épouse de Louis XV)

(Vidéo : Friedrich GULDA au piano / Une partition tout à fait étonnante écrite par Mozart entre 1784 et 1785. Elle se révèle être un chef-d’œuvre d’intensité qui surprend tout autant qu’elle séduit. Elle est virtuose, expressive, théâtrale, dissonante, inventive, passionnée, avec un petit zeste dramatique où se mêlent la tendresse et le lyrisme )

(Vidéo : Friedrich GULDA au piano, accompagné par le CHAMBER ORCHESTRA OF EUROPE dirigé par Claudio ABBADO  / Un des Concertos le plus célèbre de Mozart. Il était à Vienne lorsqu’il le compose. Il l’achèvera en 1786. Professionnellement parlant, à cette époque, Mozart s’était libéré de l’emprise de l’archevêque Colloredo et il avait retrouvé une liberté d’esprit qu’il n’avait pu avoir jusque là. Trois partitions sont achevées cette année-là dont celle-ci. C’est vraiment une pièce expressivement symphonique, brillante, pleine de charme, avec un Adagio magnifique,  émouvant, merveilleux et très lyrique.)