Il y a ceux qui savent …

 » Il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Et pour dix mille qui ne savent pas, il y en a un seulement qui sait. C’est le miracle de tous les temps, le fait que ces millions savent tant de choses mais ne savent pas ça. C’est comme au XVe siècle quand tout le monde croyait que la terre était plate : seuls Colomb et quelques autres connaissaient la vérité. Mais c’est différent tout de même, car il leur fallait du talent pour se figurer que la terre était ronde. Tandis que cette vérité saute tellement aux yeux que c’est le miracle de toute l’histoire que les gens ne sachent pas….  » Carson MC.CULLERS (Romancière américaine- Extrait de son livre Le cœur est un chasseur solitaire/1940)

Carson MC.CULLERS  (1917/1967)

Message d’une fleur d’été : la capucine ..

 » La capucine n’est pas ce que l’on croit. Cette petite fleur de nos jardins, en apparence sans histoire , cache un amour brûlant. Celle ou celui à qui on l’offre, en bouquet, reçoit la plus torride des déclarations d’amour. Paradoxalement, la fleur orange parle aussi d’indifférence. Ou peut-être la reproche-t-elle. En effet, elle dit à la fois : « je meurs d’amour pour vous« , et lorsqu’elle est jaune ou orange : « rien en charme de votre cœur« . Marron, elle se désole : « votre cœur reste fermé » Enfin, pourpre, elle jette : « vous ne pouvez plus aimer« .

Tout cela ne l’empêche pas d’être aussi considérée comme porte chance. Louis XIV accompagne ses souhaits de bonheur à Madame de Maintenon par cette nouvelle venue dans les serres de Versailles, qui arrivera bientôt dans les jardins de campagne. Au temps où le blé se fauche à la main, les femmes du village qui apportent leur déjeuner aux moissonneurs ajoutent aux plats des capucines fraîchement cueillies afin de porter chance aux moissons. Comment s’y retrouver dans tous ces messages ?

On peut imaginer que la personne qui offre des capucines, en proie à la passion, s’interroge sur les sentiments de l’aimé(e), si insaisissable que c’en est agaçant. D’où le « vous ne pouvez plus aimer« , l’un des messages les plus cruels du langage des fleurs. Pas d’affolement, il ne s’agit que des paroles d’un soupirant dépité, rien de vraiment sérieux. On peut continuer à danser la capucine, même s’il n’y a plus de pain chez nous. » Nicole PARROT (Écrivain française  – Extrait de son livre Le Langage des fleurs)

CAPUCINE 1