Aria :  » Se pietà di me non senti  » … Giulio Cesare / HAËNDEL

Dans cette catégorie destinée à l’art lyrique, j’ai eu envie  de vous faire écouter  les plus belles arias et duos  de l’opéra, mais aussi de donner la parole à celles et ceux qui les interprètent.

Kozena desempolva las arias de Vivaldi para bruñirlas con su voz ...
Magdalena KOZENA

» Je veux que ma voix soit aussi naturelle que possible. le chant est très proche de la parole et je veux être capable de dire quelque chose en chantant. Certains veulent impressionner lorsqu’ils chantent,  faire sentir que ce qu’ils font c’est difficile . Personnellement, je préfère qu’en m’écoutant, les gens pensent que ce peut être facile, et, qu’ils pourraient presque en faire autant  » – Magdalena KOZENA (Mezzo-soprano tchèque)

( Video : Magdalena KOZENA / Les MUSICIENS DU LOUVRE – Direction Marc MINKOWSKI)

 » Se pietà di me non senti  » est une aria de l’acte II du drame lyrique Giulio Cesare, quintessence de l’opéra séria ! Il fut composé par Georg Friedrich Haëndel en 1724 – Le livret est de Nicola Francesco Haym. Il est  très joué mais fort apprécié de nos jours, un succès qui était déjà au rendez-vous à l’époque puisqu’il a été à l’affiche durant 13 saisons.

Écrire …

 » Écrire ! Pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie de la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tâche d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse en fléchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé en papillon-fée.

Écrire, c’est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l’encrier d’argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu’une bienheureuse mort glace sur le papier la main qui écrit. Cela veut dire aussi l’oubli de l’heure, la paresse au creux du divan, la débauche d’invention d’où l’on sort courbatu, abêti, mais déjà récompensé et porteur de trésors qu’on décharge lentement sur la feuille vierge dans le petit cirque de lumière qui s’abrite sous la lampe.

Écrire ! Verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite que parfois la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide, et retrouver le lendemain, à la place du rameau d’or, miraculeusement éclos en une heure flamboyante, une ronce sèche, une fleur avortée.

Écrire ! Plaisir et souffrance d’oisifs ! Écrire ! J’éprouve bien, de loin en loin, le besoin vif comme la soie en été, de noter, de peindre. Je prends la plume pour commencer le jeu périlleux et décevant, pour saisir et fixer sous la pointe double et ployante, le chatoyant, le fugace, le passionnant adjectif. Ce n’est qu’une courte crise, la démangeaison d’une cicatrice.

Il faut trop de temps pour écrire ! Et puis … Je ne suis pas Balzac moi !  » Sidonie Gabrielle COLETTE dite COLETTE (Femme de Lettres française – Extrait de son livre La Vagabonde)

Colette, escritora camuflada y cabaretera famosa - ACALANDA Magazine
COLETTE ( 1873/1954)