Mon jardin sous mes mots …

 » Roses, jasmins, iris, lilas, volubilis,
cerisiers du Japon et jeunes arbousiers,
colorant le matin de leurs chants printaniers
adornent mon jardin de vivants ex-libris.

Abeilles et frelons s’y disputant les lys,
piétinent les pistils sans aucune pitié,
alors que, s’échappant des pages d’un herbier,
un papillon de nuit dévore un myosotis.

Solitaire et pensif, un arôme somnole
sous le dais argenté d’un antique olivier,
dont l’ombre de satin imite l’Acropole.

Dans mon jardin aussi, le soleil a planté
une pure fontaine, comme un encrier,
où je plonge ma plume et bois l’éternité. » Francis Etienne SICARD (Poète et écrivain français / Son poème Mon jardin sous mes mots a été écrit en 2009 )

Čeká už jen středeční večer, ať se vydaří a užijete si ho co ...
 » Le jardin et la fontaine  » Antonietta VARALLO

Il poursuivra sa croissance, sauf en ce point …

«  Je sens la respiration de la forêt, j’entend la croissance lente et inexorable du bois, je modèle ma respiration sur la respiration du végétal. Je perçois l’écoulement de l’arbre autour de ma main posée sur son tronc. La main s’enfonce dans le tronc de l’arbre qui, par la vitesse de sa croissance et la plasticité de la matière, devient l’élément fluide idéal pour être modelé. Le vecteur principal est le temps. L’homme a une temporalité différente de celle d’un arbre. En principe, si on empoignait un arbre que l’on avait la constance de ne pas bouger durant des années, la pression continue exercée par la main, modifierait l’arbre. La main devient une sorte d’excroissance, de cicatrice sur l’arbre, mais elle révèle aussi ses processus de développement, habituellement invisibles à l’œil nu  » Giuseppe PENONE (Artiste sculpteur  italien)

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas cet artiste : sachez qu’il est né en Italie en 1947. C’est une éminente figure de l’Arte Povera, un mouvement qui est centralisé sur la relation de la nature avec l’art et la culture. Passionné par l’univers végétal, et en particulier par les  arbres depuis l’enfance, il n’a eu cesse de s’interroger sur leur puissance et leur métamorphose au fil du temps, mais aussi sur l’empreinte que l’homme peut avoir avec la nature. Ses créations ont fait l’objet de nombreuses expositions y compris en France.

Il a réalisé de nombreuses pièces ayant un rapport avec les arbres dont celle-ci, célèbre, qui reste un exemple de son questionnement sur cet impact. En revenant en 1978, dix ans après son installation, Penone a constaté que l’arbre avait poursuivi sa croissance, sauf en ce point, et que la main, elle-même,  avait changé de forme à mesure que l’arbre avait  grandi.

Cours du 12 décembre 2014 – L'art moderne
 » Il poursuivra sa croissance, sauf en ce point  » main posée en 1968 dans les Alpes-Maritimes – Main en acier et arbre. (Vue prise à un moment de croissance de l’arbre – Photo Giuseppe PENONE et Dina CARRARA ) – Avant même de commencer à joindre cette main à l’arbre, le sculpteur a d’abord photographié sa propre main tenant un arbre, puis il a réalisé une sculpture en bronze et l’a fixée sur l’arbre. / La photo a été faite dix ans plus tard en 1978