Prendre un enfant par la main …

 » Prendre un enfant par la main
Pour l’emmener vers demain
Pour lui donner la confiance en son pas
Prendre un enfant pour un roi
Prendre un enfant dans ses bras
Et pour la première fois
Sécher ses larmes en étouffant de joie
Prendre un enfant dans ses bras
Prendre un enfant par le cœur
Pour soulager ses malheurs
Tout doucement, sans parler, sans pudeur
Prendre un enfant sur son cœur
Prendre un enfant dans ses bras
Mais pour la première fois
R des larmes en étouffant sa joie
Prendre un enfant contre soi
Prendre un enfant par la main
Et lui chanter des refrains
Pour qu’il s’endorme à la tombée du jour
Prendre un enfant par l’amour
Prendre un enfant comme il vient
Et consoler ses chagrins
Vivre sa vie des années, puis soudain
Prendre un enfant par la main
En regardant tout au bout du chemin
Prendre un enfant pour le sien « Yves DUTEIL (Auteur-compositeur-interprète français
PRENDRE UN ENFANT PAR LA MAIN
Tableau : SAND (Artiste peintre française)

Le pont de l’Europe … Gustave CAILLEBOTTE

 » Caillebotte fut probablement témoin de la dernière phase de la construction du pont de l’Europe qui fut inauguré en 1868. Cette vaste construction de fer, qui enjambe les rails de la gare St-Lazare, a immédiatement fasciné le public. Dès 1867, le Guide de Paris mentionne cette curieuse structure métallique qui  » étonne par sa forme bizarre et par son immensité « . Le sujet est résolument moderne, à la fois par son architecture en fonte et par sa situation près d’une gare. «  Ces cathédrales de l’humanité nouvelle où se déploie la religion du siècle écrit Théophile Gautier, sont le point de rencontre des nations, le centre ou tout converge  ».

Selon une légende familiale, la fascination de Caillebotte pour le pont de l’Europe fut telle, qu’il se fit construire un omnibus de verre afin de pouvoir l’observer et le peindre par tous les temps. Contrairement aux vues de la gare Saint-Lazare peintes à la même époque par Monet (Caillebotte en achètera trois versions) où l’écran de fumée obstrue la vision, l’image du pont est très nette.

En effet, le peintre ne cherche pas à décomposer le sujet mais, au contraire, à l’inscrire dans une géométrie inflexible. Le regard est contraint de suivre les principales lignes de composition : une série de diagonales qui, dans un effet de pénétration accélérée, convergent vers un point de fuite situé de façon inhabituelle au centre de la toile. Un critique écrit :  » Mr Caillebotte, si remarquable par son mépris de la perspective, saurait très bien, s’il voulait, faire la perspective comme le premier venu. Mais son originalité y perdrait. Il ne fera pas cette faute !  »

La perspective est soulignée par les barres obliques qui constituent un relais entre le grand angle du premier plan et le second plant. Cependant, le peintre joue subtilement sur l’orientation des regards pour contredire la rigidité de la perspectives. Un couple de promeneurs s’avance vers le spectateur.Attiré dans la même direction que celui de l’homme, notre regard est progressivement reconduit vers le premier plan, sur le personnage accoudé à la balustrade. Tourné vers la droite, il nous incite, à son tour, à fixer notre regard dans une direction perpendiculaire à l’axe du tableau. A ce chassé-croisé oculaire s’ajoute une composition toute en contraste. Contraste entre l’élégance du couple bourgeois et la mélancolie de l’ouvrier ; entre la singularité des figures et la répétition rythmique des croisillons de fer brut ; entre le bleu azur du ciel et le gris métallique des poutrelles.

Le pont de Caillebotte est fragmenté, arbitrairement interrompu par le bord de la toile. Chaque personnage est orienté dans une direction différente. Les regards ne se croisent pas, les mouvements sont figés. Les individus paraissent artificiellement réunis par la perspective, la coexistence sociale n’implique pas d’échanges. » Itzhak GOLDBERG (Professeur de l’histoire de l’Art à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne, critique d’art français au Journal des Arts, et à de nombreuses reprises : commissaire d’expositions.)

PONT EUROPE CAILLEBOTTE
 » Pont de l’Europe  » Gustave CAILLEBOTTE

 

 

 

La solitude dans un beau jardin …

 » La solitude dans un beau jardin, sous des arbres auxquels se rattachent les plus grands souvenirs dont l’esprit de l’homme puis être rempli, possède un charme sans égal peut-être au monde  » Christina TRIVULZIO-BELGIOSO dite Princesse De BELGIOSO   (Femme de Lettres et journaliste italienne. Extrait de son livre Souvenirs de voyage/1858 )

ARBRE Marc DALESSIO
Tableau de Marc DALESSIO

Ombrelles …

 » Pareilles à des fleurs étranges qui nageraient, les ombrelles de soie rouge, verte, bleue ou jaune des barreuses, s’épanouissent à l’arrière des canots. Un soleil de juillet flamboie au milieu du ciel, l’air semble plein d’une gaieté brûlante. Aucun frisson de brise ne remuait les feuilles des saules et des peupliers …  » Guy De MAUPASSANT (Écrivain et journaliste littéraire français –  Extrait de son livre La femme de Paul)

Ombrelle Edward CUCUEL
Tableau : Edward CUCUEL
ombrelle Henri LEBASQUE
Tableau : Henri LEBASQUE
OMBRELLE Colin Campbell
Tableau : Colin CAMPBELL
OMBRELLE Alexander AVERIN
Tableau : Alexander AVERIN

Année BEETHOVEN : Sonate pour piano N°4 Op.7 dite La Grande …

 

( Vidéo : Molto Allegro : Murray PERAHIA au piano)

C’est Beethoven qui la qualifiera de Grande, probablement en raison du fait qu’elle était la plus longue de ses Sonates avant qu’il ne compose la Hammerklavier.  Elle fut écrite entre 1796 et 1797, dédiée à l’une de ses jeunes élèves : la comtesse Anna Luisa Barbara Keglevics dite Babette.

Beethoven avait connu la famille Keglevics à Bratislava (Slovaquie). Il était venu pour  des concerts dans leur somptueux palais, et le père de la jeune fille avait absolument tenu à ce qu’il donne des leçons de piano à sa fille. L’histoire raconte que le compositeur  était logé non loin de la demeure Keglevics et qu’il venait donc le matin, en pantoufles et robe de chambre, pour donner ses cours.  Il semblerait, par ailleurs, que Ludwig ne fut pas insensible au charme de Babette …

anna_luisa_keglevics
Anna Luisa Barbara KEGLEVICS

 

C’est une partition expressive, éclatante, haletante,  majestueuse, pleine d’ampleur, avec un Largo magnifique, quasi méditatif, et un final absolument délicieux.

 

(Vidéo : Largo / Murray PERAHIA au piano)

(Vidéo : Rondo / Murray PERAHIA au piano )

Écrire …

 » Écrire ! Pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie de la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tâche d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse en fléchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé en papillon-fée.

Écrire, c’est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l’encrier d’argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu’une bienheureuse mort glace sur le papier la main qui écrit. Cela veut dire aussi l’oubli de l’heure, la paresse au creux du divan, la débauche d’invention d’où l’on sort courbatu, abêti, mais déjà récompensé et porteur de trésors qu’on décharge lentement sur la feuille vierge dans le petit cirque de lumière qui s’abrite sous la lampe.

Écrire ! Verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite que parfois la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide, et retrouver le lendemain, à la place du rameau d’or, miraculeusement éclos en une heure flamboyante, une ronce sèche, une fleur avortée.

Écrire ! Plaisir et souffrance d’oisifs ! Écrire ! J’éprouve bien, de loin en loin, le besoin vif comme la soie en été, de noter, de peindre. Je prends la plume pour commencer le jeu périlleux et décevant, pour saisir et fixer sous la pointe double et ployante, le chatoyant, le fugace, le passionnant adjectif. Ce n’est qu’une courte crise, la démangeaison d’une cicatrice.

Il faut trop de temps pour écrire ! Et puis … Je ne suis pas Balzac moi !  » Sidonie Gabrielle COLETTE dite COLETTE (Femme de Lettres française – Extrait de son livre La Vagabonde)

Colette, escritora camuflada y cabaretera famosa - ACALANDA Magazine
COLETTE ( 1873/1954)

La cueillette des cerises …

Cerise Theodor_LEVEQUE
 » La cueillette des cerises  » Théodor LEVEQUE

 » Espiègle ! j’ai bien vu tout ce que vous faisiez,
Ce matin, dans le champ planté de cerisiers
Où seule vous étiez, nu-tête, en robe blanche.
Caché par le taillis, j’observais. Une branche,
Lourde sous les fruits mûrs, vous barrait le chemin
Et se trouvait à la hauteur de votre main.
Or, vous avez cueilli des cerises vermeilles,
Coquette ! et les avez mises à vos oreilles,
Tandis qu’un vent léger dans vos boucles jouait.
Alors, vous asseyant pour cueillir un bleuet
Dans l’herbe, et puis un autre, et puis un autre encore,
Vous les avez piqués dans vos cheveux d’aurore ;
Et, les bras recourbés sur votre front fleuri,
Assise dans le vert gazon, vous avez ri ;
Et vos joyeuses dents jetaient une étincelle.
Mais pendant ce temps-là, ma belle demoiselle,
Un seul témoin, qui vous gardera le secret,
Tout heureux de vous voir heureuse, comparait,
Sur votre frais visage animé par les brises,
Vos regards aux bleuets, vos lèvres aux cerises. » François COPPÉE (Poète,écrivain et dramaturge français – Extrait de son recueil Promenades et Intérieurs/1872 )

 

 

Chaque baiser …

 » Chaque baiser appelle un autre baiser. Ah dans ces premiers temps où l’on aime, les baisers naissent si naturellement ! Ils foisonnent si pressés les uns contre les autres, et on aurait autant de peine à compter les baisers qu’on s’est donnés pendant une heure que les fleurs d’un champ au mois de mai.  » Marcel PROUST (Écrivain français -Extrait de son roman A la recherche du temps perdu )

BAISER Carolus DURAN
Tableau de Carolus DURAN