La joie …

« La joie découle d’une plénitude. Elle crie notre plaisir d’être vivants, là, éblouis par ce qui nous entoure. Se réjouir et jouir, telle s’avère la joie. Elle ne demande rien, elle ne déplore rien, elle ne se plaint de rien. Elle célèbre. Elle remercie. La joie est gratitude.
Quelle légèreté nous apporte la joie en nous délestant de ce qui nous alourdit, ambitions, regrets, remords, obsessions, amertumes, illusions, prétentions ! Notre époque n’aime pas la joie. Elle aime l’étourdissement et le divertissement, ces pratiques qui nous arrachent à l’ennui ou l’affliction sans approcher la joie. Dans le joyeux, elle ne voit qu’un abruti, jamais un sage. Or, il y a une sagesse de la joie. Heureux de vivre, non seulement je consens mais j’aime: je consens à ce qui existe et j’aime ce qui tombe sous mes sens. J’épouse et j’adore l’univers. » Eric-Emmanuel SCHMITT (Dramaturge, nouvelliste, romancier, réalisateur et comédien franco-belge)

JOIE Steve HANKS
Tableau de Steve HANKS

 

Année BEETHOVEN : Missa Solemnis Op.123…

BEETHOVEN Karl Joseph STIELER
 » Beethoven travaillant Missa Solemnis  » par Karl Joseph STIELER

 » Le jour où une messe solennelle composée par moi sera exécutée durant les cérémonies de consécration de votre Altesse impériale, comptera parmi les jours les plus glorieux de ma vie et Dieu m’assistera afin que mes pauvres talents puissent contribuer à la gloire de ce jour.  » Ludwig V.BEETHOVEN

Par ces mots, le compositeur entendait féliciter l’archiduc Rodolphe ( frère de l’empereur François) son élève, qui venait d’être nommé archevêque d’Olmütz (Moravie)   en avril 1819. Dans un premier temps, il avait l’intention de pouvoir  terminer Missa Solemnis pour l’intronisation. Mais il mettra plus de trois ans pour l’achever , s’interrompant de temps à autre pour écrire certaines autres partitions de sa composition. La création du Kyrie,Credo et Agnus Dei  aura lieu en Russie, à Saint-Pétersbourg en 1824, en même temps que la 9e symphonie , puis en 1827 en intégrale  à Warnsdorf.

Les différentes parties : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus et Agnus Dei ont été composées progressivement : Le Kyrie et le Gloria et quasi tout le Credo datent de 1819, certaines autres parties le furent entre 1820 ( année où il termina définitivement le Credo)  et 1821. La partition semblait achevée en 1822, mais elle fera l’objet de révisions en 1823. La parution de Missa Solemnis se fera en 1827, après le décès de Beethoven. C’est réellement un travail de composition qu’il a beaucoup aimé. Du Kyrie, il dira « venant  du cœur, qu’il retourne  au cœur  »

C’est une œuvre assez longue ( 80 minutes env.), expressive , essentiellement chorale,  grandiose, puissante, fascinante, complexe, éloquente, lumineuse, avec une superbe palette de couleurs orchestrales . Techniquement exigeante et redoutable, représentant on peut le dire un véritable défi d’interprétation car demandant  beaucoup à la voix et à l’orchestre, ce qui fait qu’elle n’est pas très souvent programmée.

Tout en étant assez ancrée dans la tradition, son contenu très novateur  va au-delà d’une pièce lithurgique.

Les interprétations intéressantes de cette partition sont nombreuses. J’ai, personnellement, une attirance pour la version précise et riche de Herbert V.Karajan. Ce dernier l’a très souvent dirigée, enregistrée et l’affectionnait tout particulièrement.

( Vidéo : Herbert V.KARAJAN à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE de BERLIN et selon les différentes parties vocales  : Grandula JANOWITZ  – Christa LUDWIG  – Fritz WUNDERLICH  et le SINGVEREIN de VIENNE (Chœur de concert de la Société des amis de la musique de Vienne)