Les mots …

 » Parfois les mots manquent de sens, ou s’ils en ont eu, ils l’ont perdu en chemin. Moi je continue de croire à la force des mots pour mettre à plat les choses, les faits et ensuite mesurer s’ils doivent être changés ou non. La valeur que je donne aux mots m’a appris qu’ils ont un sens profond du respect humain et souffrent quand on les utilise mal. Je choisis des mots qui me permettent de raconter l’univers, et comme je suis fidèle aux miens, à ceux dont l’effet pour résister rend la vie possible, je raconte et je résiste. » Luis SEPÙLVEDA ( Poète, romancier et cinéaste chilien – Extrait de son livre Une vie de passions formidables )

Chilean writer Luis Sepulveda in Madrid
Louis SEPÙLVEDA 1949/2020

Romances sans paroles : Brise de Mai – Chant du matin – Chanson du printemps Op. 62 … Félix MENDELSSOHN

FELIX MENDELSSOHN 2.jpg
Félix MENDELSSOHN ( 1809/1847)

 

( Vidéo : BRISE DE MAI – Ginette DOYEN au piano )

» Si vous me demandez à quoi j’ai pensé en écrivant à telle ou telle pièce, je dirai « le chant », simplement le chant en tant qu’unité ; et si j’avais des paroles en tête pour l’un ou l’autre de ces chants, je ne voudrai pas les divulguer puisque les mots ne signifieraient jamais la même chose pour des personnes différentes. Seul le chant peut susciter les mêmes émotions chez l’un ou chez l’autre, sentiment qui ne peut être exprimé par des mots. » Félix MENDELSSOHN à propos de ces pièces.

Les Romances sans paroles de Mendelssohn sont des sortes de petits lieders pour piano,  regroupées en huit Opus – Des pièces écrites dès l’âge de 19 ans et qu’il a continué de composer jusqu’à la fin de sa vie. Elles furent  dédiées pour la majeure partie à des femmes : OP.19 ( 1829/1830 – OP.30 ( 1833/1834) – OP.38 ( 1836/1837 ) – OP.53 (1839/1841) – OP. 62 (1844 ) – OP.67 (1843/1845 ) – OP.85 ( publié à titre posthume ) et l’OP.102  ( publié à titre posthume).

On les appelait alors Mélodies originales ou Romances. Ce n’est que bien plus tard qu’elles prendront le nom que l’on connait aujourd’hui.

C’est presque un journal intime. On les écoute un peu comme on lit un recueil de poésie. Le temps s’écoule sans qu’on ne le voit passer …  Ce sont des pièces qui se suffisent à elles-mêmes, toutes différentes, ayant chacune sa propre identité, son caractère. Elles sont  vraiment très belles, sensibles, concises, séduisantes, vivaces ou sereines, irrésistibles, raffinées,  lyriques, inventives, poétiques, délicieuses, heureuses, délicates, émouvantes, insouciantes, virtuoses.

Celles présentées ce jour  font partie de l’Opus 62 dédié à Clara Schumann – Il fut composé entre 1842 et 1844.

( Vidéo : CHANT DU MATIN – Daniel BARENBOIM au piano )

(Vidéo : CHANSON DU PRINTEMPS – Vladimir HOROWITZ  au piano )

« Qui ne s’est assis quelque jour, aux heures du crépuscule, devant un clavecin et n’a pas, sans s’en apercevoir, en pleine improvisation, chanté quelque légère mélodie ? Si l’on peut alors, par hasard, lier, avec les seules mains l’accompagnement à la mélodie, et surtout si l’on est un Mendelssohn, voilà les plus belles romances sans paroles du monde. On arriverait encore plus facilement à ce résultat si l’on composait exprès des textes pour la mélodie, textes que l’on effacerait au moment de livrer l’œuvre au public; mais alors ce n’est pas franc, c’est une espèce de tricherie. Il faudrait faire de cela une épreuve de la netteté du sentiment musical que l’on a peint, et donner l’occasion au poète dont on tait les paroles de parodier un nouveau texte sur la composition de sa romance. S’il se rencontrait, en ce cas, avec le premier texte, ce serait une marque de plus de la sûreté de l’expression musicale du compositeur. » Robert SCHUMANN ( Compositeur allemand – A propos des Romances sans paroles de Mendelssohn )