Année BEETHOVEN : Grande Fugue op.130 …

BEETHOVEN par MAHLER
 » Ludwig V.Beethoven  » 1815 – Willibrord Joseph MÄHLER

« Mieux vaut revenir à l’étonnement face à cette œuvre, l’écouter et la réécouter comme totalement nouvelle, inconnue. Nous ne manquerons pas de nous rendre compte que la grande fugue appartient à un univers de conflits. La Grande Fugue est une immense progression symphonique, à la somptuosité quasi orchestrale, mais pas une œuvre de total triomphe, car l’exultation de ses phases d’élan ascensionnel conserve presque toujours une couleur tragique. »André BOUCOURECHLIEV (Musicologue à propos de la Grande Fugue)

( Vidéo : Le QUATUOR BUSCH )

Boucourechliev avait  raison, la Grande Fugue est réellement une partition qui nous plonge dans un univers de conflits. C’est, en effet, cette lutte de l’esprit toujours plus vive et plus forte qui a tant caractérisé  Beethoven dans sa musique et qui ne le quittera jamais.

C’est une œuvre composée entre 1824/25. Le compositeur était sourd, torturé, désespéré. Ce morceau a été, au départ, le dernier mouvement ( final ) du Quatuor 130. Un mouvement qui ne fut pas tellement apprécié par le public à l’époque, mais que Beethoven va absolument tenir à conserver malgré tout. Il le fera donc publier seul et lui donnera le nom qui est le sien aujourd’hui. Il faudra attendre le XXe siècle pour que cette page soit réellement reconnue et appréciée à sa juste valeur.

Elle est incroyablement visionnaire, complexe, expressive, puissante, surprenante, grandiose, dramatique, exigeante, longue, passe par des moments dans l’ombre et d’autres plus lumineux et enfin comme l’avait dit un jour Igor Stravinsky : elle est  contemporaine et restera à jamais contemporaine.

Quand je bois du thé …

« Le thé est un acte complet dans sa simplicité. Quand je bois du thé, il n’y a que moi et le thé. Le reste du monde se dissout. Je ne m’inquiète pas pour l’avenir. Je ne m’attarde pas sur les erreurs du passé. Le thé est simple : des feuilles de thé  en vrac, de l’eau chaude et une tasse. J’inhale le parfum. Des petits morceaux délicats de thé flottent au-dessus de ma tasse. Buvez votre thé lentement, avec révérence, comme si c’était l’axe sur lequel tourne la terre du monde, lentement, uniformément, sans se précipiter ver l’avenir. » THICH NHAT HANH ( Moine zen vietnaniem )

the matin

Le Thé …Mary CASSATT

 » Tout au long de sa carrière Mary  Cassatt représenta des jeunes femmes plutôt aisées, dans leurs activités quotidiennes. Le thé était pour elle un rituel que l’artiste représenta à plusieurs reprises. Reconnue pour son talent pour la peinture à l’huile, le pastel et la gravure, elle exécuta des tableaux empreints de sensibilité, représentant des femmes et des enfants, comme par exemple Le Thé, avec ses tons doux et sa touche légère.

LE THE Mary CASSATT
 » Le Thé  » 1880 env. Mary CASSATT

Linda Simpson, la sœur aînée de Mary Stevenson Cassatt, figure dans plusieurs tableaux. Sa main levée vers son menton fait retomber la dentelle de sa manche. Pensive et détendue, elle regarde au loin, à moins qu’elle  n’observe quelqu’un ou quelque chose. Vêtue d’une robe marron toute simple, les cheveux châtains sagement coiffés en chignon, elle se détache de deux motifs contrastés : les rayures du papier peint et les fleurs du coussin.

Si l’identité de l’invitée n’est pas confirmée, il s’agit sans doute d’une amie de la famille. Le visage en partie masqué par sa tasse, elle semble figée dans l’instant. Toutefois, ce n’est pas un simple cliché. Cette œuvre présente plusieurs niveaux créatifs. Cassatt a mis l’accent sur le motif, ici ce sont les formes arrondies du chapeau de la jeune femme, la tasse et la soucoupe.

En ce qui concerne le service à thé, il est disposé sur un plateau d’argent. Élégant, étincelant, il dénote une famille fortunée. Ce service, en effet, appartenait à la famille Cassatt et fut fabriqué à Philadelphie vers 1813. Les objets sont définis par des contours sombres, tandis que l’aspect métallique de l’argent est souligné par des reflets marqués qui font de ce service un élément aussi essentiel que les jeunes femmes elles-mêmes.

La cheminée de marbre est représentée à l’aide de traits légers rappelant une esquisse. Elle est en marbre, surmontée d’un cadre ouvragé figurant un vase en porcelaine. Ce décor caractéristique d’un intérieur bourgeois parisien est identifiable par le spectateur. La ligne horizontale du manteau de cheminée attire également le regard sur l’aspect humain de cette œuvre.

La touche légère, les couleurs subtiles et les effets de lumière sont inspirés de Pissarro, tandis que la composition symétrie et les bordures nettes dénotent l’influence de Edgar Degas et des artistes japonais. Comme Degas, et, au contraire d’autres impressionnistes, Cassatt peignait rarement à l’extérieur, mais elle saisit à merveille des moments naturels tel l’objectif d’un appareil photo.

L’influence réciproque qu’il y a eu entre Edgar Degas et Mary Cassatt est manifeste dans leurs œuvres. Ils furent amis à une certaine époque où la plupart des hommes la considéraient qu’une femme était incapable de toute pensée logique. Grâce à elle, Degas découvrit les aspirations des femmes : le droit de vote, l’évolution de leur tenue vestimentaire, l’égalité de leurs droits. Il accompagnait aussi Mary dans les boutiques de mode, ce qui, d’ailleurs, va l’inciter à peindre plusieurs scènes d’un Paris méconnu des hommes. Des tableaux dans un contexte exclusivement féminin . «  Susie HODGE (Historienne de l’art, journaliste, écrivain