L’histoire du football …

 » L’histoire du football est un voyage triste, du plaisir au devoir. À mesure que le sport s’est transformé en industrie, il a banni la beauté qui naît de la joie de jouer pour jouer. En ce monde de fin de siècle, le football professionnel condamne ce qui est inutile, et est inutile ce qui n’est pas rentable. Il ne permet à personne cette folie qui pousse l’homme à redevenir enfant un instant, en jouant comme un enfant joue avec un ballon de baudruche et comme un chat avec une pelote de laine : danseur qui évolue avec une balle aussi légère que la baudruche qui s’envole et que la pelote qui roule, jouant sans savoir qu’il joue, sans raison, sans chronomètre et sans arbitre.
Le jeu est devenu spectacle, avec peu de protagonistes et beaucoup de spectateurs, football à voir, et le spectacle est devenu l’une des affaires les plus lucratives du monde, qu’on ne montre pas pour jouer mais pour empêcher qu’on ne joue. La technocratie du sport professionnel a peu à peu imposé un football de pure vitesse et de grande force, qui renonce à la joie, atrophie la fantaisie et proscrit l’audace. » Eduardo GALEANO (Écrivain, journaliste et dramaturge uruguayen – Extrait de son livre Le Football : ombre et lumière/1995)

Eduardo GALEANO
Eduardo GALEANO 1940/2015

A la découverte de Blanche HOSCHEDÉ …

HOSCHEDE Blanche à 14 ans Claude MONET
 » Blanche à 14 ans  » – Claude MONET ( Un portrait qu’elle a conservé jusqu’à son décès en 1947, dans sa collection personnelle. Elle en a fait don à l’État français, lequel l’a placé dans le musée des Beaux Arts de Rouen ( ville où elle avait vécu après son mariage avec Jean Monet et où elle a été reconnue en tant que peintre.)

 » Regarde la nature et peins ce que tu vois comme tu le peux.  » Claude MONET à Blanche HOSCHEDÉ

Elle est née en 1865. Ses parents sont Alice et Ernest Hoschedé. Son père était un négociant en tissus de luxe, un collectionneur averti, mécène de l’impressionnisme. C’est lui qui, le premier, fera l’acquisition du tableau de Claude Monet Impression soleil levant en 1874. Il demandera au peintre de bien vouloir venir s’occuper des décorations de sa maison à Montgeron, et c’est ainsi que les deux familles, Monet et Hoschedé, se rencontreront et se lieront d’amitié.

Lorsque Ernest fera faillite en 1878, il perdra tous ses biens. Sa vie sociale ne sera plus la même qu’autrefois, où il dépensait sans compter,  et il vivra très mal cette situation. C’est pourquoi il va préférer s’enfuir en Belgique en abandonnant son épouse et leurs quatre enfants. Il ne reviendra jamais et décédera là-bas en 1891.

En 1879 Monet se retrouve veuf avec deux fils. Il décide donc de s’occuper de la famille d’Alice . Tout ce petit monde va donc vivre sous le même toit, d’abord à Vétheuil, puis à Poissy et enfin à Giverny. Monet et Alice finissent par avoir une liaison, laquelle sera très mal vue à l’époque. Il ne l’épousera qu’en 1892 en présence notamment de Gustave Caillebotte et dira à qui veut bien l’entendre :  » ce n’est pas une noce, simplement un acte, une formalité « . Financièrement, la situation est assez difficile à l’époque,  compte tenu que Monet a perdu son principal mécène, mais les choses s’arrangeront peu à peu.

Monet se retrouva donc à la tête d’une grande famille. Tout le monde s’appréciait, sauf une fille Hoschedé ( Marthe) qui ne sera jamais heureuse dans cette recomposition. Des quatre enfants d’Alice, celle qui sera la plus proche de Monet, c’est Blanche.

 » J’ai vu Claude Monet la première fois en 1876. J’avais onze ans mais je me souviens fort bien de son arrivée à Montgeron chez mes parents. On nous l’avait annoncé comme étant un grand artiste. Il m’a frappé et j’ai eu, tout de suite, de la sympathie pour lui. J’ai toujours admiré une toile de lui qui représentait une femme assise dans l’herbe. J’ai su plus tard qu’il s’agissait de Madame Monet ….  » Blanche dans son journal

HOSCHEDE famille
Assis par terre Michel – Derrière lui Alice Hoschedé – Debout derrière elle Claude Monet – Jean-Pierre, Blanche, Jean, Jacques (debout ) Marthe (devant premier plan) Germaine et Suzanne en 1886

La peinture attire la jeune fille et ce de façon tout à fait naturelle. Elle sera l’élève privilégiée et unique de Monet, l’accompagnant là où il plantait son chevalet, peignant sur le motif. Non seulement elle le regardait peindre, mais lui vouait une grande admiration, apprenait , lui servait de modèle parfois, et peignait elle aussi. Comme lui elle va opter pour la peinture à l’huile sur toile.

HOSCHEDE blanche peignant
 » Blanche peignant et Suzanne lisant  » Claude MONET

En 1897, elle épouse Jean, le fils aîné de Claude. Les deux jeunes époux quittent Giverny pour Rouen. Blanche continuera dans sa passion de la peinture avec, en elle, tout ce savoir et cette expérience que lui avait transmis son beau-père. C’est dans cette ville qu’elle va acquérir une certaine réputation et être reconnue en tant que peintre. Lorsque son mari tombera gravement malade en 1913, ils reviendront s’installer auprès de Claude veuf pour la seconde fois. Jean décédera quelques mois plus tard.

Dès lors, Blanche va abandonner la peinture pour ne se consacrer qu’à son beau-père, essayant de lui remonter le moral et s’occupant de tout dans la maison. A la mort du peintre en 1926, son deuxième fils lui confiera la maison de Giverny. C’est à partir de ce moment-là qu’elle va se remettre à peindre : les sujets étaient nombreux dans la propriété et du reste, chose assez troublante, il y a dans les toiles de Blanche, la reprise des mêmes motifs que Monet. Il y en a d’autres également qu’elle choisira lors de ses voyages en France et en Italie.

HOSCHEDE la maison à Giverny 2
« La maison à Giverny »  Blanche HOSCHEDÉ
HOSCHEDE La meule
 » La meule  » – Blanche HOSCHEDÉ
HOSCHEDE la Salute à Venise
 » La Salute à Venise  » Blanche HOSCHEDÉ

Durant la seconde guerre mondiale, elle habitera à Giverny, entretiendra non seulement la maison, le jardin etc…(réussissant même à lui éviter l’occupation allemande) , mais aussi et surtout la mémoire de son beau-père. Toutefois, elle ne sera pas l’héritière de cet ensemble et des collections puisque ce sera  Michel, le second fils de Monet.

Blanche a apporté à ses toiles de la sensibilité, une certaine poésie, de la lumière et de la douceur. Elle a puisé toute son inspiration dans la nature tournée vers l’extérieur. Elle a aimé les fleurs, les paysages, les natures-mortes. A une époque où il était de bon goût qu’une jeune fille apprenne la broderie et le piano, Blanche va préférer prendre son pinceau et peindre auprès de Monet avec lequel elle entretiendra toujours une relation filiale privilégiée.

HOSCHEDE le jardin à Giverny
 » Dans le jardin à Giverny  » Blanche HOSCHEDÉ
HOSCHEDE le pont et l'étang aux nymphéas
 » Le pont et l’étang aux nymphéas  » Blanche HOSCHEDÉ
HOSCHEDE La roseraie de Monet à Giverny
 » La roseraie à Giverny  » – Blanche HOSCHEDÉ

D’une nature plutôt généreuse, discrète et humble, elle n’a jamais cherché à faire carrière, ni tirer profit de ses toiles. C’est la raison pour laquelle son œuvre est restée un peu méconnue aux  yeux du grand public  et que les expositions sur elle viendront un peu tardivement. Mais il y en aura beaucoup malgré tout avec les années.

Elle est décédée à Nice en décembre 1947. Elle était venue profiter d’un climat plus chaud qu’en bord de Seine durant l’hiver.

HOSCHEDE photo
Blanche ( en blanc devant ) avec à ses côtés Claude Monet ( barbe blanche ) , Madame Kuroki (nièce d’un collectionneur japonais),  Georges Clémenceau et à l’arrière Alice Butler (nièce de Blanche)