S’il est un charmant gazon …

« S’il est un charmant gazon
que le ciel arrose,
où brille en toute saison
quelque fleur éclose,
où l’on cueille à pleine main
lys, chèvrefeuille et jasmin,
j’en veux faire le chemin
où ton pied se pose! » Victor HUGO  (Écrivain, dramaturge, poète, romancier, dessinateur français –  Extrait de son poème Nouvelle chanson sur un vieil air / 1834 )

PIEDS NUS Donald ZOLAN
Tableau Donald ZOLAN

La gourmandise …

 » De toutes les passions, la seule vraiment respectable me paraît être la gourmandise. Variable à l’infini malgré les siècles et les travaux des grands cuisiniers, la gourmandise réside dans l’exquise délicatesse du palais et dans la multiple subtilité du goût que peut seule posséder et comprendre une âme de sensuel cent fois raffiné. Les vrais gourmands sont rares, comme les hommes de goût  » Guy de MAUPASSANT ( Phrases extraites de l’article Amoureux et primeurs  paru dans Le Gaulois en 1881  )

gourmande LA PETITE GOURMANDE de Pierre LUSSIER
 » La petite gourmande  » de Pierre LUSSIER

Année BEETHOVEN : Symphonie N°7 Op.92 …

BEETHOVEN Beethoven au piano Lithographie Leonid Pasternak
 » Beethoven au piano  » – Lithographie de Leonid PASTERNAK (peintre russe)

 » L’interprétation fut magistrale malgré la direction de Beethoven à la fois confuse et comique. On s’aperçoit que le pauvre maître, presque totalement sourd, n’entendait plus les passages piano de sa propre musique. Malheureusement cette infirmité fut encore plus évidente durant la deuxième moitié du premier mouvement de la symphonie. Ce passage comporte deux pauses qui se suivent très rapidement et la seconde précède un pianissimo. Beethoven, durant l’exécution a dû oublier ce passage. En effet, il recommença à marquer le tempo avant que l’orchestre n’arrive à la seconde pause. Ainsi, sans qu’il s’en rende compte, Beethoven eut bientôt dix à douze mesures d’avance sur l’orchestre. Durant le crescendo suivant, au moment où, selon lui, le forte devant commencer, il leva les bras en faisant un bond. Comme il ne se produisit aucun forte, il regarda autour de lui d’un air inquiet et fixa haineusement l’orchestre qui attaquait seulement le pianissimo. Il ne comprit véritablement ce qui se passait que lorsque surgit, tout à coup, le forte qu’il n’attendait plus …  » Ludwig SPOHR (Compositeur, violoniste, chef d’orchestre et pédagogue allemand)

Malgré ce petit souci raconté par le compositeur, violoniste, chef et pédagogue allemand Ludwig Spohr, qui était présent lors de l’interprétation de cette œuvre passionnée (moment qui, soit dit en passant,  a très probablement été tragique pour Beethoven), cette Symphonie a connu un véritable triomphe lors de sa création à Vienne en 1813, particulièrement le saisissant  2nd mouvement (allegretto)  que le public va bisser . Il est, d’ailleurs, souvent joué seul de nos jours. A noter que cette œuvre fut jouée à l’époque au profit des soldats autrichiens blessés ou morts lors de leur combat avec les français. Le public viennois la ressentira comme un espoir heureux et optimiste.

Elle fut composée entre 1811 et 1812 , dédiée à son ami, mécène et collectionneur, le  comte Moritz Von Fries. On sent le Beethoven révolutionnaire dans son langage, efficace dans son écriture.  Elle est réellement l’une de ses plus belles et passionnantes symphonies  : riche mélodiquement parlant, triomphante dans le rythme, étonnante, mélange savoureux et troublant de dramatique et de romantique, complexe, somptueuse, vigoureuse. Débutant lentement, le rythme prend place de façon assez obsédante, en variations diverses.

Cette œuvre (notamment le 2nd mouvement )  a souvent été utilisée par le cinéma. Quelques exemples : Le discours d’un roi de Tom Hooper – Irréversible de Gaspard Noé – Diplomatie de Volker Schlöndorff – Prédiction de Alex Proyas – The man from Earth de Richard Schenkman etc etc …

( Vidéo : Carlos KLEIBER à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE  de VIENNE)