La mode chez claude MONET …

MONET Camille la robe verte
 » Camille ou la robe verte  » – Claude MONET

« Les premiers tableaux impressionnistes de Monet font l’éloge de la figure humaine, et tout particulièrement de la silhouette féminine. Comme Renoir, Monet trouva dans les robes, les accessoires, les tissus parant ses modèles, le support idéal de son ambition picturale.

Peindre des figures en plein air fut un enjeu majeur pour Claude Monet dans les années 1860. Aussi, Camille prêta t-elle volontiers sa silhouette et ses toilettes pour les quatre figures qui composent les Femmes au jardin. La robe blanche agrémentée de quelques accessoires au goût du jour ( un chapeau noué par un large ruban jaune et une ombrelle) réapparaît à nouveau, comme la robe de mousseline à pois noirs. Dans ce tableau peint à la lumière éclatante du jour, les jupes soutenues par d’amples crinolines déploient leur blancheur estivale. L’espace clos et ordonné de ce jardin privé de Ville d’Avray, au sud-ouest de Paris, devient le lieu d’une mise en scène. Ici, l’éclat de l’habit est l’honnêteté de la pose importent plus que le détail des physionomies. Les visages sont détournés ou dissimulés, ces femmes ne sont qu’apparences. Leurs atours sont réalistes, mais elle ne sont que les archétypes d’une société de loisirs. Du reste, Zola plébiscite cette nouvelle peinture et exprime combien Monet  » aime nos femmes, leur ombrelle, leurs gants, leurs chiffons, jusqu’à leurs faux cheveux et leur poudre de riz, tout ce qui les rend fille de notre civilisation« .

MONET Femmes au jardin
 » Femmes au jardin  » – Claude MONET

D’une certaine manière, Claude Monet peint les accessoires à la mode plus que les corps et les visages. En 1866, il donne la preuve de sa virtuosité en réalisant, à la hâte un portrait de Camille qui doit remplacer son Déjeuner sur l’herbe inachevé pour le Salon. La silhouette de la jeune femme se découpe sur un fond sombre qui met parfaitement en valeur les ondoiements de la soie rayée de vert et de noir de sa jupe. La pose de trois-quarts dos est empruntée aux gravures de mode qui présentent volontiers les robes à tournures et à traînes sous ce point de vue avantageux. Cette toile, traditionnelle par sa composition et sa forme somme toute atypique dans l’œuvre de Monet, rencontrera un succès immédiat.

MONET Bazille et Camille
 » Bazille et Camille  » – Claude MONET

En 1868, le peintre revient au portrait d’apparat avec Madame Gaudibert. La jeune épouse d’un négociant havrais figure dans son intérieur portant une tenue d’un beige soutenu agrémenté d’un large châle cachemire. La encore, Monet dérobe le visage au regardeur : le tableau est particulièrement mal reçu car la délicatesse de la chair comme le caractère du modèle n’y sont pas respectés.

MONET Mme Gaudibert
 » Madame Gaudibert  » – Claude MONET

En d’autres termes, le peintre accorde moins de crédit à la substance de ses modèles qu’à la fugacité de leurs apparences. Les portraits sont moins nombreux dès les années 1870/1880, et les silhouettes féminines peintes par Claude Monet semblent se dissoudre dans le plein air qui les environne ( Madame Monet et son fils-1875 ou Essai de figure en plein air : femme à l’ombrelle tournée vers la droite-1886) . Rien d’étonnant pour celui qui souhaitait peindre les figures comme des paysages. » Armelle Le GENDRE (Journaliste et auteure spécialisée dans des revues sur l’art)

MONET Mme Monet et son fils
« Madame Monet et son fils  » – Claude MONET
Essai Monet
‘Essai de figure en plein air : femme à l’ombrelle tournée vers la droite »- Claude MONET