Monument BEETHOVEN à BONN …

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Si cette statue,  installée sur la Munsterplatz de Bonn,   a pu voir le jour, c’est grâce a Franz Liszt. Lorsqu’il se trouvait à Rome, en 1839,  il avait appris qu’un comité de soutien lançait une souscription pour ériger un monument à la gloire de Beethoven. Une idée qui, bizarrement, n’avait  pas soulevé l’enthousiasme des foules et cela au grand désespoir de Liszt qui vouait une immense admiration au compositeur.

Il va donc décider de prendre les choses en mains et réussira, grâce à une tournée de concerts qui a duré trois mois, à réunir la somme qui était nécessaire pour cette statue.

Le choix du comité va se porter sur le sculpteur allemand Ernest Julius Hähnel pour la réaliser .  Elle sera en bronze ( fondeur Jacob Daniel Burgschmiet) avec un piédestal en quatre faces-symboles : musique instrumentale, musique spirituelle, musique symphonique et opéra.

HÄHNEL julius sculpteur
Ernest Julius HÄNNEL

L’inauguration aura lieu en 1845 à l’occasion du 75e anniversaire de la naissance de Beethoven en présence de très nombreuses personnalités dont le roi de Prusse et la reine Victoria. Liszt composera, pour l’occasion, une Cantate, vocale et instrumentale, afin d’honorer la mémoire du compositeur. Les paroles sont de Berhnardt Wolff. Une œuvre puissante  qui tombera dans l’oubli et qui renaîtra en 1988 grâce à la reconstitution du musicologue allemand Günther Masserkeil.

 » Pourquoi cette foule ici rassemblée ?
Quelle affaire vous conduit ici ?
Une telle presse ne se voit
D’ordinaire qu’un jour de fête.

Vous qui arrivez des monts et des vallées,
Dites ce qui vous amène ?
Et vous, étendus là sur les marches,
Dites, qui vous a appelé ici ?

Venez et amenez ce que vous avez de mieux,
Venez tous, riches et pauvres,
Avec vos plus plus beaux chants :
Aujourd’hui est vraiment un jour de fête.

C’est le jour de consécration du Génie ! …  »

(Vidéo : Ière partie Cantate Inauguration / MAÎTRISE DE LA CATHÉDRALE DE COLOGNE direction Bruno WEIL – Vocal Diana DAMRAU ( Soprano ) – Jörg DÜRMÜLLER ( Ténor ) – Georg ZEPPENFELD ( Basse ) et Paul KOMEN au clavecin.)

 

Année BEETHOVEN : Concerto N°5 Op.73 « l’empereur » …

( Vidéo : Ier mouvement / Edwin FISCHER au piano – Accompagné par le PHILHARMONIA ORCHESTRA – Direction : Wilhelm FÜRTWANGLER )

Ce sublime cinquième, dernier et long Concerto pour piano de Beethoven (40 minutes environ)   fut baptisé l’Empereur par son ami, pianiste et éditeur  : Johann Baptist Cramer. Ce dernier voulait ainsi souligner le côté grandiose et noble  de cette œuvre.

A l’époque où le compositeur l’écrivait , entre 1808 et 1809, Napoléon était à la tête de ses troupes pour mener le siège de Vienne. Bien que l’on sache de source sûre, qu’il n’y avait rien de politique dans l’écriture de cette partition, on peut malgré tout imaginer que Beethoven devait avoir une certaine rage en pensant à ce contexte politique, surtout en lisant les quelques annotations qu’il a faite en marge de la partition , comme par exemple : «  auf die Schlacht Jubelgesang ( chant de triomphe pour le combat ) !

Dédié à l’archiduc Rodolphe, c’est une page aux accords puissants, moderne,   somptueuse, virtuose, originale, difficile, énergique, brillante, émotionnelle et qui ne manque pas également de poésie et sensibilité. Le piano est quasi symphonique à lui tout seul.

En raison de sa surdité, Beethoven ne put l’interpréter personnellement . Le piano fut donc confié en 1811 au pianiste, organiste et compositeur  Friedrich Schneider avec face à lui l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.

Friedrich SCHNEIDER
Friedrich SCHNEIDER

(Vidéo : 2nd mouvement  / Edwin FISCHER au piano – Accompagné par le PHILHARMONIA ORCHESTRA – Direction : Wilhelm FÜRTWANGLER

(Vidéo : 3e mouvement / Edwin FISCHER au piano – Accompagné par le PHILHARMONIA ORCHESTRA – Direction : Wilhelm FÜRTWANGLER