Année BEETHOVEN : Coriolan Op.62

Coriolan supplié par les siens Nicolas Poussin
 » Coriolan supplié par les siens  » – Nicolas POUSSIN

 

 » La force et la fermeté de son caractère, en toutes circonstances, lui inspirent de grands desseins et de belles réalisations, mais, inversement, ses colères incontrôlables et son tempérament rigide et querelleur le rendaient dur et peu accommodant dans ses rapports avec les hommes  » PLUTARQUE à propos de Coriolan

Cette brillante Ouverture a été composée en 1807. A cette époque Beethoven souffrait énormément de sa surdité et son état émotionnel en était fortement affecté. Il s’est renfermé dans sa musique, dans cet art qui s’est révélé encore plus important  qu’il n’avait pu l’être auparavant pour lui. Il lui fallait désormais faire face au destin qui était le sien, et par voie de conséquence, il s’est intéressé à des figures historiques ou légendaires,  de forte personnalité, qui, elles aussi, se sont accrochées à leur destin, ont défendu leurs idéaux, et ont préféré mourir pour le bien de la patrie . C’est un état d’esprit que l’on ressent dans Egmont et dans Coriolan. Peut-être d’ailleurs encore plus dans le second que dans le premier.

Contrairement à ce que l’on peut imaginer, ce n’est pas le héros de Shakespeare qu’il a abordé, mais celui de la tragédie écrite par son ami : le dramaturge Heinrich Joseph Von Collin, à savoir le C’est du reste lui qui passe commande de cette musique au compositeur comme Ouverture de sa pièce.

Coriolan VON COLLIN
Heinrich J.VON COLLIN

Ce Coriolan est le général patricien Gaius Marcius, conquérant de la cité Corioles ( qui lui vaudra son nom), très apprécié du peuple, ce qui ne manque pas d’attiser des jalousies,  à un point tel qu’on lui refusera le poste de Consul. Cette prise de position le révolte et il ne manquera pas de  le fait savoir. Devant son comportement, le Sénat le condamne à l’exil. Il projette de s’unir au peuple des Volsques pour assiéger Rome . Ses proches le supplient de n’en rien faire, arrivent à  l’en dissuader  et il renonce. Furieux de sa décision, les Volsques l’assassinent. Cette fin est totalement différente  dans la pièce de Von Collin : son héros se suicide.

C’est une œuvre incontestablement lyrique, fascinante, vigoureuse, haletante, quasi angoissante à certains moments, dans laquelle Beethoven a su merveilleusement bien capter le côté dramatique de l’histoire.

( Vidéo : Herbert V.KARAJAN à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE de BERLIN )

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