Les Halles …

 

HALLES Philibert Louis Debucourt_Halles 1782
 » Les Halles  » 1782 – Philibert Louis DEBUCOURT
HALLES 1879 Jean BERAUD
 » Les Halles  » 1879 – Jean BÉRAUD
Les Halles Léon LHERMITTE
 » Les Halles  » 1895 – Léon LHERMITTE

 » Il leva une dernière fois les yeux. Il regarda les Halles. Elles flambaient dans le soleil. Un grand rayon entrait par le bout de la rue couverte, au fond, trouvant la masse des pavillons d’un portique de lumière, et, battant la nappe des toitures, une pluie ardente tombait. L’énorme charpente de fonte se noyait, bleuissait, n’était plus qu’n profil sombre sur les flammes d’incendie du levant. En haut, une vitre s’allumait, une goutte de clarté  roulait jusqu’aux gouttières, le long de la peinte des larges plaques de zinc. Ce fut alors une cité tumultueuse dans une poussière d’or volante. Le réveil avait grandi, du ronflement des maraîchers, couchés sous leurs limousines, au roulement plus vif des arrivages. Maintenant, la ville entière repliait ses griffes ; les carreaux bourdonnaient, les pavillons grondaient ; toutes les voix donnaient , et l’on eût dit l’épanouissement magistrale de cette phrase que Florent, depuis quatre heures du matin, entendait traîner et se grossir dans l’ombre. A droite, à gauche, de tous les côtés,  des glapissements de criée mettaient des notes aiguës de petite flûte, au milieu des basses sourdes de la foule. C’était la marée, c’étaient les beurres, c’était la volaille, c’était la viande. Des volées de cloche passaient, secouant derrières elles le murmure des marchés qui s’ouvraient. Autour de lui, le soleil enflammait les légumes. Il ne reconnaissait plus l’aquarelle tendre des pâleurs de l’aube. Les cœurs élargis des salades brûlaient, la gamme du vert éclatait en vigueurs superbes, les carottes saignaient, les navets devenaient incandescents dans ce brasier triomphal. A sa gauche, des tomberaux de choux s’éboulaient encore. Il tourna les yeux, il vit, au loin, des camions qui débouchaient toujours de la rue Turbigo. La mer continuait à monter. Il l’avait sentie à ses cheville, puis à son ventre ; elle menaçait, à cette heure, de passer par-dessus la tête. Aveuglé, noyé, les oreilles sonnantes, l’estomac écrasait par tout ce qu’il avait vu, devinant de nouvelles et incessantes profondeurs de nourriture, il demanda grâce, et une douleur folle le prit, de mourir ainsi de faim dans Paris gorgé, dans ce réveil fulgurant des halles. De grosses larmes chaudes jaillirent de ses yeux. » Emile ZOLA (Écrivain et journaliste français –  Extrait de son livre Le ventre de Paris )

 

Les anges …

« On ne sait pas précisément où les anges se tiennent, si c’est dans l’air, dans le vide, dans les planètes : Dieu n’a pas voulu que nous fussions instruits  » François-Marie AROUET dit  VOLTAIRE (Philosophe et écrivain français –  Extrait : Œuvres complètes / Tome VII – Dictionnaire philosophique)

ANGE