Alessandra FERRI …

 » Elle est ravissante, son sourire est irrésistible ; c’est une créature de rêve comme peuvent l’être les italiennes qui la grâce et l’élégance des gens du peuple. C’est une danseuse superbe avec des jambes extraordinaires et des pieds magnifiques.  » Roland PETIT ( Danseur et chorégraphe français )

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Alessandra FERRI ( Photo Yumiko INOUE Photography )

Alessandra Ferri est une danseuse infiniment douée, interprète émouvante, lyrique, sensible, passionnée par son art, empreinte de musicalité,  charismatique que ce soit dans le répertoire classique, romantique ou contemporain. J’ai eu envie de faire un article sur elle, parce que je l’apprécie depuis de très nombreuses années, et que j’ai été touchée par son retour (bien qu’elle n’aime pas ce mot) sur la scène à plus de 50 ans, montrant qu’elle avait encore en elle, ce grand amour de la danse, et que cet amour l’a conduit à enfiler, à nouveau, ses chaussons.

Elle est née à Milan en 1963 et a intégré très tôt l’École de danse de la Scala. Vers l’âge de 15 ans, elle rêve de partir vers l’Angleterre, souscrit une demande de bourse qu’elle obtient  du British Councils of Arts qui lui permet de réaliser son rêve et parfaire sa danse au Royal Ballet School  de Londres.

A 17 ans elle remporte le premier prix de la danse à Lausanne( Suisse ) ce qui lui donne la possibilité de continuer avec le Royal Ballet, où elle fait ses débuts dans Napoli Divertissements, puis Illuminations, L’après-midi d’un faune, La belle au bois dormant.Elle rencontre Frederick Ashton, déjà âgé, très aristocrate anglais et plutôt intimidant dira t-elle. Elle appréciera de pouvoir travailler avec lui.

En 1983, toujours aussi douée, elle est nommée étoile et se fait remarquer par le successeur d’Ashton : Kenneth MacMillan pour lequel elle va se révéler une interprète mémorable dans les ballets qu’il lui propose, notamment Roméo et Juliette – Manon et Mayerling. Elle reçoit alors deux prix importants : le Lawrence Olivier Award et le prix de la meilleure danseuse de l’année.

( Vidéo : Roméo et Juliette / Alessandra FERRI & Wayne EAGLING )

(Vidéo : Manon – Alessandra FERRI & Irek MUKHAMEDOV )

Un an plus tard, en 1985, elle est invitée par Mikhail Baryshnikov  à rejoindre l’American Ballet Theatre . Exit l’Angleterre, elle se rend aux Etats Unis, danse avec le célèbre danseur, tourne un film  à ses côtés (Dancers) réalisé par Herbert Ross et apparaît dans de nombreuses chorégraphies de la compagnie .

( Vidéo : Giselle avec Mikhail BARYSHNIKOV )

( Vidéo : The Dream : elle est Tatiana aux côtés de Ethan STIEFEL (Oberon ) – Herman CORNEJO ( Puck ) – Stella Abrera (Hermia ) – Marian BUTLER ( Helena ) – Carlos MOLINA  (Lysander) – Ethan BROWN (Demetrius ) – Julio BRAGADO-YOUNG ( Bottom )

Elle se fait remarquer par Roland Petit, devient la danseuse favorite de sa compagnie le Ballet National de Marseille et danse pour lui, notamment à l’Opéra de Paris . Le chorégraphe apprécie énormément de travailler avec elle. Il la trouve sublime, avec un côté mystérieux, captivant et des jambes extraordinaires qui lui rappellent celles de Zizi. Elle séduit dès qu’elle entre dans une pièce dira t-il. Elle tiendra de nombreux rôles dans ses ballets : Le diable amoureux ( musique de Gabriel Yared) – Coppelia Le jeune homme et la mort – Notre dame de Paris ( le Pas de Deux avec Laurent Hilaire fera l’objet d’un film-documentaire  réalisé par son époux Fabrizio Ferri qui obtiendra le Dance Screen à Monaco.

(Vidéo : Le diable amoureux avec Yan BROECKX)

A partir de 1990, de très nombreuses compagnies vont vouloir qu’elles les rejoignent. Parmi elles , outre le Ballet National de Marseille et l’Opéra de Paris, il y aura  le Royal Ballet, le Ballet de Hambourg, le Grand Ballet du Canada, le Ballet de Rome, le San Carlo de Naples , le Théâtre du Mariinsky, la Scala de Milan, le Ballet de Cuba etc etc … Elle recevra le titre de Prima Ballerina Assoluta, accordé uniquement aux danseuses ayant un talent dit exceptionnel.

En 1997 elle met au monde sa première fille, Mathilde et cinq ans plus tard Emma.

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En 2006 , elle sera aux côté de Sting pour un court-métrage qui deviendra très célèbre, réalisé par son mari Fabrizio Ferri dans une usine désaffectée à Milan , une chorégraphie de Heinz Spoerli. Lui joue de la guitare et elle danse sur le Prélude de la Suite N.1 pour cordes de Jean-Sébastien Bach (1720). Un documentaire qui fut présenté à la 55e Mostra de Venise.

Et puis brusquement, lors d’une soirée organisée spécialement pour elle au Metropolitan de New York, où elle danse Romeo et Juliette, elle annonce, au sommet de sa gloire et de sa forme, qu’elle fait ses adieux à la scène. Elle le fera à nouveau à la Scala pour la Dame aux Camélias de John Neumeier en mars 2007, et en août de la même année au Théâtre antique de Taormina, avec toujours dans ces deux derniers cas, la même grâce et le talent qui la caractérisent et qui lui vaudront une immense et longue standing ovation du public.

L’annonce de cette retraite, même si l’âge y était, n’a pas fait l’unanimité parce qu’elle était adulée du public. Ce n’était pas vouloir faire offense que de se retirer, mais juste une forte envie de se consacrer à sa famille, son mari et ses enfants. Mais ne souhaitant pas être loin de la danse, elle acceptera en 2008 d’être conseillère de la danse au Festival des Deux Mondes de Spolète et le restera cinq ans .

En 2013, alors qu’on ne s’y attendait pas, elle annonce son retour , ou plutôt comme elle l’a expliqué, elle fait un pas en avant pour revenir sur scène pour ce même festival . Elle le fait avec The piano Upstairs,un drame écrit pour elle par John Weidman (dramaturge américain) avec Boyd Gaines sur une mise en scène de Giorgio Ferrara et une chorégraphie de la danseuse. C’est l’histoire d’un couple qui ne communique plus vraiment. C’est un retour très applaudi. Elle a 50 ans, on  la trouve toujours aussi unique,  incroyable et émotionnelle.  Petite ombre au tableau, elle se sépare cette année-là de son époux Fabrizio Ferri.

( Vidéo : The piano Upstairs )

Elle a prouvé que rien n’est jamais vraiment fini pour une danseuse lorsque celle-ci éprouve réellement une passion démesurée pour la danse comme c’est le cas pour elle. En 2019, à 56 ans, elle reçoit encore de nombreuses invitations pour venir danser. Elle le fera notamment avec Roberto Bolle(43 ans) dans son show télévisé du 1er Janvier pour la Rai. Tous deux sont absolument merveilleux sur la chanson interprétée par Dinah Washington  (The Bitter Earth) , une chorégraphie de Christopher Weeldon.

(Vidéo : Avec Roberto BOLLE en 2019 )

Elle a également fait  partie d’un show proposé par Le Michigan Theatre Opera le 15.2.2019, célébrant l’Art du Pas de Deux avec à ses côtés : Marcelo Gomes – Kate Honea – Jeffrey Cirio – Herman Correjo – Misa Kuranaga et la soprano Mary Hollis-Hundley.

En juin 2020, elle répondra à l’invitation du danseur cubain Carlos Acosta, devenu directeur du Birmingham Royal Ballet, et dansera avec lui.

 

 » Sans vouloir être dramatique, il vaut mieux se concentrer sur le côté positif des choses. Si à plus de 50 ans, vous prétendez être comme à 30 ans, vous avez déjà perdu et vous serez inévitablement frustrée et peu sure de vous. Vous pouvez avoir plus de 50 ans et être gagnant. J’ai, à l’heure actuelle, une connaissance de mon corps que je n’avais pas lorsque j’étais jeune. Je connais tous mes tendons, muscles, articulations et je sais jusqu’où je peux les pousser. J’ai moins d’endurance et j’ai besoin de plus de temps pour récupérer entre les répétitions, mais d’un autre côté, j’ai besoin de moins de temps pour faire de l’exercice grâce à mon expérience.Ce qui aide à compenser. Quand j’avais 20 ans, je ne me suis jamais sentie réellement prête. J’étais vulnérable, je le savais et je souffrais de ce sentiment. En mûrissant, en vieillissant, j’ai pensé : Pourquoi se sentir mal ? J’ai gardé en moi ce côté vulnérable, oui … mais c’est merveilleux parce qui c’est aussi ce qui fait de moi ce que je suis lorsqu’il est associé à mon côté fort, mon côté heureux ou triste. Une fois que j’ai appris à assimiler ces diverses facettes , ce clair-obscur, avec joie et que ces différentes pièces s’emboîtent, je trouve mon équilibre. 

La fragilité nous affecte tous. Ne pas pouvoir y faire face ou la laisser partir c’est là que nous devenons fragiles. Faire face pour donne un pouvoir immense et vous libère. Cela a changé mon rapport avec la scène. J’ai perdu la peur de la scène et désormais je ne me torture plus. J’ai prouvé ce que je valais par le passé, et maintenant chaque spectacle est pour moi un cadeau. Je l’aborde avec sérénité et gratitude, consciente que je continue de réaliser mes rêves d’enfant. J’ai arrêté de danser pour me consacrer à ma famille, à mes enfants, mais au bout de quelques années, tout est devenu clair : j’étais une mère, une épouse, mais au plus profond de moi, de mon âme, j’étais une danseuse. C’est là que je pouvais briller. C’est pourquoi finalement je n’ai pas vu cela comme un retour , mais plutôt un pas en avant. J’avais surtout envie d’être moi-même, à savoir une femme qui danse. Je ne sais combien de temps cela va continuer, mais j’ai des engagements jusqu’en 2021. «  Alessandra FERRI ( Danseuse, chorégraphe italienne)

BALZAC et le café …

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Honoré de BALZAC

C’est bien connu, le café pour Honoré de Balzac était quasiment comme une drogue. La légende raconte qu’il courait dans tout Paris pour en acheter  différentes sortes afin de  faire des savoureux  mélanges et qu’il en buvait 50 tasses par jour, ce qui lui permettait de tenir les 18 h passées à écrire  ! . Son excessivité pourrait justifier le fait qu’il est décédé du cœur assez jeune ( 51 ans ) . Voici quelques extraits ce qu’il disait à propos du café dans son ouvrage Traité des excitants modernes (paru en 1839 ) :

 » Le café agit sur le diaphragme et les plexus de l’estomac, d’où il gagne le cerveau par des irradiations inappréciables et qui échappent à toute analyse : néanmoins, on peut présumer que le fluide nerveux est le conducteur de l’électricité que dégage cette substance qu’elle trouve ou met en action chez nous. Son pouvoir n’est ni constant, ni absolu. Rossini a éprouvé sur lui-même les effets que j’avais déjà observé sur moi. -le café, m’a t-il dit, est une affaire de quinze ou vingt jours : le temps, fort heureusement, de faire un opéra !  » – Le fait est vrai. Mais le temps pendant lequel on jouit des bienfaits du café peut s’étendre. Cette science est trop  nécessaire à beaucoup de personnes pour que nous ne décrivions pas la matière d’en obtenir les fruits précieux. Vous tous, illustres chandelles humaines, qui vous consumez par la tête, approchez et écoulez l’Évangile de la veille et du travail intellectuel. Le café concassé à la turque a plus de saveur que le café moulu dans un moulin.

Retenez donc ceci : le café a deux éléments : l’un la matière extractive, que l’eau chaude ou froide dissout, et dissout vite, lequel est le conducteur de l’arôme ;  l’autre, qui est le tannin, résiste davantage à l’eau et n’abandonne le tissu aréolaire qu’avec lenteur et peine. D’où cet axiome : laisser l’eau bouillante, surtout longtemps, en contact avec le café,  est une hérésie ; le préparer avec de l’eau de marc, c’est soumettre son estomac et ses organes au tannage. 2) le café a plus de vertu par l’infusion à froid que par l’infusion d’eau bouillante ; ce qui est une seconde manière de graduer ses effets.  En moulant le café, vous dégagez à la fois l’arôme et le tanin, vous flattez le goût et vous stimulez les plexus qui réagissent sur les mille capsules du cerveau. Ainsi voici deux degrés : le café concassé à la turque , le café moulu. 3) de la quantité de café mis dans le récipient supérieur, du plus ou moins de foulage et du plus ou moins d’eau, dépend la force du café, ce qui constitue la troisième manière de traiter le café.

Ainsi, pendant un temps plus ou moins long, une ou deux semaines au plus, vous pouvez obtenir l’excitation avec une , puis deux tasses de café concassé d’une abondance graduée, infusé à l’eau bouillante. Pendant une autre semaine, par l’infusion à froid, par la mouture du café, par le foulage de la poudre et par la diminution de l’eau, vous obtenez encore la même dose de force cérébrale. Quand vous avez atteint le plus grand foulage et moins d’eau possible, vous doublez la dose en prenant deux tasses ; puis quelques tempéraments vigoureux arrivent à trois tasses. On peut ainsi aller quelques jours de plus.

Enfin, j’ai découvert une horrible et cruelle méthode, que je ne conseille qu’aux hommes d’une excessive vigueur, à cheveux noirs et durs, à peau mélangée d’ocre et de vermillon, à mains carrées, à jambes en forme de balustres comme ceux de la place Louis XV : il s’agit de l’emploi du café moulu, foulé, froid et anhydre ( mot chimique qui signifie peu d’eau ou sans eau ) pris à jeun. Ce café tombe dans votre estomac qui, vous le savez par Brillat-Savarin est un sac velouté à l’intérieur et tapissé de suçoirs et de papilles ; il n’y trouve rien, il s’attaque à cette délicate et voluptueuse doublure, il devient une sorte d’aliment qui veut ses sucs, il les tord, il les sollicite comme une pythonisse appelle son dieu, il malmène ses jolies parois comme un charretier qui brutalise ses jeunes chevaux. Les plexus s’enflamment, ils flambent et font aller leurs étincelles jusqu’au cerveau. Dès lors tout s’agite : les idées s’ébranlent comme les bataillons de la grande pompe sur le terrain d’une bataille et la bataille a lieu. Les souvenirs arrivent au pas de charge, enseignes déployées ; la cavalerie légère des comparaisons se développe par un magnifique galop ; l’artillerie de la logique accourt avec son train et ses gargousses ; les traits d’esprit arrivent en tirailleurs ; les figures se dressent ; le papier se couvre d’encre, car la veille commence et finit par des torrents d’encre noire, comme la bataille par sa poudre noire. J’ai conseillé ce breuvage ainsi pris à un de mes amis qui voulait absolument faire un travail promis pour le lendemain : il s’est cru empoisonné, il s’est recouché, il a gardé le lit comme une mariée. Il était grand, blond, les cheveux rares, un estomac de papier mâché, mince. Il y avait de ma part un manque d’observation.

L’état où vous met le café pris à jeun dans les conditions magistrales, produit une sorte de vivacité nerveuse qui ressemble à de la colère : le verbe s’élève, les gestes expriment une impatience maladive ; on veut que tout aille comme trottent les idées ; on est braque, rageur pour des riens ; on arrive à ce variable caractère du poète tant accusé par les épiciers ; on prête à autrui la lucidité dont on jouit. Un homme d’esprit doit alors se bien garder de se montrer ou de se laisser approcher. J’ai découvert ce singulier état par certains hasards qui me faisaient perdre sans travail l’exaltation que je me procurais. Des amis, chez qui je me trouvais à la campagne, me voyaient hargneux et disputailleur, de mauvaise foi dans la discussion. Le lendemain, je reconnaissais mes torts et nous en cherchions la cause. Mes amis étaient des savants du premier ordre, nous l’eûmes bientôt trouvée : le café voulait une proie.

Non seulement ces observations sont vraies et ne subissent d’autres changements que ceux qui résultent des différentes idiosyncrasies, mais elles concordent avec les expériences de plusieurs praticiens, au nombre desquels est l’illustre Rossini, l’un des hommes qui ont le plus étudié les lois du goût, un héros digne de Brillat-Savarin … Observation : chez quelques natures faibles, le café produit au cerveau une congestion sans danger ; au lieu de se sentir activées, ces personnes éprouvent de la somnolence et disent que le café les fait dormir.  » Honoré de BALZAC ( Écrivain français, romancier, essayiste, journaliste, critique d’art, critique littéraire / Extrait du : Traité des excitants modernes (paru en 1839 ) / Chapitre II – ).

BALZAC Cafetière
Cafetière de Balzac sur sa table de travail / Maison de Balzac à Paris : Cette cafetière faisait partie d’une commande qu’il avait passé à la Maison Marchal-Nivet et Belut qui se trouvait à Limoges. Elle avait un petit réchaud dessous qui maintenait le café au chaud

.P.S. Balzac nomme Brillat-Savarin : il s’agit de Jean Anthelme Brillat-Savarin , dont le métier était la magistrature, mais qui fut , par ailleurs,  un fin gastronome et un auteur culinaire français

Février 2020 …

Dictons du mois de février :
 » Belle avoine de février, donne espérance au grenier  »

« Lorsqu’il tonne au mois de février, l’huile en produit tient dans une cuillère »

« La neige qui tombe au mois de février, met en belle humeur l’usurier »

« Chant de la grive, au second de février, c’est tant de froid en dernier qu’en premier »

« Il faut mieux un renard au poulailler qu’un homme en chemise en février »

HELLO FEVRIER