Le thé …

 » Pour tirer de l’art du thé la plus totale satisfaction, il faut avoir un état d’esprit spécial, identique à ce que les bouddhistes appellent l’éveil. On y parvient lorsque l’on est attentif aux sollicitations des six sens : entendre, sentir, goûter, voir, toucher, et être conscient. Une fois que cela est devenu habituel, il n’est plus nécessaire d’y penser. » John BLOFELD ( Écrivain anglais, spécialiste des religions et philosophies asiatiques / Extrait : Thé et Tao-L’art chinois du thé )

THÉ

La danse & la jeunesse …

 » Parler de la danse, c’est parler de la jeunesse. Jeunesse d’un corps épanoui qui évolue dans l’espace, capté dans la vigueur de ses muscles, dans la beauté de sa plastique et le dynamisme de son élan. Jeunesse de l’action et de la pensée qui sollicitent le mouvement, portent et emportent le geste et lui impriment son sens et sa poésie. Jeunesse qui poussent sans répit le chorégraphe à la recherche de nouveaux mouvement, de nouveaux enchaînements et de nouveaux langages et conditionne l’évolution de notre art. La danse comme la jeunesse est en perpétuel devenir.

Jadis elle était une distraction, aujourd’hui elle est devenue un culte : par la danse l’homme cherche l’élévation et l’équilibre de son être spirituel et la communication avec les hommes. Il engendre une religion dans l’espace. Cette religion épouse le pur et le beau et se résout dans l’harmonie et la grâce des formes et des lignes. Le danseur trouve alors cet idéal qu’il poursuit toute sa vie durant, où il n’y a ni fin ni arrêt : l’extase et l’émotion créatrices lui offrent les clés de ses rêves et de ses secrets, entraînant son corps dans une course où dans chaque mouvement il y a tant de mouvements, où dans chaque chose il y a tant de choses.

La danse est jeunesse, et la jeunesse le sait bien qui, chaque jour davantage, se montre curieuse, avide, inventive de danse, attentive à nous autres, chorégraphes et danseurs, qui parlons le langage de la danse. » Serge LIFAR (Danseur, chorégraphe et pédagogue ukrainien, nationalisé français )

Hugo MARCHAND
Danseur : Hugo MARCHAND ( Étoile du Ballet de l’Opéra de Paris )

Année BEETHOVEN : Septuor pour cordes & vents Op.20 …

( Vidéo : interprétation par les solistes de l’ORCHESTRE  du GEWANDHAUS de LEIPZIG à savoir : Gerhard BOSSE (violon) – Dietmar HALLMAN (alto) – Kurt HILTAWASKY (clarinette) – Waldemar SCHIEBER (cor) – Werner SELTMANN(basson) – Friedeman ERBEN(violoncelle) – Konrad SIEBACK (double-basse)

 » Sortez donc mon Septuor un peu plus promptement … Les masses sont dans l’attente  » aurait ordonné Beethoven à son éditeur. Pas très respectueux en parlant de son public(les masses) mais qu’importe, il ne lui en tiendra pas rigueur. Cette partition sera fortement appréciée et l’une des plus jouées de son vivant, ce que lui, d’ailleurs, ne revendiquait pas vraiment compte tenu du fait que même s’il la jugeait bien écrite, il ne la plaçait pas au-dessus des autres, affirmant il y a beaucoup d’imagination la-dedans, mais peu d’art. Il fallait toutefois qu’il en fut satisfait puisqu’elle sera dédiée à l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche.

Nous sommes en 1799 lorsqu’il commence à l’écrire. Il la terminera un an plus tard. Cette page, qui épouse à la fois la forme ancienne de la Sérénade et du Divertimento, se compose de six mouvements et sept instruments : violon, alto, violoncelle, clarinette, cor, basson, contrebasse. Elle influencera, plus tard, Schubert et Mendelssohn pour leurs Octuors (huit instruments

Avant sa création en public, elle fut interprétée chez le prince Charles-Philippe de Schwarzenberg qui faisait partie des personnalités très en vue de l’aristocratie viennoise. Pour un grand nombre, des mélomanes  qui avaient adopté Beethoven lorsqu’il était à Vienne.

charles Philippe Schwarzenberg
Charles-Philippe de SCHWARZENBERG (Ministre d’État, président du conseil de la guerre, chevalier du Saint-Esprit et de la Toison d’Or)

Elle est virtuose,novatrice, éloquente, à la fois simple, intimiste, mais forte, grande, brillante, avec du caractère, et empreinte de délicatesse et de légèreté.

 

 

Lauren & Humphrey …

Lauren et Humphrey 2
Lauren et Humphrey

( Vidéo : extrait du film le Port de l’angoisse ( To have and have not )

 » Le port de l’angoisse ( Howard Hawks ) conduit Humphrey Bogart et sa partenaire Lauren Baccall sur le quai du bonheur. Durant douze ans, jusqu’à ce que la mort les sépare. Ensemble, ils tourneront quatre chefs-d’œuvre et donneront naissance à deux enfants. Leur amour nous a ébloui pour l’éternité.

Lauren Baccall a 18 ans lorsqu’elle découvre le fameux film Casablanca. Elle écrira quelques années plus tard :  » Humphrey Bogart ne me paraissait pas du tout sexy. Plutôt cinglé  » – Elle était loin de penser que, l’année suivante,  le train New-York / Los Angeles, qui l’emmenait vers Howard Hawks, allait façonner son destin.

Le cinéaste recherche une inconnue pour en faire une superstar. Sa femme, attirée par le regard de Lauren Baccall, un jeune mannequin en couverture de Harper’s Bazaar ) lui conseille de la rencontrer. Lauren croit rêver lorsqu’en septembre 1943, Hawks lui demande de venir à New-York pour les essais du film. Elle vient tout juste de fêter ses 19 ans lorsqu’elle voit Bogart en chair et en os  :  » pas d’éclairs fulgurants, juste une poignée de mains  » racontera t-elle,  » il était plus petit que je l’avais imaginé » . Lui ne manque pas de dire :  » on va bien s’amuser toi et moi « .

Lauren et Howard Hawks
Lauren BACCALL et Howard HAWKS

Ils se revoient quelques semaines plus tard pour les premiers tours de manivelle. Trois semaines après le début du tournage, elle écrit à sa mère :  » tout marche à merveille pour moi. Bogie a été un amour. Nous nous amusons formidablement ensemble. Il passe son temps à inventer des gags. Je suis folle de lui et je crois qu’il m’aime bien. » – De son côté, Humphrey Bogart, marié à une femme alcoolique et violente, savoure la présence de cette jeune fille spirituelle au regard envoûtant.

Fiction et réalité mêlées, producteurs, acteurs et techniciens assistent aux prémices d’un doux sentiment entre Bogart et sa partenaire. «  Je suis tombée amoureuse, c’était drôle, très fort et merveilleux » raconte t-elle. Bogie n’est pas pressé. Après quelques mois de tournage, il lui donne son premier baiser. Comment est-ce arrivé ?  Elle se coiffe dans sa loge, il entre pour la saluer, s’approche, se penche vers elle, glisse sa main sous son menton , le relève et l’embrasse longuement. Comme pour lui dire  » je t’aime  » . Puis, intimidé, il se met à bafouiller, lui tend une boite d’allumettes, lui demande de noter son numéro de téléphone et s’enfuit avec la boite. Le soir même, à 23 heures, il lui téléphone :  » comment vas-tu Slim ? « . Ils échangent quelques mots en utilisant les noms des personnages du film. Pendant des années ce sera un jeu entre eux.

Chaque soir Bogie et Lauren se suivent discrètement en voiture. Ils s’éloignent des studios et il la rejoint.  » C’était un homme d’une grande douceur, à l’opposé des rôles qu’on lui faisait jouer « écrit-elle.  » J’avais 19 ans, lui 44. J’étais sexuellement innocente mais il évoquait en moi un trouble inconnu … Un seul regard et je frémissais. Le seul contact de sa main me donnait chaud au cœur « . Dès qu’ils le peuvent ils courent l’un vers l’autre. Pour éviter les commérages les amants restent discrets. Bogie doit divorcer avant d’afficher son amour.

Pressentant le succès remporté par le tandem Bogart/Baccall, Hawks les réunit dans un nouveau film : Le Grand sommeil. Lauren et Humphrey ne cachent pas leur bonheur de pouvoir se retrouver chaque jour sur le plateau. Il ne supporte plus de la laisser tous les soirs. Il finit par abandonner le domicile conjugal malgré les larmoiements et les cris de son épouse. Cette dernière le harcèle, lui promet de se sevrer. Il cède, mais les promesses de sa femme ne sont pas tenues. Il obtient le divorce de sa troisième épouse contre un dédommagement financier et deux boutiques à Los Angeles, en 1945.

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Onze jours plus tard, Lauren et Humphrey se retrouvent  dans la maison de campagne d’un ami et se marient. La lune de miel va durer trois ans pendant lesquels ils visiteront l’Europe et tourneront deux autres films ensemble Les Passagers de la nuit en 1947 et Key Largo en 1948.

Lauren et Humphrey mariage

Le port de l’angoisse sorti en octobre 1945, cinq mois après leur mariage, suscite l’admiration de la critique. Dans leur maison située sur les collines de Hollywood, le bonheur est au rendez-vous. Moments bénis, moments trop rares car souvent pris pour des cocktails, des spectacles, ou autres festivités indispensables à des acteurs célèbres. Bogie passe aussi beaucoup de temps sur son bateau.

La seconde passion de Bogie : le whisky. Il boit. Il boit beaucoup trop.  » Après huit verres, je suis en pleine possession de mes facultés. J’ai l’impression que tout le monde est toujours en retard de trois verre. » …. Elle s’accommode de ses débordements. Elle est amoureuse, donc heureuse. Malgré trois précédents mariages, Bogie n’a pas eu d’enfants. Aussi lorsque Lauren lui annonce qu’elle est enceinte, il se pose des questions. A 48 ans n’est-ce pas trop tard ? Sera t-il un bon père ? Ses craintes sont dissipées avec la naissance de Stephen en 1949 . Heureux, riches et célèbres les Bogart vivent un conte de fées. Un autre enfant naîtra en 1952 : Leslie.

Lauren Humphrey et leus enfants
Leslie, Lauren, Stephen et Humphrey

A Hollywood tout le monde aime et apprécie les Bogart. Amoureux et drôles, ils fascinent. Lui la cinquantaine passée, burinée, l’air désabusé. Elle la trentaine effleurée, lumineuse, élégante. C’est un couple qui semble soudé pour la vie.

En janvier 1956, Humphrey souffre de brûlures dans la gorge et d’une toux tenace propre aux fumeurs. Le médecin détecte une inflammation de l’œsophage et prescrit un repos total. Frank Sinatra accueille le ménage dans sa résidence au bord de la mer. Rien n’y fait. Bogart se sent de plus en plus faible. Les examens sont sans appel : tumeur maligne qu’il faut opérer d’urgence. On lui retire l’œsophage et une côte. S’ensuit un coma de 24 heures provoqué par l’anesthésie. A force de soins et d’une lutte hors du commun contre la maladie, il se réveille.

Mais très vite il s’affaiblit encore et ne peut plus rien avaler. Seconde hospitalisation. Il en revient en fauteuil roulant. Il se bat avec énergie et rentre chez lui. Lauren est auprès de lui, le rassure et console ses enfants. Le 13 janvier 1957 il entre dans un état comateux. Le lendemain c’est fini.  Humphrey Bogart avait souhaité que ses cendres soient dispersées en mer. La loi américaine l’interdit. Lauren fait construire une maquette de son bateau et la pose durant la cérémonie religieuse. Ses cendres seront enterrées au Forest Memoral Park à Glendale ( à l’est de la vallée de San Francisco ) -.

Après une brève liaison avec Sinatra, Lauren quitte la Californie et s’installe dans sa ville natale New York. Elle se remariera avec l’acteur Jason Robards Junior en 1961 et entamera une nouvelle carrière, triomphera au théâtre et reviendra au cinéma. Elle est décédée en 2014.  » Claire CHAMPENOIS (Journaliste, écrivain)

La neige au village …

» Lente et calme, en grand silence,
Elle descend, se balance
Et flotte confusément,
Se balance dans le vide,
Voilant sur le ciel livide
L’église au clocher dormant.

Pas un soupir, pas un souffle,
Tout s’étouffe et s’emmitoufle
De silence recouvert…
C’est la paix froide et profonde
Qui se répand sur le monde,
La grande paix de l’hiver.  » Francis YARD ( Poète français )

ARGENTEUIL sous la neige MONET.jpg
Tableau de Claude MONET

Portrait de Melle L.L. …

 » Tout aspire ici à séduire et à désarmer. Du nom de la jeune femme représentée, avec sa longue assonance allègre, jusqu’à son attitude cavalière, le portrait se situe bien au-delà des conventions bourgeoises qu’il rappelle et déjoue. L’influence d’Ingres, dessins virtuose et couleurs tranchées, confirme cette sensation insistante d’inattendu et d’effronterie. Et la référence aux gravures de mode, traditionnellement porteuses d’une vision lénifiante de la jeune femme, n’épuise plus la portée de l’image.

Mademoiselle L.L est assise sur le bord d’une petite table, position peu convenable en ce qu’elle évoque les affranchies. La tête sensuellement inclinée accuse l’effet de la bouche et des yeux qui bravent les bienséances autant que les jolies mains aux doigts effilés. Nous retrouvons la passion de Tissot pour le rouge.

Évocateur de la corrida comme de la guerre de Crimée, le fameux boléro convient au climat incertain du tableau, de même que la cage vide et le carton à dessins. Moderne jusqu’au chausson qui dépasse de la robe, la piquante inconnue impose son indépendance. Patronyme, liens conjugaux, profession, rien ne l’emprisonne encore.

Datée précisément de «  février 1864 « , la toile de Tissot, prend valeur de manifeste. La frimousse des Parisiennes à la page ne devait plus quitter son chevalet.  » Stéphane GUÉGAN ( Conservateur au musée d’Orsay)

James TISSOT Portrait de Mademoiselle
 » Portrait de Mademoiselle L.L.  » 1864 – James TISSOT ( Musée d’Orsay / Paris )

Gianni BERENGO-GARDIN

 » Pour moi la photographie c’est raconter et documenter ce que je vois. Je n’ai aucun désir d’être considéré comme un artiste. Les photographies qui m’intéressent sont celles qui racontent une histoire. Quand je photographie j’aime bouger. Je ne dis pas danser comme Cartier-Besson, mais j’essaie aussi de ne pas être visible. Si je dois raconter une histoire, j’essaie toujours de partir de l’extérieur, montrer où est et comment est fait un pays, entrer dans les rues, dans les magasins, dans les rues, les maisons et photographier les objets, les personnes. Le fil conducteur est celui-là. Il s’agit d’un chemin logique, normal et bon pour découvrir un village ou une ville. … Je ne suis pas contre le numérique, mais je ne pense pas que ce support présente de gros avantages. Ce n’est que mon avis personnel. Le numérique a certainement été une révolution, mais comme toutes les révolutions, il y a du bon et du mauvais. Lorsque j’ai travaillé à Venise, j’ai remarqué que tout le monde photographiait et je dirai que tout le monde photographiait mal, par hasard, juste pour faire une photo, y compris les choses les plus stupides ! Il est clair que chacun a pleinement le droit de le faire, car chacun fait ce qu’il veut. La photographie a, à ce moment là, une grande diffusion, mais elle ne conduit pas à grand chose …. Je ne crois pas aux belles photos. Une fois j’ai dit  « quelle belle photographie« .Je commençais tout juste dans ce métier, j’étais très jeune. Je n’arrêtais pas de dire à Ugo Mulas  » comme cette photo est belle  » lorsqu’il me montrait ses clichés. A un certain moment, il m’a dit  » si vous dites encore et répétez toujours que ma photo est belle, je vous chasse.  » J’étais très gêné et je lui ai répondu  » excusez-moi Maestro, mais que dois-je dire pour affirmer que vos photos sont belles ?  » –  » vous devez dire qu’elles sont bonnes  » Moi je pensais que belles ou bonnes c’était plus ou moins la m même chose. « Non m’expliqua t-il, belles sont les photos esthétiquement parfaites, bien composées. Pourtant elles ne disent rien. Une bonne photographie raconte et dit des choses, communiquent quelque chose. La belle photographie communique elle aussi, mais dit des choses inutiles« . Depuis je n’ai plus jamais dit « c’est une belle photo » , mais « c’est une bonne photographie » Gianno BERENGO-GARDIN ( Photographe et photojournaliste italien)

Berengo-Gardin
Gianni BERENGO-GARDIN

BERENGO GARDIN 1

PORTFOLIO MONDO - WORLD PORTFOLIO

Gianni BERENGO GARDIN 5

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BERENGO GARDIN Venise
Cette photo fait partie de son album Monstres à Venise. Tous les clichés devaient être présentés lors d’une exposition dans la Sérénissime, mais elles ne le seront pas car le maire de la ville a annulé  la manifestation et censuré les clichés . Beaucoup de voix se sont élevées pour prendre parti pour le photographe qui souhaitait montrer le danger que représentent ces paquebots pour la cité. »Voilà quelque chose qu’un maire ne doit pas faire, cacher la vérité même si elle n’est pas appréciée » a notamment dit le chanteur Adriano CELENTANO

Gianni Berengo-Gardin est né en 1930. C’est une éminente et importante figure de la photographie non seulement en Italie, mais dans le monde entier. Son travail a fait l’objet d’un grand nombre d’expositions internationales. Il a écrit divers ouvrages sur son art et reçu de nombreux prix pour l’ensemble de sa carrière.Après avoir séjourné dans différentes villes en Italie, il s’est fixé à Milan. C’est là que sa carrière a véritablement commencé.

Ses photos sont empreintes d’un grand humanisme, d’originalité, de subtilité, de sincérité et d’une certaine poésie. Ce sont pour la plupart des témoignages, des petites études sociologiques. Elles font aussi parfois office de reportage et attirent l’attention sur certains sujets comme par exemple celles  prises dans un asile psychiatrique qui ont amené à la discussion et entraîné une série de réformes dans le système de santé en Italie.

BERENGO GARDIN Hopital psychiatrique
Hôpital psychiatrique / Florence 1968

Que ce soit l’Italie ou dans les autres pays dans lesquels il s’est rendu, il a eu à cœur de les montrer sous toutes les facettes, faisant partager la vie quotidienne des habitants, les fêtes, les coutumes, les traditions.