20 Juin 1819-2019 : Bi-centenaire de la naissance de Jacques OFFENBACH …

OFFENBACH.jpg
Jacques OFFENBACH

Petit clin d’œil à celui qui fut surnommé Le petit Mozart des Champs-Elysées par le compositeur italien Gioacchino Rossini, et dont on fête cette année le bi-centenaire de la naissance, à savoir Jacques Offenbach ( de son vrai nom Jakob Eberst)

Ce relieur de métier fut un compositeur prolifique ( 650 œuvres dont 100 opéras ),  un violoncelliste doué, un chef d’orchestre.  Il né en Allemagne en 1819 (naturalisé français en 1860) , mais également imprésario et directeur de théâtre (Les Bouffes-Parisiens ( installé sur les Champs-Elysées, c’est lui qui lui donne ce nom)   et la Gaîté (où il créera des œuvres assez spectaculaires dans lesquelles s’unissent la musique, la danse, la comédie ressemblant un peu à du music-hall  ) , directeur musical à la Comédie française – . Dans ses théâtres, il a non seulement proposé ses compositions mais également celles de Mozart et de Rossini ( qui reste son petit préféré)

Offenbach ne fut pas, comme certains le pensent, un compositeur futile, faiseur de musiques faciles ou un amuseur public dénué de talent . Tout au contraire il a été génial dans ce qu’il a proposé. Il  est l’inventeur de l‘opéra-bouffa français que l’on a assimilé, par la suite, à tort ou à raison, à l’opérette. Petit rappel, le premier ( opéra bouffa ) est d’origine italienne, les sujets sont bien souvent une satyre burlesque, moqueuse voire même sarcastique  des mœurs de la société au travers de personnages historiques –

L’opérette ce sont des œuvres gaies respirant la bonne humeur qui offrent un côté primesautier, charmant, sentimental, joliment expliqué par Camille Saint-Saens :  » l’opérette est une fille de l’opéra-comique ayant mal tourné, mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément  » – Ce genre est apparu au milieu du XIXe siècle  . Il fut très critiqué à son époque mais énormément apprécié par la suite. Les œuvres d’Offenbach sont un savoureux  mélange des deux je dirai.

Sa carrière a débuté comme virtuose du violoncelle qu’il a étudié au Conservatoire de musique de Paris où on lui montre la porte de sortie un an plus tard car bien trop dissipé. Après des débuts dans l’orchestre de l’Opéra comique, il décide de se tourner vers la composition, d’abord dans la musique instrumentale ( valses )où il ne manque pas de se faire apprécier, puis vers la musique dite de théâtre. Après quoi, Il fonde alors les  Bouffes-Parisiens où il peut laisser libre cours à la présentation de ses œuvres .Ce qui ne sera pas chose facile en raison de la censure qui le rappelle souvent à l’ordre.

Durant sa carrière il fut acclamé à Londres et aux Etats Unis – Sa musique fut très inventive, vivace, festive, joyeuse, insouciante, moqueuse,  populaire mais n’en est pas moins profonde dans sa vision et sa réflexion sur la société et les mœurs de son époque, tout comme les critiques qu’il y fera passer sur la politique en place. Il restera toujours fidèle à cette vision des choses.

Il a eu différents librettistes qui ont travaillé avec lui (Jules Barbier, Eugène Leterrier, Alfred Mortier , Eugène Cormon notamment ) , mais la collaboration la plus fructueuse, complice,  et prolifique sera celle qu’il partagera avec Henri Meilhac et Ludovic Halévy, avec lesquels d’ailleurs il se montrera très exigeant.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

On a aimé et ovationné Offenbach en France, tout comme il a été terriblement méprisé, critiqué, affublé de surnoms pas toujours très aimables ( amuseur vénaloiseau railleur … j’en passe et des plus méchantes notamment sur le fait qu’il était issu d’une famille juive) . Tout comme d’autres le trouveront génial et infiniment doué . Il se convertira au catholicisme pour l’amour de celle qu’il épousera Herminie d’Alcain. Ils auront 5 enfants ( quatre filles et un fils qui va mourir en 1883  ).

OFFENBACH et sa famille
Jacques Offenbach et sa famille

Pour l’occasion, je vous propose quatre de ses œuvres qui sont célèbres et lui ont apporté beaucoup de succès, voire même furent ( pour certaines ) auréolées de triomphe :  Orphée aux enfers en 1858 – La Belle Hélène en 1864 – La vie parisienne en 1866  et sa dernière classifiée en tant que  »opéra fantastique »  Les Contes d’Hoffmann en 1881 (Offenbach décédera durant les répétitions )

ORPHÉE AUX ENFERS :

(Vidéo : Ouverture – Herbert V.KARAJAN à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE BERLIN )

Opéra-bouffe ( ou première grande opérette française ) alternance de chanté et parlé, composé en 1858, créé au théâtre des Bouffes-Parisiens la même année, puis révisé en 1874 et créé alors au théâtre de la Gaîté.  Livret de Hector Crémieux  et Ludovic Halévy.  Ce sera son premier gros succès. Offenbach se moque là d’un sujet très prisé dans les siècles passés à savoir Orphée et Eurydice.

Une partie de la presse de l’époque va crier au scandale, les critiques aussi, l’accusant à la fois de ridiculiser l’Antiquité, d’injurier le gouvernement, tout mettant en avant les problèmes sociaux de l’époque.  Mais le public, même s’il entendait les attaques, se précipita très nombreux pour voir le spectacle, lequel obtiendra un triomphe et fera l’objet de plus de 220 représentations, ce qui sera une bonne aubaine pour lui car sa situation financière était au plus bas.

C’est vraiment une œuvre pétillante, brillante, impertinente, caustique et audacieuse.

Le Galop infernal entendu à la fin de l’Ouverture va être repris , bien des décennies plus tard, dans les spectacles de music-hall pour accompagner la danse du french can-can.

( Vidéo :  » Duo de la mouche  » Acte III – Mady MESPLÉ & Michel TREMPONT – Accompagnés par l’ORCHESTRE DU CAPITOLE DE TOULOUSE sous la direction de Michel PLASSON

 

LA BELLE HÉLÉNE

(Vidéo : Ouverture – Bruno WEIL à la direction de l’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE VIENNE )

La Belle Hélène reprend, avec talent, raffinement, et beaucoup de dérision,  son envie jubilatoire de parodier les héros grecs de l’Antiquité. Dans celle-ci Agamemnon et Achille rivalisent d’une très amusante stupidité. Calchas est un bateleur coureur de jupons et un fieffé tricheur, Ménélas le roi de Sparte est le cocu de service, Pâris plait énormément à la coquette épouse de Ménélas,  Hélène, qualifiée de cocotte, laquelle va être conquise par le jeune homme. Tout est bon pour y parler de l’absence de moralité de la société.

C’est une œuvre populaire et célèbre, impertinente parfaitement aboutie, ingénieuse , cocasse, réussie, magnifique, avec une musique endiablée,  étincelante et lumineuse, qui connaîtra un grand succès, ce qui amènera Alphonse Daudet à parler d’Offenbachiade. Elle fut créée en 1864 au théâtre des Variétés à Paris.

L’héroïne principale fut la soprano Hortense Schneider qui deviendra non seulement sa maîtresse mais l’interprète favorite d’un grand nombre de ses pièces.

SCHNEIDER Hortense par Alexis PERIGNON
Hortense SCHNEIDER

(Vidéo : «  Elle vient c’est elle !  » ( Acte III ) – Les MUSICIENS DU LOUVRE sous la direction de Marc MINKOWSKI avec Félicity LOTT – Laurent ALVARO – Stéphanie d’OUSTRAC – Joël SOUPIRON – Éric HUCHET – François LEROUX – Laurent NAOURI – Magali LÉGER – Marie-Ange TODOROVITCH – Yann BEURON – Alain GABRIEL – Michel SÉNÉCHAL )

 

LA VIE PARISIENNE 

( Vidéo :  » Ouverture  » – Bruno WEIL à la direction de l’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE VIENNE )

A l’époque où Offenbach écrira  la Vie Parisienne ( 1866 ) il est auréolé par ses précédents  succès. C’est le directeur du théâtre Royal qui lui demande  une œuvre caricaturale de la société parisienne. Un sujet qui ne pouvait que plaire au compositeur et ses deux complices, les librettistes Meilhac et Halévy, qui avaient déjà pris beaucoup de plaisir à se moquer d’elle. Dans celle-ci, il décrit tout ce qui caractérise la vie parisienne de la haute bourgeoisie  de l’époque à savoir son  incroyable joie de vivre, son envie de s’encanailler,  l’amour, la danse dans les salons, les réceptions, le spectacle, le tout saupoudré d’un grain de folie irrésistible.

La première, présentée en cinq actes,  sera un triomphe. Par la suite, elle n’en comportera que quatre, mais il arrive que l’on reprenne la version originale.

C’est une œuvre caustique,  pleine de verve, étincelante, heureuse, entraînante, surprenante créée en octobre 1866 au théâtre du Palais-Royal.

( Vidéo :  » C’est ici l’endroit préféré des mères  » ( Acte IV ) – Régine CRESPIN – Accompagnée par Michel PLASSON à la direction de l’ORCHESTRE DU CAPITOLE DE TOULOUSE )

LES CONTES D’HOFFMANN

(Vidéo :  » Barcarolle  » – Anna NETREBKO et Élina GARANCA – Accompagnées par Emmanuel VUILLAUME à la direction de l’ORC HESTRE PHILHARMONIQUE DE PRAGUE)

C’est l’œuvre testamentaire d’Offenbach , celle qui lui permettra d’être reconnu comme étant un merveilleux compositeur lyrique. Il avait espérer fortement que cela puisse se faire tout au long de sa carrière. Il ne sera pas là pour le savoir car il décédera durant les répétitions en 1880. Elle raconte différentes périodes de la vie sentimentale d’un homme, un poète maudit, face à trois femmes : Olympia, Antonia et Giulietta.

Compte tenu du fait qu’elle n’était pas totalement terminée, de nombreuses personnes voudront en donner une version définitive, persuadées de suivre ce qu’Offenbach aurait souhaité.

C’est un véritable et exceptionnel  chef d’œuvre, à la fois léger et sérieux, comique et dramatique, entre rêve et réalité,   créé en 1881 à l’Opéra Comique de Paris, cinq mois après le décès de son créateur . Le livret fut signé par Jules Barbier d’après sa propre pièce Les contes fantastiques d’Hoffmann  écrite en 1851  en collaboration avec Michel Carré ;  mais également d’après différents contes de l’écrivain allemand Ernest Theodor Hoffmann.

C’est une œuvre complexe, brillante,  qui présente une grande force dramatique, un orchestral plein de subtilité et de mélancolie.