Diane de POITIERS … Favorite en titre du roi HENRI II

DIANE DE POITIERS à sa toilette école de fontainebleau
 » Dame à sa toilette  » ( Diane de Poitiers ) – École de Fontainebleau

 » Le 7 Juillet 1530, une semaine après le retour en France de ses deux fils aînés ( qui, durant quatre ans avaient été retenus en otage à Madrid pour lui permettre de recouvrer la liberté) François Ier, veuf de Claude de France, ratifie une paix fragile avec l’Espagne en épousant, en secondes noces, Éléonore d’Autriche. Le tournoi qui couronna les festivités en l’honneur de la nouvelle reine vit pour la première fois entrer en lice les deux jeunes princes. Le second fils du monarque avait onze ans à peine. Diane, trente, mais sous le voile du rituel chevaleresque se cachait une véritable déclaration d’amour. Le jeune homme porterait les couleurs de la dame du tournoi tout au long de sa vie.

Le sentiment d’adoration qu’Henri éprouvait pour la Grande Sénéchale remontait en réalité au jour où il était parti en captivité pour l’Espagne avec son frère. Alors que la Cour n’avait d’yeux que pour le dauphin, Diane avait été frappée par l’angoisse qui se lisait sur le visage du jeune Henri. Elle l’avait serré dans ses bras et avait effleuré son front d’un baiser.

Sans doute à la demande de François Ier lui-même, qui comptait sur son enseignement pour policer son fils et l’initier aux usages du monde, Diane consentit de se laisser adorer publiquement par Henri, selon les rites du platonisme courtois en vogue, prenant sur lui un ascendant total. Malgré la position solide dont elle jouissait depuis toujours à la Cour, elle ne sous-estimait pas les avantages que pouvait lui procurer l’appui inconditionnel d’un prince de sang royal. Par la suite, elle sera la première à encourager l’union du jeune prince avec la descendante des Médicis, une union qui apportait un lustre supplémentaire à sa famille puisque le grand-père maternel de Catherine ( Jean de la Tour d’Auvergne) était le frère de la grand-mère paternelle de Diane.

Mais lorsqu’en 1536, trois ans après ce mariage, la mort inopinée du dauphin fit de Henri l’héritier du trône, la veuve inaccessible descendit de son piédestal et se donna à son admirateur tout en continuant à masquer leur relation charnelle sous les dehors de l’amour courtois. Prendre à trente-six ans un amant de dix-sept ans n’était pas sans écueils : perdre sa flamboyante réputation, encourir le ridicule, la raillerie, la calmonie, l’exposer tôt ou tard à un abandon humiliant. Mais avait-elle le choix ? Continuer à se refuser à un jeune homme ardent et jeune n’était-ce pas en quelque sorte rendre les armes ? Et d’ailleurs, le jeu n’en valait-il pas la chandelle ?

Leur première rencontre amoureuse aura lieu au château d’Écouen grâce à la complicité de leur ami commun, le connétable Anne de Montmorency.  Si Henri jurait à Diane une obéissance éternelle, Diane, de son côté, engageait une course spectaculaire contre le temps pour garder intacte sa séduction. Bains glacés, exercices physiques en plein air, régime alimentaire spartiate, élimination de fards et maquillages nocifs pour la peau, telles étaient les stratégies d’avant-garde auxquelles elle avait recours pour défier le temps  et conserver sa beauté sculpturale.

L’autorité dont jouissait Diane après qu’Henri eut accédé au trône, loin d’être le fruit d’une investiture temporaire, était une autorité permanente et illimitée puisqu’elle émanait directement du souverain. Elle se manifestait au travers d’un système précis de signes centrés sur les diverses valeurs symboliques de la figure de Diane.  En termes politiques plus prosaïques, cela signifiait que la Grande Sénéchale occupait dans les faits une charge très proche de celle de conseiller du roi et de Premier ministre. En 1547, un agent du duc de Ferrare rapportait à son prince qu’Henri II passait au moins un tiers de sa journée en compagnie de sa favorite et la consultait pour toutes les décisions importantes.

Drapée dans la légende qu’elle avait tisser si habilement, élevée au rang de duchesse de Valentinois, le titre que Louis XII avait conféré à César Borgia, elle exerçait sur le souverain et la famille royale, sur la Cour, sur la politique française, un pouvoir sans égal. Longtemps elle pressa son amant d’accomplir son devoir conjugal quand, après neuf années de stérilité, Catherine de Médicis donna le jour coup sur coup à dix enfants. Elle s’occupa personnellement de leur éducation. Elle portait les bijoux de la couronne, présidait toutes les cérémonies officielles, avait voix au chapitre pour toutes les charges. Elle soutint une politique favorable au catholicisme et hostile aux protestants. L’infatigable énergie qu’elle déployait dans l’exercice du pouvoir ne l’empêcha pas d’accumuler une immense fortune personne et de l’administrer avec une avarice pointilleuse.

Le 10 Juillet 1559, Henri II mourut. Catherine de Médicis demanda à son ancienne rivale la simple restitution des bijoux de la couronne et lui enleva le château de Chenonceau (le plus beau des présents qu’elle avait reçus du roi) . Pour la descendante des Médicis, la vengeance représentait une inutile dépense d’énergie. Par ailleurs, la duchesse de Valentinois avait des liens familiaux et des amitiés trop puissants pour prêter le flanc à des grandes représailles. Certes, la duchesse ne vint plus à la Cour, mais ses livres de comptes montrait qu’elle continuait à faire de fréquents séjours à Paris, à entretenir d’étroites relations avec les grandes familles du royaume ( les Bourbons, les Montmorency, les Guises ) et à recevoir dans ses domaines.

Parvenue au sommet de la noblesse française bien avant de devenir la favorite du monarque, Diane conservera , jusqu’à la fin de ses jours, la place qui lui revenait de droit dans la société aristocratique. Elle ne doit la légende qui lui survécut et s’inscrivit durablement dans l’Histoire de France, qu’au culte que lui avait voué Henri II.  » Benedetta CRAVERI ( Professeur d’université, spécialiste de la civilisation française des XVIIe et XVIIIe siècle, écrivain, historienne italienne )

Öèôðîâàÿ ðåïðîäóêöèÿ íàõîäèòñÿ â èíòåðíåò-ìóçåå Gallerix.ru
 » Diane chasseresse  » ( Diane de Poitiers ) 1550 – École de Fontainebleau – Diane de Poitiers fut une grande figure de la Renaissance française.

https://pointespalettespartition.wordpress.com/?s=henri+II (Pour celles et ceux qui voudraient revoir l’exposition sur Henri II )

P.S. : je rajouterai que Diane de Poitiers doit son titre de Grande Sénéchale au fait qu’elle fut l’épouse de Louis de Brézé, Grand Sénéchal de Normandie. C’est lui qui avait hérité du château d’Anet à la mort de ses parents. Il reviendra à Diane et leurs deux filles lors de son décès . Lorsque Diane deviendra favorite en titre , Henri II va la couvrir de cadeaux : forêts, châteaux , bijoux. Leurs initiales ( H & D ) seront même sculptées dans la pierre. Il lui octroiera le titre de duchesse de Valentinois, puis duchesse d’Étampes. Tous deux vont entreprendre de gros travaux de restauration, modification, embellissement au château d’Anet – De nombreux artistes de son temps, dont elle était proche, viendront y travailler. Elle avait, en effet, une grande connaissance de l’art. Anet sera, malheureusement, mis sous séquestre puis vendu en lots durant la Révolution. Abandonné, à moitié détruit  dans les années qui suivront, il verra arriver différents propriétaires avant de retrouver son éclat d’antan.

Elle s’est retirée là-bas à la fin de sa vie et va y mourir à l’âge de 66 ans . Elle sera inhumée dans la chapelle du château à la demande de sa fille Louise en 1576. Malheureusement son cercueil sera profané à la Révolution et ses restes jetés dans la fosse commune. En 2008 une équipe de scientifiques les retrouveront. Ils seront identifiés comme lui appartenant  grâce à une fracture à la jambe et une forte concentration d’or.  Il faut savoir que pour rester jeune et belle elle en absorbait sous forme de solution buvable.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

30.5.2019 : Ascension – Cantate BWV 128 … Jean-Sébastien BACH

ASCENSION Dosso DOSSI XVIe siècle.jpg
 » Ascension  » –  Giovanni DI NICCOLO DE LUTERO dit DOSSO DOSSI

Auf Christi Himmerlfahrt Allein ( Seule l’ascension du Christ … ) BWV 128 fait partie des quatre Cantates composées à Leipzig en 1725 pour les fêtes de l’Ascension. Elles célébraient la montée au ciel du Christ pour prendre place aux côtés de Dieu.

Comme les autres, celle-ci est, par conséquent, très festive puisque c’est un moment heureux dans l’histoire chrétienne. Elle est très belle, émotionnelle, attrayante, triomphante, se déploie dans un orchestral d’une grande variété, fort et important, au travers d’un très beau texte :  » je surmonterai mes doutes et mes peurs et le suivrai au ciel à l’endroit où il nous conduit tous …  »

(Vidéo : John Eliot GARDINER à la direction de l’ENGLISH BAROQUE SOLOISTS et du MONTEVERDI CHOIR )

 

Paul et Virginie … Jacques Henri BERNARDIN de SAINT-PIERRE

BERNARDIN DE SAINT PIERRE.jpg
Jacques Henri HERNARDIN DE SAINT-PIERRE – Par  Louis HOLWECK ( Jardin des Plantes à Paris )

 » Homme des lumières, l’écrivain Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre ( 1737-1814) ne pouvait se douter que son roman sentimental Paul et Virginie allait engendrer une telle idolâtrie dès la fin du XVIIIe siècle. Certes, en racontant les amours idylliques de deux jeunes gens élevés dès leur plus tendre enfance au sein d’une nature édénique qui les a rendus beaux, purs et vertueux, l’auteur s’inscrivait dans la veine romantique chère à son époque. Aucun ingrédient ne manque à ce décor de carte postale : un sentiment de grandiose tout entier incarné dans cette île de France ( l’actuelle Île Maurice ) aux allures de paradis perdus, deux jeunes héros qui n’ont pas encore subi les ravages de la  » bonne éducation  » et les effets pervers de la société, à quoi s’ajoute un destin tragique : un nauvrage séparera à jamais ces deux âmes innocentes.

Premier des romans exotiques, cette apparente bluette aux accents sentimentaux deviendra pourtant la matrice dans laquelle puiseront des écrivains aussi talentueux que Chateaubriand, Flaubert, Lamartine, Balzac, Pierre Loti et, plus proche de nous, Jean-Marie Gustave Le Clézio. Loin d’être né ex nihilo, Paul et Virginie se rattache aussi à un courant littéraire du XVIIIe siècle aux vertus philosophiques. Sous couvert d’exotisme, les récits de voyages, réels ou imaginaires, sont en effet prétextes à décrire des populations autres, à délivrer des connaissances scientifiques sur la faune et la flore, à cartographier la diversité des mœurs et des coutumes aux quatre coins du globe.

Publié en 1788, un an avant la Révolution, Paul et Virginie connaîtra un succès qui dépassera largement les frontières de la France et suscitera une imagerie pléthorique. Bien plus ! Le roman de Bernardin sera mis au service, bien malgré lui, d’une France coloniale civilisatrice. Dès 1931, le tout nouveau musée des Colonies accueille peintures, céramiques, bibelots, sculptes et estampes inspirés par le roman dans une section ornée d’un magnifique papier peint panoramique sorti de la manufacture de Joseph Dufour(1824).  Cette mise en scène créole sera enrichie par Ary Leblond lorsqu’il sera nommé, en 1935, directeur de ce qui deviendra le musée de la France d’outre-mer. Sorties des réserves et de l’oubli, cette collection est désormais regardée pour ce qu’elle est : un témoignage de ferveur populaire et un instrument de propagande coloniale avec tout son cortège de clichés fondateurs.  » Bérénice GEOFFROY-SCHNEITER ( Historienne de l’art, critique d’art, journaliste française  et écrivain )

paul et virginie prosper d'épinay.jpg
 » Paul et Virginie  » par Prosper d’ÉPINAY

La Tristesse … par Anne DUFOURMANTELLE

« La tristesse nous laisse entre deux mondes, ni désespoir ni indifférence, elle est une promenade au bord de la catastrophe, mais avec élégance, comme un enfant qui court le long d’une falaise sans percevoir le danger, les yeux dans la fracture du ciel, le dessin des nuages, la douceur du vent. Elle n’a pas d’épaisseur propre, pas d’écho. Elle délimite un espace intérieur flou, déraisonnable, où l’on reste au bord des larmes avec en même temps un apaisement étrange. La tristesse peut submerger, mais elle apaise aussi ; elle a un pouvoir d’adhérence qui enveloppe le corps dans une sensation cotonneuse d’étrangeté à soi-même, comme un chagrin d’amour dont on aurait subitement perdu le sens, mais pas la nostalgie. « ‘ Anne DUFOURMANTELLE ( Philosophe, psychanaliste française, écrivain – Extrait de son livre L’éloge du risque  )

DUFOURMENTELLE Anne
Anne DUFOURMANTELLE ( 1964-2017) – Elle s’est noyée en portant secours à un enfant sur la plage de Ramatuelle ( Var-France) en 2017

26 Mai 2019 … Fête des mamans

 » Quelquefois sur ma tête elle met ses mains pures,
blanches, ainsi que des frissons blancs de guipures.

Elle me baise au front, me parle tendrement,
d’une voix au son d’or mélancoliquement.

Elle a les yeux couleur de ma vague chimère,
Ô toute poésie, ô toute extase, ô Mère !

A l’autel de ses pieds je l’honore en pleurant,
je suis toujours petit pour elle, quoique grand.  » Emile NELLIGAN ( Poète québécois )

MAMAN EMILE MUNIER.jpg
Tableau de Émile MUNIER –  » Ma mère était mon premier pays, la première terre où j’ai vécu …  » Nayirah WAHEED ( Poétesse américaine )

 

Madame de MAINTENON …Dans les allées du pouvoir

MME DE MAINTENON dans les allées du pouvoir.jpg

MAINTENON Mme
 » Portrait de Mme de Maintenon  » d’après Pierre MIGNARD ( Musée Bernard d’Agesci à Niort / France ) – Tableau servant l’illustration de l’affiche-expo

 » La cour paraît dans le lointain comme un faisceau de fleurs ; de près, ce n’est plus qu’un buisson d’épines.  » Françoise d’AUBIGNÉ, Marquise de MAINTENON ( Favorite et épouse morganatique du roi Louis XIV, fondatrice de la Maison royale de Saint-Louis ( St Cyr ) – Extrait de ses Maximes et Pensées ( 1719 ) 

 » Regardée à St Cyr comme une sainte, à la Cour comme une hypocrite, à Paris comme une personne d’esprit et dans toute l’Europe comme une femme sans mœurs. » Laurent ANGLIVIEL de la BEAUMELLE ( Homme de Lettres français, premier biographe de Mme de MAINTENON )

MME DE MAINTENON Pierre MIGNARD.jpg
Portrait de Madame de MAINTENON – Pierre MIGNARD ( Château de Versailles / France)  «  J’ai vu la plus belle chose qu’on puisse imaginer : c’est un portrait de Madame de Maintenon fait par Mignard. Elle est habillée en sainte Françoise Romaine. Mignard l’a embellie, mais c’est sans fadeur, sans incarnat, sans blanc, sans l’air de la jeunesse et sans toutes ses perfections. Il nous fait voir un visage et une physionomie au-dessus de tout ce que l’on peut dire ; des yeux animés, une grâce parfaite, point d’atours, et avec tout cela aucun portrait ne tient devant celui-là ….  » c’est ce qu’écrivait l’épistolière française Marie-Angélique du GUÉ DE BAGNOLES, dame de COULANGES  en 1694 à propos de ce portrait.

Le château de Versailles fête le tri-centenaire de la mort de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, surnommée la belle indienne (quand elle était jeune) ou Mme de Maintenant ( à la Cour du roi Soleil) ou bien encore Votre Solidité ( par le roi lui-même )  ,laquelle a eu une destinée assez incroyable et fascinante : partant d’une naissance pauvre dans une prison pour finir  à la Cour de Versailles où elle fut d’abord engagée pour s’occuper des enfants illégitimes du roi Louis XIV et de Madame de Montespan, puis devenir, par la suite, la favorite en titre et l’épouse de ce roi à la mort de la reine Marie-Thérèse. L’exposition s’intitule :

 » Madame de MAINTENON – Dans les allées du pouvoir – Jusqu’au 21 juillet 2019 – Une soixantaine d’œuvres : tableaux, dessins, gravures, livres, sculptures, médailles, sont présentés pour l’occasion, prêts des collections des châteaux de Versailles et Trianon, ainsi que de différents grands musées français et internationaux. Une exposition chronologique  présentée dans l’appartement ( 4 pièces ) qu’elle a occupé  de 1679 à 1715 au 1er étage à Versailles, tout à côté de celui du roi. A noter les tentures d’origine, tissées par la Maison Tassinari et Chatel, qui ont pu être restitutées selon l’inventaire du Garde-Meuble de la couronne datant de 1708.

Elle a séjourné à Versailles durant 32 ans. Au milieu du faste, des fêtes, des soupers, des bals, elle est restée finalement très secrète, mystérieuse, ce qui ne l’empêchait pas de se tenir au courant de toutes les petites intrigues et manigances de la Cour. Des agissements qui ont amené beaucoup à la voir comme une hypocrite sournoise  – On l’a accusée de bien des choses comme  d’aimer le pouvoir,  de savoir y faire  ( sous des airs très angéliques ) pour obtenir ce qu’elle voulait des uns et des autres, de la provocation de l’abrogation de l’Édit de Nantes (rien ne l’affirme véritablement  ) ou d’avoir complètement transformé le roi en le rendant très pieux ( là c’est une certitude  car elle était très bigote à la fin de sa vie )

Françoise d’Aubigné, petite fille du poète protestant baroque, historien pamphlétaire Agrippa d’Aubigné, est née en Novembre 1635 à la prison de Niort où son père Constant était incarcéré. Ce dernier  fut chevalier et seigneur avant de finir dans une vie décousue de  truand, faussaire, assassin (il a tué sa première épouse et l’amant de celle-ci ). On dit même qu’il avait comploté contre le cardinal de Richelieu. Après un premier mariage et un enfant, il a épousé Jeanne de Cardilhac, fille du gouverneur de Bordeaux, dont il a très vite dilapidé la dot. Elle a, malgré tout, tenu à rester à ses côtés durant son incarcération, et  lui a donné trois enfants : Constant né en 1628, Charles en 1634 et Françoise en 1635.

MAINTENON Acte de Baptème.jpg
Acte de baptême de Françoise d’Aubigné – 1635 – Registre des baptêmes Notre-Dame de Niort / Archives du département des Deux-Sèvres

Françoise a donc  fait ses premiers pas en prison. A l’âge de 3 ans , sa tante paternelle Louise Arthémiste d’Aubigné-De Villette, mariée à un militaire du roi, décide de la prendre avec elle et l’élever  avec ses quatre enfants dans sa maison de Morsay, non loin de Niort. Ce seront des années heureuses, bienveillantes, où on lui prodigue affection et bons principes, mais  qui prendront fin en 1642  lorsque son père sera libéré et décidera de partir avec femme et enfants aux Antilles dans une plantation.

La chose est faite en 1644. Elle ne va pas durer longtemps car une fois sur place, Constant les abandonne, en les laissant sans argent. Il a fallu que sa mère se démène auprès de sa famille en France pour pouvoir rentrer en 1645.  Françoise séjournera, à nouveau, chez son oncle et sa tante pour une courte durée malheureusement. On la place, en effet, chez la mère de sa marraine, réputée méchante et bigote, Louise Françoise Tiraqueau, comtesse de Neuillan qui était mariée au gouverneur de Niort. Elle sera très malheureuse dans cette maison,  une petite Cendrillon pourrait-on dire. Elle subira bon nombre d’humiliations mais se taira.

A 16 ans, elle décide de s’affranchir de cette vie. Elle sait qu’elle n’a pas de dot et ne pourra, en conséquence, prétendre à un beau mariage. Ne souhaitant pas finir sa vie au Couvent des ursulines où elle avait déjà été placée , elle accepte d’épouser l’écrivain Paul Scarron, vingt-cinq ans de plus qu’elle, libertin, infirme, physique repoussant, provocateur, débauché, et pour couronner le tout : criblé de dettes, mais à côté de cela il était intelligent, cultivé, plein d’humour et recevait beaucoup notamment de nombreux écrivains, des financiers, des nobles et gens de la Cour qui appréciaient sa personnalité burlesque.

PAUL SCARRON.jpg
Portrait de Paul SCARRON ( Estampe de Etienne JAHANDIER )
EXTASE.jpg
 » L’extase de Saint Paul  » – 1649/1650 – Nicolas POUSSIN ( Musée du Louvre / Paris- France)  Ce tableau avait été acheté par Paul Scarron, premier mari de Mme de Maintenon. Elle l’a conservé durant toute sa vie.

Nul ne sait comment se passait réellement dans l’intimité avec cet homme, voire même si le mariage fut consommé ou pas , toujours est-il qu’elle s’accommodera  de cette vie, s’occupera de lui  et surtout rencontrera de nombreuses personnes influentes dans leur hôtel particulier de l’Impécuniosité

Quant à elle, elle était belle, intelligente, discrète, ayant  de l’esprit, du tact,  et un don dans l’art de conter qui plaisait énormément. Elle rencontrera beaucoup de monde et se fera des amies qui l’inviteront  pour des dîners comme Madame de Sévigné, Madame de Montespan, Madame d’Hudicourt ,Marie Mancini, Madame de Coulanges, la marquise de Montchevreuil, la duchette d’Albret etc.. (lesquelles lui permettront de faire son entrée à la Cour) mais aussi la courtisane Ninon de Lenclos.

En 1660, Scarron décède. Françoise, devant l’importance des dettes laissées par son époux,  doit abandonner leur hôtel aux créanciers. Le bruit court qu’elle aurait eu des amants : le chevalier de Méré ou le maréchal d’Albret … sans rien de véritablement affirmatif , d’autant que Mme de Montespan, favorite en titre de Louis XIV, va lui demander de s’occuper de leurs enfants et qu’elle ne l’aurait probablement pas fait si Françoise d’Aubigné avait eu une réelle  mauvaise réputation.

Mme Montespan n’était pas encore la maîtresse du roi Soleil lorsqu’elle fait la connaissance de Françoise d’Aubigné à l’hôtel d’Albret –  Elles ne venaient pas du même niveau social, mais se rejoignaient dans ce qui avait attrait à l’art de raconter, celui de briller en société par un esprit plein de vivacité et d’intelligence. De plus, Françoise était quelqu’un de très pieux , sur laquelle on pouvait compter. Autant de qualités qui ont attiré la favorite du roi pour lui offrir le poste de gouvernante des enfants  qu’elle avait avec lui. Ce qu’elle acceptera  avec grand plaisir. Elle arrivera à Versailles par la petite porte  en 1969.

ENFANTS.jpg
Entrer un » Portrait du duc de Maine et du Comte de Vexin en compagnie de Mme de Maintenon  » ( deux des enfants de Mme de Montespan et du roi Louis XIV ) – 1674 Pierre MIGNARD ( Château de Versailles / France°

Durant un certain temps elle a mené de front sa vie sociale et l’éducation des enfants dont elle avait la charge. Mais la deuxième fonction va lui prendre quasiment tout son temps car l’aîné était de santé fragile et va mourir à l’âge de 3 ans. Elle devra s’occuper des suivants ( trois ). A la différence du roi, Mme de Montespan n’était pas femme à beaucoup s’inquiéter pour eux. Françoise d’Aubigné va donc  les entourer d’une grande affection maternelle, et c’est quelque chose qui va, non seulement attirer Louis XIV , mais  l’émouvoir aussi car il aimait énormément ses enfants .

Elle entrera dans sa vie à une époque où il était dans le doute et les interrogations de sa vie, notamment à propos de la mort de ses héritiers – Il voyait là comme une sorte de punition de Dieu par rapport à la vie qu’il menait . Peu à peu Françoise va l’apaiser, lui faire retrouver le chemin de la  spiritualité pour l’aider à se sentir mieux . Il va apprécier sa personnalité qui n’avait rien de commun avec les autres femmes de la Cour. Il la trouvait différente, attirante, ayant de la conversation. Il aimait venir la voir régulièrement dans l’appartement qu’elle occupait à Versailles lorsqu’elle s’occupait de ses enfants , et prenait du plaisir à s’entretenir avec elle, longuement, sur différents sujets. Sa compagnie va le changer à un point tel qu’il ne s’intéresse plus vraiment aux autres amourettes qui passaient dans sa vie et sur ses conseils il se rapprochera même davantage  de la reine.

MAINTENON racine lisant Athalie devant Mme de MAINTENON et Louis XIV 1819, de Julie Phlipaut
 » Racine lisant Athalie devant le roi Louis XIV et Mme de Maintenon  » – 1804 – Julie PHILIPAUT

Rien ne confirme qu’ils furent amants avant la mort de cette dernière où la mise en disgrâce de Mme de Montespan la favorite à cause de l’affaire des poisons ,  mais de fortes probabilités existent  parce qu’ il y avait une très forte attirance entre eux . Elle deviendra sa confidente et son amie. Elle recevra une rémunération assez conséquente lorsqu’elle était gouvernante de ses enfants, ce qui lui permettra de mettre pas mal d’argent de côté durant sa vie . Il lui offrira le titre de Marquise de Maintenon, et elle recevra  des titres qui lui permettront d’acheter un château, près de Chartres, lequel porte son nom.

MAINTENON château gravure du XVIIIe
Château de Maintenon ( Gravure du XVIIe siècle)
MAINTENON Château actuel
Château de Maintenon actuel

Louis XIV a épousé Mme de Maintenon en Octobre 1683. Elle fut, avant cela, sa dernière favorite en titre. Ils se sont unis dans l’ancienne chapelle de Versailles avec très peu de personnes autour d’eux. C’est le père La Chaize qui aurait procédé à la bénédiction nuptiale. Quelqu’un de proche pour le roi puisqu’il était son confesseur personnel.  Marie-Thérèse avait succombé en juillet de la même année. Ce fut une reine qui s’est tenue dans l’ombre de son roi Soleil. Elle lui a donné six enfants légitimes dont un seul, malheureusement, parviendra à l’âge adulte.

MARIAGE Louis XIV Mme de Maintenon.jpg
 » Mariage du roi Louis XIV avec Mme de Maintenon  »  Gravure de Maurice LELOIR ( Le Roy Soleil – Georges-Gustave TOUDOUZE publié en 1903 )

Le mariage entre le roi et Mme de Maintenon aurait été  célébré en privé, tenu secret, jamais officialisé. Elle ne sera jamais reine. Toutefois à la Cour on  » devinait  » ce qui s’était passé sans que cela soit officiel. «  Je n’ai pas pu savoir si le roi a oui ou non épousé la Maintenon. Il y en a qui assurent qu’elle est sa femme et que l’archevêque de Paris les a unis en présence du confesseur du roi et du frère de la Maintenon. D’autres disent que ce n’est pas vrai, et qu’il est impossible de savoir ce qu’il en est  » confiait la princesse palatine Elisabeth Charlotte d’Orléans dans une correspondance.

Cette union morganatique  a changé le roi.  Désormais il deviendra incroyablement pieux, allant à la messe tous les jours, se confessant régulièrement, travaillant davantage avec ses ministres même si, bien sur, il tenait à rester le seul maître à bord !  Jusqu’à la fin de son règne, Mme de Maintenon restera très influente à ses côtés, supportant son mauvais caractère ou ses sautes d’humeur sans se plaindre, attendant des moments meilleurs où elle pourrait plus facilement lui parler, voire même le contredire, au courant de toutes les délibérations ministérielles, le conseillant si besoin était.

Le  roi s’éteindra en 1715. Elle prendra alors la décision de quitter Versailles pour ne pas affronter la famille royale qui ne manquerait probablement pas de lui faire comprendre qu’elle n’était plus franchement la bienvenue. Elle va se retirer à Saint-Cyr où elle décédera en 1719. Elle avait 84 ans. Elle restera une femme que l’on a dit avoir été une gestionnaire avisée, un esprit brillant, aimée de certains, haïe par d’autres, épistolière, bienfaitrice, fondatrice d’une institution importante.

MAINTENON St Cyr
 » Vue générale de l’entrée de la Maison des Dames de St-Cyr – Estampe du XVIIe siècle – Pierre AVELINE l’Ancien – ( Château de Versailles / France )
LOUIS XIV Plan St Cyr.jpg
 » Portrait de Louis XIV tenant les plans de Saint-Cyr  » – Nicolas René JOLLAIN Le Vieux ( Château de Versailles / France )

En effet, elle a souhaité une Maison qui puisse prendre en charge l’éducation des jeunes filles issues de la noblesse pauvre comme elle le fut elle-même autrefois. C’est donc ainsi que naîtra la Maison royale de Saint Louis à Saint Cyr. Les travaux seront menés par Jules Hardouin-Mansart à la demande de Louis XIV.  Elle  fut inaugurée en 1686. Le but premier de cette institution ( la première dans son genre )était de s’occuper et éduquer des jeunes filles, admises entre 7 et 10 ans, et qui restaient là jusqu’à 20 ans,   en privilégiant la spiritualité,  la lecture, la morale, la discipline, les bons sentiments ; leur apprendre à converser, à se montrer charitables, à s’intéresser à l’art. Elle en a été la fondatrice et la directrice. C’est là qu’elle fut enterrée. Son corps sera exhumée en 1793 lors de la Révolution. L’école sera bombardée durant la seconde guerre mondiale. C’est à ce moment là que ses restes sont retrouvés et placés dans la chapelle royale de Versailles avant de l’être définitivement en 1979 à Saint-Cyr.

Après avoir été transformé en hôpital par décret en 1793, l’endroit deviendra une annexe des Invalides en 1798 ( l’hôpital sera donc supprimé ). L’institution accueillera en 1808,  l’École spéciale impériale militaire (fondée en 1802 par Napoléon et qui se trouvait autrefois se trouvait à Fontainebleau ) – C’est désormais l’École nationale militaire connue sous le nom de Saint-Cyr. Bombardée durant la seconde guerre mondiale et très endommagée, elle sera reconstruite à la demande du Général de Gaulle en 1963, pour devenir un collège militaire trois ans plus tard, et un lycée en 1983 lequel forme des élèves désireux d’intégrer l’école d’officiers.

Mme de Maintenon n’a jamais eu d’enfants.  C’est sa nièce Françoise Amable d’Aubigné qui recevra sa demeure en héritage. Ce château va rester dans la famille de son époux le duc de Noailles.

MAINTENON et sa nièce.jpg
 » Portrait de Mme de Maintenon avec sa nièce la future Duchesse de Noailles  » – 1688 – Louis Ferdinand ELLE ( Château de Versailles / France )

 

 

 

 

Le Jasmin … Sabine SICAUD

 » Un nom de fleur… Pour vous, ce n’est peut-être
qu’un nom charmant, sans plus. Il en est tant !
Pour d’autres, c’est peut-être, à la fin du printemps,
dans l’air tendre, un parfum qu’ils pensent reconnaître.

La fleur même, ils l’ont vue un jour ; ils savent bien
qu’elle est blanche et petite et rit aux heures chaudes
en la fraîcheur de retombantes palmes d’émeraude.
Mais, pour moi, de tout ce qu’elle est pour moi, nul ne sait rien.

Nul, s’il n’a, comme moi, contre sa joue,
senti les fins petits doigts caressants
d’un arbuste penché dans le soir qui descend,
et senti comment des étoiles se dénouent

Quand le vent joue avec des branches , nul, ailleurs,
ou sous un ciel pareil, s’il n’a, pour une branche,
pour une branche d’où glisse un bouquet d’étoiles blanches,
connu la grâce d’un jardin sauvage et sa douceur,

Nul ne sait,  Ô bijoux vivants, pétales
faits de neige et de lait, de jeune émail,
de nacre ou d’ivoire si blanc, de blanc corail,
d’une chair de jacinthe ou d’ixaura si pâle,

Blancheur qu’à sa mantille, entre un œillet de sang
et le jaune pompon d’une rose, l’Espagne,
la brune Espagne, veut comme au front blanc de ses montagnes,
blancheur qui semble un talisman, blancheur en qui l’on sent

Quelque chose du cygne, des colombes,
de l’hermine,  et qui vient, comme l’encens,
d’un sol qui brûle sous des cieux éblouissants.
Mon jasmin d’Orient ! Mon jasmin qui retombe

Du vieux mur que je sais dans un jardin gascon,
n’êtes-vous pas vraiment tout ce que j’imagine ?
L’âme des citronniers, des lauriers-roses, des glycines,
je la respire en vous comme sur un balcon

Tourné vers les pays des caravanes,
Je suis à la terrasse où des fleurs se défont
comme des glands de perles sur vos fronts,
graves petites filles musulmanes !

J’en tresse comme vous des colliers à sept rangs.
Et c’est un vieux marchand couleur de datte sèche
qui me vendit hier ses flacons odorants
pour asperger d’ardentes gouttes la nuit fraîche.

Et vous pouvez être là-bas, mon doux jasmin,
rose comme la rose ou blond comme l’abeille.
Le mimosa d’Égypte a des touffes pareilles,
les roses d’Ispahan ont ces tons de carmin.

Mais vous restez pour moi du blanc des coquillages,
minuscules cornets d’albâtre, cire en pleurs,
miettes de clair de lune aux trous noirs du feuillage,
fleurs de mon beau jasmin sauvage, dont le cœur
semble caché dans l’étui blanc d’une veilleuse.

C’est blanc que vous voyez , le long de nos chemins,
dans l’ensorcellement d’une journée heureuse,
le grand poète de chez nous, qui, brin par brin,
vous cueillait, rameaux de Gascogne, pour sa Muse !

Tout blanc, vous vous tendez aux papillons qui musent
autour de l’Ermitage , entre les espaliers.
Au chapeau du vieux puits vous mettez une aigrette ;
vous couronnez le toit penchant de Françonnette
et, pour l’Aveugle, parfumez Castelculier .

C’est pourquoi, le Poète et vous, portez sans doute
le même nom qu’une fée a choisi.
C’est pourquoi l’on vous veut, parant la route
de ceux qui vont, chantant les fleurs de leur pays.

Jasmin, jasmin d’argent, n’êtes-vous pas l’image
de l’étoile que les bergers suivaient avec les Mages ?
La nuit a pris sa cape grise… Conduisez
à travers les jardins le long pèlerinage !
Qui donc verra jamais votre petit visage,
si menu, si menu, sous les rameaux entrecroisés,
tel que, moi, je le vois, sans même ouvrir la porte,
sans même avoir besoin de regarder dehors,
si c’est le temps du premier scarabée aux ailes d’or ?

Vous êtes là , si c’est l’hiver, qu’importe !
Puisque, à mes yeux, vous ne vous fanez pas,
mystérieux jasmin qui me parlez tout bas,
puisque vous ne pouvez avoir pour moi de feuilles mortes.  » Sabine SICAUD ( Poétesse française )

Charles André VAN LOO Mme de Pompadour.jpg
 » Mme de POMPADOUR en jardinière ( bouquet jasmin )  » – 1754/55 – Charles VAN LOO ( Château de Versailles / France )

 

Fleur de MAI … Le Jasmin

 » Empruntant son nom au persan yasamin ( don de Dieu ), cette fleur odorante d’une blancheur immaculée, est une star en Asie. Depuis des siècles, on l’y associe à la beauté et à la séduction féminine. En Inde, les colliers de fleurs de jasmin constituent un don  privilégié fait aux dieux et accompagnent les mariages. En Europe, les mariées qui l’incorporent dans leur bouquet en ignorent souvent l’origine orientale.

Cette plante exotique fut importée en Italie par le duc de Toscane au XVIIe siècle. Depuis une légende lui est attachée. On raconte en effet que son jardinier était si pauvre qu’il ne pouvait épouser sa belle. Il réussit tout de même à lui offrir en cachette une fleur de jasmin que sa fiancée planta dans le sol. La plante prit racine et prospéra. Le couple en fit alors commerce, put se marier et vivre heureux.

Plusieurs pays ont fait du jasmin leur symbole national : Hawaï, l’Indonésie, le Pakistan, les Philippines. Damas, en Syrie, était surnommée la cité du jasmin car la fleur y poussait presque devant toutes les maisons. En 2011, le jasmin a donné son nom à la première des révolutions arabes. Le choix du jasmin faisait référence à cette fleur blanche emblématique de la Tunisie qui symbolise la pureté, la douceur de vivre et la tolérance. Dans le langage des fleurs elle incarne l’amour sensuel. » Nathalie CHAHINE (Journaliste française, auteur de livres sur le bien-être)

JASMIN
Il existe plus de 300 espèces de jasmins, en conséquence de quoi, la floraison de certains peut également se faire en automne. En général ils sont blancs, mais on peut en trouver aussi de couleur rose-vif ( Jasminum Besianum ) ou rose-pâle ( Jasminum Polyanthum) voire crème (Jasminum Officinale). Bien que la caractéristique du jasmin soit  son merveilleux et très envoûtant parfum, il en existe un qui n’a pas d’odeur : c’est le Jasminus Nudiflorum. Celui qui, par contre, est très recherché pour entrer dans la composition des grands parfums ( N°5 de Chanel ou Joy de Patou par exemple ) c’est le Jasminum Grandiflorum ou Jasmin de Grasse.) – A noter que le jasmin est fort apprécié en Chine pour le thé. Ses feuilles, récoltées au printemps, à la main, se mélangent fraîches à celles du thé . L’ensemble donne une boisson ancestrale  qui, dans ce pays, est devenue un thé mythique. Et enfin, une dernière petite chose : on fête les noces de jasmin lorsque l’on a atteint 66 ans de mariage !

 

 

    

La musique … par Alessandro BARICCO

 » L’histoire de la musique est d’abord, et avant tout, l’histoire d’une recherche sans fin de spectaculaire. L’émotion et la surprise. Pas une seule marche, dans l’aventure de la musique cultivée, qui n’ait été gravie dans le but de créer d’abord ces deux sortilèges. » Alessandro BARICCO ( Musicologue et écrivain italien )

MUSIQUE Charles VAN LOO.jpg
 » Allégorie de la musique  » – 1752/53 – Charles VAN LOO ( Musée des Beaux Arts de San Francisco / Etats Unis )