La Blanchisseuse … Henri de TOULOUSE-LAUTREC

 » La Blanchisseuse témoigne de l’influence vivace sur le jeune Toulouse-Lautrec, du naturalisme enseigné dans les ateliers académiques. Le refus d’idéaliser le réel, l’interdiction d’  » améliorer  » le modèle, sont des dogmes de l’esthétique naturaliste en vogue tant dans l’art que dans la littérature des années 1880. Harassée par le travail, en chemise, la blanchisseuse est l’une des figures emblématiques de ces  » types  » de la vie moderne, aux antipodes du symbolisme naissant. Ces femmes du prolétariat, aux revenus incertains, deviennent souvent la proie de divers prédateurs, réalité sociologique qui explique les fréquentes allusions sexuelles dans la représentation des blanchisseuses en train d’arpenter la ville, un panier gonflé de linge sous le bras. Ici, la femme, anonyme, au profil masqué par une mèche rousse, est au contraire isolée, recluse dans un meublé insignifiant n’offrant qu’une échappée, la trouée de lumière qui devient un symbole de liberté. Confronté au prosaïsme de la vie quotidienne, l’individu semble indissociable de sa fonction sociale mais l’aristocrate Toulouse-Lautrec, défendu par la presse anarchiste, fait preuve d’une empathie certaine, sinon d’une forme d’identification, envers ces invisibles.  » François LEGRAND ( Docteur en Histoire de l’Art)

 

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 » La Blanchisseuse  » 1886/87 – Henri de TOULOUSE-LAUTREC