Les mots qui s’envolent !…

 » Quand les mots sont sortis, comment les rattraper sitôt ouverte la cage. Ils se pressent au-dehors, chutent comme des corps tombant le long d’un façade, prennent de la vitesse et à la fin s’écrasent. Parfois, avant de toucher le sol, le vent les soulève, les porte, vient les pousser sous l’aile. Alors les mots s’en vont au gré des courants d’air. Il s’élèvent, s’éloignent, on ne les entend plus …. Ou bien ils restent là, perchés sur le bord de l’oreille, hirondelles posées sur le rebord d’un toit …  » Marie-Sabine ROGER ( Écrivain, française)

 

MOTS QUI S ENVOLENT

APOLLON servi par les Nymphes …

‘ je songeai donc qu’à l’autre extrémité du même parc, où était cette grotte, il serait bon de mettre Apollon qui va se coucher chez Thétys après avoir fait le tour de la terre, pour représenter que le Roi vient se reposer à Versailles après avoir fait du bien à tout le monde. Mr le Brun, lorsque le roi eut agréé le dessin, le fit en grand et le donna à exécuter, sans presque rien y changer, aux sieurs Girardon et Regnaudin pour le groupe du milieu. » Charles PERRAULT (Homme de Lettres français)

 » Quand le Soleil est las, et qu’il a fait sa tâche, il descend chez Thétys, et prend quelque relâche : c’est ainsi que Louis s’en va se délasser  » Jean de LA FONTAINE ( Poète français )

 » En effet, il n’est pas possible, la première fois qu’on voit une si belle chose, de ne douter pas de ce qu’on voit et de ne s’imaginer pas que c’est un enchantement. Les yeux sont ravis, les oreilles sont charmées, l’esprit est étonné et l’imagination est accablée, s’il faut ainsi dire, par la multitude des beaux objets. Cette grotte est très magnifique, grande, spacieuse, ayant trois enfoncements dont les diverses beautés ont pourtant du rapport entre elles. Le soleil est encore représenté au haut de la grotte, comme un astre dominant en tous lieux. Tous les ornements que l’architecture peut recevoir y paraissent, formés par des coquillages, du moins ceux qui peuvent convenir aux eaux, comme des poissons aquatiques, vrais ou fabuleux » – Madeleine DE SCUDÉRY ( Femme de Lettres française, dans son ouvrage Promenade à Versailles)

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 » Apollon servi par les Nymphes  » – 1666/75 – François GIRARDON – Thomas REGNAUDIN  (En raison des dégradations causées par les conditions météorologiques et les infiltrations d’eau dans la grotte, le groupe a été retiré pour subir une restauration importante et être   » présentable  » lors de l’exposition sur Louis XIV qui eut lieu au château de Versailles en 2009 – Désormais l’original est conservé dans la Gypsothèque de la Petite Écurie.
GROTTE DE THETYS 1676 JEAN LEPEAUTRE
Grotte de Thétys en 1676 – Illustration de Jean LEPEAUTRE  ( l faut savoir que cette grotte originale, comme l’indique l’article ci-dessous, a été, en effet détruite en 1684 , la raison en a été la construction de l’aile Nord du château- Elle avait été réalisée comme lieu des plaisirs, divertissements et fêtes pour deux favorites en titre  : Mademoiselle de la Vallière à son commencement  et Madame de Montespan plus tard. Les groupes sculptés furent alors déplacés au bosquet de la Renommée, puis dans le bosquet des bains d’Apollon.

 » La grotte de Thétys était un pavillon de plan rectangulaire couvert d’un réservoir. Son intérieur était recouvert de coquillages d’où l’appellation de grotte. La construction a commencé en 1664 et le pavillon fut détruit en 1684.

La construction du bosquet des bains d’Apollon par Hubert Robert a commencé vers 1775 et s’est achevée en 1780. La scène s’inspire de la mythologie : Apollon, après avoir terminé sa course diurne sur le char du soleil, se repose chaque soir dans la grotte de Thétys, entouré de six nymphes océanides.

On doit à Girardon la figure du Dieu, celle de la nymphe Doris qui lui verse de l’eau sur la main et celles des deux autres nymphes agenouillées en train de lui laver les pieds. Le sculpteur s’attarde avec minutie sur la lyre d’Apollon.L’habileté avec laquelle il exécute les tuniques très souples, dont les plis savamment élaboré enveloppent les corps, explique le succès qu’il a obtenu à la Cour. La main de Regnaudin est facilement identifiable dans les trois autres figures dont la réalisation est plus sommaire si on les compare avec les nymphes délicates de Girardon. »  Federica BUSTREO (Historienne de l’art, guide touristique à Florence en Italie)