Les DANSES POLOVTSIENNES … Alexandre BORODINE

BORODINE par Ilia REPINE
 » Portrait d’Alexandre Borodine  » – Ilia REPIN

 

( Vidéo : Herbert V. KARAJAN à la direction de l’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE de BERLIN )

Ces superbes Danses Polovtsiennes font partie de l’acte II de son opéra Le Prince Igor, une œuvre lyrique que le compositeur avait travaillé durant dix-huit ans par « petits bouts » , entre son intérêt pour la science et celui pour la musique, mais que, malheureusement, il n’achèvera pas.

Ce seront deux de ses amis, Alexandre Glazounov (qui fut aussi son élève )  et Nikolaï Rimsky-Korsakov qui le feront, en respectant bien ses souhaits par rapport d’une part à des notes qu’il avait laissées, et d’autre part  à ce qu’ils l’avaient entendu interpréter, comme, par exemple,  l’Ouverture : Rimsky Korsakov s’en souvenait  fort bien ; il lui fut donc très facile  de la ré-orchestrer.  Le livret est de Borodine d’après une pièce de Viktor Stassov. Il sera créé à St Pétersbourg en 1890, soit trois ans après sa mort.

Si, en raison de son décès, il ne put assister à la création de cet opéra, il eut, par contre, la joie  d’assurer celle de ces Danses qu’il fera jouer seules en 1879. Elles continuent, d’ailleurs, de constituer une page à part, souvent interprétée de façon tout à fait indépendante en concert.

Elles sont très russes, brillantes, puissantes, quasi symphoniques, lyriques et magnifiques. Borodine a expliqué s’être inspiré du peuple Coumans qu’il avait pu observer sur les bords de la mer Caspienne.

Cette musique a été utilisée pour la danse dans une chorégraphie imaginée par Mikhail Fokine pour les Ballets Russes.

Brouillard ou brume …

 » Léger et aérien, le brouillard voile et dévoile la terre et ses habitants. Il habille les vallées, déshabille les monts. Changeant et éphémère, soumis aux vents qui le déchirent, le déforment, l’étirent en flocons laineux, il est souvent comparé à du textile. Pris dans le brouillard, on a coutume de dire qu’on  est dans du coton , que le paysage est ouaté , on parle de  nappes de brouillard, ou encore de rideau.  De la matière à l’état brut aux tissus les plus raffinés, brouillard et brume passent par tous les stades de transformation du coton en vêtements. Doté d’une vie propre, le brouillard, comme la brume, se tisse lui-même, à moins que, mélangés avec des fils de lune, ils ne soient tissés par les Dames Lacustres, à l’aide de fuseaux d’osier …. Pourquoi ces métaphores textiles ? Si nous envisageons les autres éléments, vents, pluie ou neige (mis à part cette dernière, souvent comparée à du duvet d’oie), ni la pluie, ni le vent ne sont associés à un matériau d’origine végétale. L’explication, la plus évidente, tient à l’apparence même du brouillard qui le rapproche du coton à l’état brut, matière malléable, destinée à être transformée par le travail manuel mais aussi par l’imagination et la création. Travaillé par l’acte créateur, ce matériau est alors transformé en objet fini : voile, manteau, etc. La référence au textile et particulièrement au coton, matière chaude, douce et confortable, pourrait aussi provenir de la croyance dans le caractère protecteur et réchauffant du brouillard pour la terre qu’il couvre et réchauffe de son manteau protecteur les jours de grande gelée . La brume, du fait de sa couleur blanche, est évoquée plus souvent comme un drap mortuaire, suaire ou linceul.  » Lionnette ARNODIN ( Écrivain française – Extraits : Imaginaires du brouillard )

BRUME