Les BARRICADES MYSTÉRIEUSES … François COUPERIN

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« Portrait de François COUPERIN  » – Peintre inconnu ( «  Le plus poétique de nos clavecinistes  » disait Claude Debussy )

 

«  J’avouerai de bonne foi que j’aime beaucoup mieux ce qui me touche que ce qui me surprend.  » François COUPERIN 

 

( Vidéo : Scott ROSS au clavecin – 6e ordre de clavecin  comprenant : Les moissonneurs / Les langueurs tendres / Le gazouillement / La Bersan / Les baricades mistérieuses / Les bergeries, rondeau / La commeurs ère / Le moucheron 

François Couperin descend d’une grande famille de musiciens. Il fut, notamment, compositeur et organiste à la Chapelle royale de Louis XIV,  maître de clavecin, administrateur musical de sa majesté. Une position sociale et une gloire que beaucoup lui ont envié. Un compositeur baroque très apprécié  par Bach.

Il s’agit là d’une œuvre composée en 1717. Elle comprend 27 Ordres de clavecin, en 4 livres, avec, dans chacun d’entre eux de nombreuses pièces. Celle, célèbre,  dite  » baricades mistérieuses  »  est la N°5 du sixième ordre . Qu’est-ce que des Ordres : tout simplement des pièces descriptives, structurées de façon assez libre,  que l’on peut entendre les unes après les autres et auxquelles on pouvait donner un petit nom somme toute assez fantaisiste.

Couperin n’a pas laissé d’explication quant au titre donné à sa partition . Certes, il disait «  j’ai toujours eu un objet en composant toutes ces pièces. Des occasions différentes me l’ont fourni. Ainsi les titres répondaient aux idées que j’ai eues  ». Pour autant on ne sait pas réellement de quoi il s’agissait. En conséquence bien des suppositions ont été émises. Déjà, il ne pouvait s’agir de barricades au sens propre de ce mot  car vu l’épisode de la Fronde lorsqu’il était enfant, le roi Soleil n’aurait certainement pas apprécié … On a dit qu’elle pouvait avoir un rapport avec le culte rendu à Bacchus ( les romains disaient mystérium ) ou en rapport avec la fabrication du vin… Ou alors qu’il pouvait y avoir un lien avec la franc-maçonnerie de l’époque : les barricades vues comme le symbole des Templiers et tout le mystère qui pouvait y avoir autour etc …

Etant donné qu’il y a pas de certitude , on suppose que  ces «  barricades  » seraient surtout  centrées sur le côté assez étrange, mais ingénieux, de l’écriture musicale de ce compositeur, dans cet univers sonore qui fut le sien , sorte de kaléidoscope de formes décalées dans la rythmique (alternances, superpositions, attaques, intervalles etc…)

Ces pièces ont inspiré les romanciers, les poètes, les compositeurs et les peintres également. Écrites pour le clavecin, elles ont fait l’objet de nombreux arrangements que ce soit pour orchestre de Chambre ou piano. C’est une musique assez intemporelle, qui semble n’avoir ni commencement ni fin, très inventive, assez unique. Au travers des différentes pièces que l’on traverse en l’écoutant , elle se révèle brillante, délicate, subtile, fastueuse, grave ou gaie, douce, tendre, bucolique, sensible, très poétique.

(Vidéo : Gyorgy CZIFFRA ( piano ) )