Anna PAVLOVA …

 » Je suis fasciné et subjugué par la légèreté et l’aisance de sa plastique. Pas de fouettés, pas de virtuosité factice,  rien que la beauté et le glissement tout aérien, comme si elle ne devait faire aucun effort et était comblée de ce don divin digne d’un Mozart et dont la beauté et l’élégance se suffisaient à elles-mêmes. » Serge LIFAR ( Danseur et chorégraphe français – parlant d’ Anna Pavlova après l’avoir vue danser )

ANNA 2

 

Anna Pavlova fut la première danseuse a être reconnue comme une Etoile de la danse. Pour beaucoup elle reste une des meilleures dans l’histoire du ballet classique. Elle est entrée dans la légende avec sa si touchante interprétation de la mort du cygne.

 

Selon les divers témoignages que l’on peut lire sur elle, elle ne fut pas, au départ, une danseuse dotée d’une grande technique. En revanche, elle avait une danse empreinte d’un grand lyrisme et musicalité, une légèreté aérienne que d’autres ne possédaient pas, une grâce pleine de délicatesse et finesse. A force d’un travail acharné, d’endurance poussée à l’extrême, elle réussira, au fil du temps, à exécuter tous ces fameux fouettés, pirouettes etc… que d’autres ballerines réussissaient parce qu’il était, malgré tout, de bon aloi de savoir le faire.

Anna Matveïevna Pavlova est née prématurée en 1881 à Ligovo près de Saint Pétersbourg en Russie. Sa maman est une mère célibataire, blanchisseuse, c’est donc dans un milieu plutôt modeste qu’elle grandira. Deux ans après la naissance de sa fille, elle épouse Matvey Pavlov qui adoptera Anna et lui donnera son nom.

Elle a 8 ans lorsqu’elle reçoit le plus beau cadeau de Noël de la part de sa maman : la danse, au travers d’un  ballet qui s’offre à elle lors d’une représentation de  La Belle au bois dormant de Marius Petipa. C’est à partir de là que naîtra sa passion, ce désir de danser qui deviendra pour elle une vocation.

anna en 1890
Anna en 1890

Anna est de santé plutôt fragile. C’est une enfant chétive qui, après deux essais infructueux, sera finalement acceptée à 10 ans à l’école impériale de danse de Saint Pétersbourg. Elle n’a pas franchement le profil, et surtout la constitution, de ce que l’on pourrait attendre d’une ballerine et cela fera l’objet de railleries et moqueries de la part des autres. Mais elle est endurante, déterminée, ne baissera jamais les bras et continuera.

Ce Marius Petipa, dont elle a tant admiré le ballet un soir de Noël, viendra dans son école pour monter quelques pièces chorégraphiques et lui confiera un rôle dans Un conte de fées en 1891.

De sa fragilité, son élégance, son émotionnel, son expressivité et sa grâce naturelle elle fera une force.

 » Dieu donne le talent , le travail transforme le talent en génie. » A.P.

Elle fut réputée pour être une travailleuse acharnée, s’entêtant à répéter, et encore répéter ( malgré l’avis opposé de ses professeurs ) jusqu’à l’épuisement. A force de larmes et de travail, elle obtiendra son diplôme à l’âge de 18 ans devant un jury tout à fait convaincu qui lui ouvre les portes du théâtre du Mariinsky de St Pétersbourg pour entrer dans le corps de ballet en tant que Coryphée ( un des échelons dans l’échelle des grades d’une danseuse)

Ce n’est pas par sa technique ni pas figures acrobatiques qu’elle se fera remarquer et séduira le jury, le public et la critique , mais par ce côté aérien et céleste des danseuses romantiques qui émane d’elle, par sa féminité et son incroyable grâce.

En 1901 on lui demande de remplacer l’incomparable danseuse Matilda Kchessinskaïa qui attend un bébé et ne peut assurer le rôle principal dans La Bayadère, un ballet qui normalement nécessite une grande technique ( ce qui n’était pas son fort ) mais qu’elle va réussir à s’approprier et à sublimer par ces qualités personnelles et son charisme. Ce sera un immense succés.

 » qu’est-ce que le succès exactement ? Pour moi, il doit être trouvé non pas à travers les applaudissements, mais dans la satisfaction d’atteindre son idéal. » A.P.

Elle poursuivra son ascension avec d’autres magnifiques ballets dont La Sylphide ou Paquita, gravira les échelons et se retrouvera soliste en 1905 et étoile ( Prima Ballerina ) en 1906 dans Giselle. Elle dansera par la suite un grand nombre de ballets du répertoire comme Don Quichotte, Raymonda, La fille du pharaon, etc…toujours en excellant dans son propre style.

En 1908, elle décide de prendre son envol et fonder sa propre compagnie avec laquelle elle partira pour des tournées internationales. La plupart sont ceux qu’elle a dansés mais il y a également ses propres chorégraphies. Elle va de succès en succès.

Elle a des fans inconditionnels que l’on appelle Les Pavlovatzi et parmi eux il y en a un qui est son plus fervent admirateur et la suit depuis longtemps : Victor Dandré qui deviendra son amant, son imprésario et son mari. Bizarrement elle se refusait à dire qu’il était son époux. Lorsqu’elle affirme :  » Personne ne doit l’apprendre, moi je suis Anna Pavlova et je me fous d’une Madame Dandré  » … on mesure combien elle souhaitait n’exister que par elle-même !

ANNA VICTOR DANDRE
Anna et Victor DANDRÉ ( Le 2e à l’extrême gauche, tout contre elle, avec un bouquet)

Elle a fait partie de la troupe des Ballets Russes  (saison 1909 ) mais elle ne supportait plus le caractère très autoritaire de Serge Diaghilev et refusera de se plier aux exigences de ce dernier. Un jour elle décidera de ne pas danser dans L’oiseau de Feu parce que la musique trop avant-gardiste ne lui plaisait pas, elle le fera savoir et partira. Il faut dire que sous son caractère plutôt introverti et timide, il y avait un fort côté indépendant. La légende dit même qu’elle n’aimait pas trop être en compétition avec d’autres vedettes de la danse que ce soit dans les Ballets Russes ( et là  il n’y en avait pas des moindres : Vaslav Nijinski et Tamara Karsavina) ou autres.

Dans sa compagnie, les danseuses et danseurs sont russes, polonais et anglais. Elle enchaînera avec eux de très nombreuses tournées : Allemagne, Etats Unis, Canada, , Angleterre, Italie, Mexique, Cuba ( de 1913 à 1920 ) – Asie, Afrique du Sud, France, Nouvelle Zélande, Egypte, Indes ( de 1925 à 1931). Elle a quand même parcouru environ 500.000 kilomètres durant près de 20 ans, ce qui est assez incroyable à l’époque où les conditions de voyage  n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui.

En se rendant aux Etats Unis elle fait escale à Londres. Avec Victor ils vont acquérir une maison ( Ivy House ) dans le quartier de Hampstead, avec un beau jardin et un bassin où plus tard viendront barboter des cygnes. C’est son havre de paix, un endroit cher à son coeur où elle vient se poser et se reposer entre chaque tournée, là où elle vivra, là où, plus tard, elle donnera quelques cours de danse.Désormais, c’est devenu un musée pour honorer sa mémoire. La gestion en est assurée par le London Jewish Cultural Center.

 

 » Un endroit où je pourrai me retirer de l’agitation et du tumulte, un endroit où mes cygnes et moi pourrions être seuls . » A.P.

Dans le jardin il y a une sculpture qui la représente en libellule ( elle a imaginé une chorégraphie sur cet insecte avec une valse composée par Fritz Chrysler )  . C’est l’oeuvre de George Henry PAULIN et fut réalisée après son décès en 1931.

ANNA PAVLOVA LIBELLULE

ANNA GEORGE HENRY PAULIN APRES 1931 DANS LE JARDIN DE SA MAISON

 

C’est lors d’une tournée aux Pays Bas, à la Haye, qu’elle prend froid dans un train. On lui diagnostiquera une pneumonie aigüe. Elle meurt d’une pleurésie en janvier 1931.

 » Je désire que mon message de beauté, de joie et de vie continue à être délivrée après moi. J’espère que lorsque l’on aura oublié Anna Pavlova, le souvenir de sa danse restera dans le coeur des gens.Si je réussissais ne serait-ce que cela, je m’estimerais satisfaite. » A.P.

Oubliée elle ne le sera pas , quelle qu’en soit l’époque ! Elle a marqué la danse d’une empreinte indélébile. C’est en la voyant danser qu’un jour Frédérick Ashton se prendra de passion pour la danse et après avoir été danseur deviendra le merveilleux chorégraphe que l’on connait …. Bon nombre de peintres l’immortaliseront sur la toile … Beaucoup d’auteurs écriront sur elle … Le cinéma fera appel à elle en 1915 dans le film muet The Dumb Girl of Portici . On pourra la voir, toujours au 7e art, dans des extraits documentaires pour un film de 1956 : Le cygne immortel …. Roland Petit ,chorégraphe, français celui-ci, qui l’idéalisera quelque peu  dans son ballet  Ma Pavlova.

 

ANNA PAVLOVA JOHN LAVERY 1911
Anna PAVLOVA – 1911 – John LAVERY

Elle a été incinérée – Ses cendres se trouvent au Colombarium de Golders Green de Londres.

PAVLOVA URNE

 

 

 

 

 

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