Le Lac des Cygnes – Son histoire …

«  Le lac est un ballet difficile pour une danseuse. Il faut vraiment avoir des qualités spécifiques d’articulation, de force, d’agilité. Le travail des bras est quelque chose qui demande une grande formation. » Benjamin MILLEPIED ( Danseur et chorégraphe français)

DANSE LE LAC DES CYGNES

(Interprétation : PAS DE DEUX -Acte III- Version PETIPA/IVANOV- Ekaterina KONDAUROVA ( Odile ) & Timur ASKEROV ( Siegfried)

Joyau du ballet classique, mythique, célèbre, raffiné, magique, élégant,  symbole du rêve romantique, le Lac des Cygnes reste l’exemple de ce que fut l’union heureuse et merveilleuse entre une musique et une chorégraphie.

Tchaïkovsky a vu ce ballet comme un drame de la fatalité. Il avait imaginé au départ de le voir interpréter  uniquement par des danseurs masculins. Si le rôle Odette/Odile fut confié à une femme ce fut véritablement pour tranquilliser la société bien pensante du XIXe siècle. Marius Petipa en fera un véritable conte de fées gravitant autour du  » cygne ballerine « .

On est vraiment sublimé à la fois par la musique et le sujet : une jeune femme idéale et son double maléfique. L’histoire d’amour du Prince Siegfried qui, lors de son anniversaire, est poussé par sa mère et son percepteur  à se trouver une épouse. Il est contre ce mariage forcé et rêve de n’épouser quelqu’un que par amour. En se promenant dans la forêt il voit des cygnes près d’un lac, un en particulier retient son attention car c’est une jeune fille avec des ailes blanches. Elle lui explique avoir reçu un sort du sorcier Rothbart : elle est humaine la nuit et un cygne le jour. Fou amoureux il souhaitera l’aider. Rothbart voit la scène, Siegfried veut le tuer, Odette s’interpose. Le seul moyen de conjurer le sort est qu’ils se marient.

Le jour du bal où doivent se présenter les fiancées potentielles, Rothbart s’y présente avec sa fille Odile toute de noir vêtue. Elle est physiquement la jumelle de Odette et le Prince va tomber dans le piège : il annonce à ses parents son désir de l’épouser. Le jour des noces, Odette lui apparaît et il se rend compte alors de son erreur. Elle s’enfuit, il la poursuit.

Nombreuses seront les fins proposées dans les différentes versions de ce ballet.

LAC CARELLA ART
ODILE le cygne noir et ODETTE le cygne blanc -Illustration CARELLA ART

En 1871 Tchaïkovsky passe des vacances en Ukraine, à la campagne chez sa soeur. Il écrit une musique pour une petite pièce théâtrale montée par son neveu ( Youri ) et sa nièce ( Anna) .

Quelques  années plus tard, en 1875, Vladimir Begichev , directeur du Bolchoi, lui demandera de composer une musique pour un ballet inspiré d’un conte-légende de Johann Karl August Musaüs, narrant l’histoire amoureuse d’un magicien et de son voile magique qui lui permettait de faire apparaître des cygnes blancs. Lui-même doit signer le livret en collaboration avec un danseur de sa compagnie : Vassili Gelzer. Tchaïkovsky avouera que la somme qu’on doit lui attribuer est fort intéressante et le pousse à accepter.

La chorégraphie est alors confiée à un danseur devenu Maître de ballet : Wenzel Julius Reisinger. ( Photo gauche : Vladimir Begichev -Photo droite Wenzel Julius Reisinger )

Tchaïkovsky se rappelle alors cette musique datant de 1871 pour son neveu et sa nièce et il l’insère à sa partition.

Malheureusement le ballet n’aura aucun succès à l’époque. Ce sera même un cuisant échec. La musique fut incomprise, jugée bien trop symphonique pour la danse. Le chorégraphe ne fit preuve d’aucun talent véritable et les interprètes ne se montrèrent pas à la hauteur.

Mais les choses n’en resteront pas là … La sublime musique de Tchaïkovsky renaîtra un jour dans la majestueuse version de Marius Petipa et Lev Ivanov. Malheureusement le compositeur ne la verra pas. Il meurt deux ans avant sa création en 1893.

LE LAC DES CYGNES – Version PETIPA – IVANOV – TCHAÏKOVSKY  :

Pour rendre un vibrant hommage au compositeur au moment de son décès, c’est l’acte II du ballet qui fut dansé avec sa musique et également quelques extraits de ses opéras. Le succès fut tel que Marius Petipa ne put se résoudre à voir  » partir  » cette merveilleuse partition. Il se rendra chez le directeur du Mariinsky, Monsieur Vsevolojski en lui proposant  de réutiliser non seulement la musique mais également le sujet pour une chorégraphie montée, selon son idée, à St Pétersbourg. Celui-ci accepta.

C’est Riccardo Drigo qui fut choisi pour donner un ordre différent à la partition et y apporter quelques petites modifications.

Il faut bien reconnaître que la composition  de Tchaïkovsky est réellement très belle, généreuse, d’une grande clarté rythmique, richement orchestrée, très  » présente  » , contrastée, pathétique ou réjouissante. Symphonique c’est vrai de par ses moments puissants, mais tellement lyrique, émouvante, nostalgique, chaleureuse, douce et tendre. Elle joue un très grand rôle, quasi phychologique pourrait-on dire dans le ballet car elle décrit et participe magnifiquement bien aux espoirs et aux douleurs des personnages.

Pour sa chorégraphie, Petipa va collaborer avec son assistant, danseur et chorégraphe russe : Lev Ivanov qui avait la réputation d’être très poétique et musical. Il avait à son avantage de savoir parfaitement comprendre la musique et on peut dire qu’il a su parfaitement maîtriser la partition et l’adapter à la danse envisagée par Petipa. Ce dernier signera l’acte I et l’acte III ainsi que la fête paysanne. Ivanov se chargera de l’acte II, l’acte IV ainsi que d’une partie des danses folkloriques comme la Napolitaine, la Hongroise et la Vénitienne.

Le ballet sera créé dans son intégralité en 1895 à St Pétersbourg au Théâtre du Mariinsky. Le double rôle fut confiée à la «  prima ballerina assoluta  » Pierina Legnani qui va impressionner le public durant l’acte III avec ses 32 fouettés exécutés tout en tournant. Elle fut, à l’époque,  la première à réaliser une telle chose ! Elle sera bissée   pour recommencer ! Depuis lors, chaque danseuse se doit d’être à la hauteur et capable de les exécuter car ils sont toujours très attendus et fortement applaudis.

LAC PIERINA LEGNANI
Pierina LEGNANI dans le  » Lac des Cygnes  » – 1895

( Sharon WEHNER – COLORADO BALLET dans son interprétation des 32 Fouettés )

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