Feuille d’automne … Charlotte SERRE

 » Feuille d’automne
bijou vermeil
qui tourbillonne
dans le soleil,
Flambe l’ automne
pourpres et ors
qui vermillonnent
tel un trésor.

Feuille dansante
dans le vent fou
qui, frissonnante
tombe à genoux
en la supplique
des feux mourants,
mélancoliques
dans leurs tourments.

Sème l’ automne
sur les étangs
combien s’étonne
le cygne blanc
qui, sous les aunes
s’en va glissant.
l’air monotone
va s’imprégnant.

Dans les vallées
au cœur saignant
taches rouillées
feuilles de sang,
les feuilles mortes,
les souvenirs
vont en cohorte
semblant s’unir.

Ces fleurs du rêve
tombent en pleurs
avec la sève
d’anciens bonheurs.
Les feuilles mortes,
leurs parfums lourds
ferment la porte
de nos amours.  » Charlotte SERRE ( Poétesse française)

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Marie LESZCZYNSKA … Reine de France

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 » Portrait de Marie Leszczynska  » – 1726 – Alexis Simon BELLE

 

 » Entre Marie-Thérèse d’Autriche, fille de Philippe IV d’Espagne, et Marie-Antoinette, fille de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, Marie Leszczynska fait pâle figure. Comment la fille de Stanislas Leszczynski et Catherine Opalinska, issus de grandes familles polonaises fortunées, mais de noblesse sans grande illustration, a-t-elle réussi à épouser Louis XV ?

En 1725, ce dernier qui a 15 ans, est beau comme un dieu et règne sur le plus puissant royaume d’Europe. Marie, elle, a 22 ans. Elle n’est ni laide, ni belle. Une jolie silhouette, mais un gros nez et surtout …. pas de dot ! Son père, souverain détrôné et ruiné de Pologne, a échoué en 1719 dans la petite ville de Wissembourg. C’est là que lui parvient, le 2 avril 1725, la demande en mariage du roi de France.

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L’annonce met toute la famille à genoux pour remercier le ciel de ce miracle ! En réalité c’est une machination diabolique.  Le duc de Bourbon, cousin et ministre du roi, et sa belle maîtresse, la marquise de Prie, veulent marier le roi au plus vite pour assurer la dynastie et écarter les ambitions des Orléans. Mais ils veulent aussi une reine soumise à leur influence d’autant qu’elle leur devra son incroyable élévation.

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Sur la liste d’une centaine de princesses, une seule, Marie, a le profil souhaité, en l’occurrence, selon de chevalier de Méré :  » un esprit simple qui prendra la forme et la figure que l’on voudra  » – Pour le reste, Marie est intelligente, très pieuse et très bien éduquée, polyglotte et en bonne santé. Elle a dû se soumettre à une vérification très intime, qu’aucune princesse, plus illustre, n’aurait acceptée. Déclarée bonne pour le service, c’est-à-dire la maternité, elle plait au jeune roi qui trouve une grande douceur à son portrait.

Tout commence donc par un compte de fée dès la célébration du mariage par procuration à Strasbourg, le 15 août 1725, puis le 5 septembre à Fontainebleau. Il n’y avait plus de reine en France depuis quarante-deux ans et le peuple acclame celle qui allégera le poids de la misère et des injustices, et priera pour la prospérité et la paix dans le royaume. A cet égard, Marie ne décevra pas.

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Mariage de Louis XV à Fontainebleau ( artiste inconnu )

Quant à la Cour, elle accueille, avec une curiosité mêlée de hauteur et immenses flatteries, cette petite princesse polonaise dont chacun se promet d’obtenir les grâces exclusives. C’est bien mal la connaître ! Marie est certes modeste, éblouie par le faste de la Cour et soucieuse de se plier à l’étiquette et à son rôle de parade, mais elle n’a pas oublié la petite fille trimbalée dans toute l’Europe, un jour oubliée dans une mangeoire d’écurie, un autre cachée dans un four à pain, et qui s’est construite grâce à l’affection de sa famille et à la profondeur de sa foi.

Elle s’attachera passionnément à son jeune époux, timide, secret, et dont elle sera l’amante, l’épouse, la mère peut-être, mais qui ne lui concède pas de rôle politique. Marie a retenu les leçon de son père, qu’une seule phrase résume : «  aucune affaire essentielle ne vous regarde sur le Trône que celle de vous faire aimer  » – Dans les premiers temps, elle n’évite pas les chausse-trappes tendues par le duc de Bourbon et Mme de Prie pour qu’elle décide Louis XV à se séparer du cardinal Fleury, car ce dernier craint son ascendant sur un mari qui a découvert avec elle les plaisirs de la chair.

Sa première maternité en 1727 est un coup double dont Louis XV est très fier bien qu’il s’agisse de filles. Les jumelles Elisabeth et Henriette dites Madame Première et Madame Seconde, auront six sœurs et deux frères, dont le second mourra très jeune. Seul survit le dauphin, au désespoir de Marie qui pourtant  » toujours couchée, toujours grosse, toujours accouchée  » a le sentiment d’avoir failli à sa mission.

(manque sur les photos Thérèse Félicité qui est née avant la dernière et mourra à l’âge de 8 ans)

Elle ferme néanmoins sa chambre au roi à partir de 1739, épuisée, trompée, humiliée. Il y eut d’abord les trois sœurs de Nesle, dont la plus connue la duchesse de Châteauroux valut à Louis XV sa plus grande humiliation. Malade à Metz en août 1744 il a avoué ses fautes sous la pression de son grand aumônier , l’évêque de Soissons et répudie sa maîtresse. Marie reprend espoir mais à partir de 1745 commence  » le règne  » de Madame de Pompadour, puis des petites-maîtresses du Parc aux Cerfs, recrutées par la marquise, toujours favorite en titre, aimée, puissante, mais  » inapte au service  » …. et tant d’autres, livrées secrètement au roi par son entourage dont le célèbre marquis de Richelieu.

Marie est ravagée de chagrin et peut à peu résignée, d’autant que la marquise de Pompadour la ménage, la respecte et fait quasiment partie de la famille au fil du temps. Enfin presque …   – La reine ne verra pas le triomphe de l’authentique prostituée que fut Madame du Barry qui embrasera les sens de Louis XV au grand étonnement de ses amis de débauche.

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Marie a trouvé de grandes consolations dans l’affection de ses enfants. Dans un cadre délicieux et raffiné, elle se repliera sur un cercle intime dominé par le duc et la duchesse de Luynes et que fréquentent des esprits éclairés comme le président Hénault, le Comte d’Argenson ou le ministre Maurepas. On rit souvent, on joue beaucoup, mais pas question chez elle de cabales ou intrigues, même lorsqu’il est question de remettre son père sur le trône de la Pologne ! C’est Louis XV qui reste au cœur de ses pensées et qu’elle avoue encore aimer à la folie.

Chaque deuil le rapprochera d’elle. En dix ans, quatre de leurs filles, le dauphin, la dauphine et Stanislas disparaissent. Restent les prières et ce beau projet de construction d’une maison d’éducation pour jeunes filles dont elle ne verra pas l’achèvement. Et ces mots, prémonitoires, avant sa mort en juin 1768 :  » c’est une sotte chose que d’être reine ! Hélas , pour peu que les choses continuer d’aller comme elles vont, on nous dépouillera bientôt de cette incommodité, cela fait trembler …  » Joëlle CHEVÉ ( Historienne et chroniqueuse)

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 » Portrait de Marie Leszczynska  » – Jean-Marc NATTIER
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La reine est morte à Versailles en 1768 –  Son corps fut placé à la basilique Saint-Denis dans la crypte des Bourbons, et son cœur en l’église Notre-Dame du Bon Secours à Nancy et ce pour respecter la volonté qu’elle avait émise par testament, a savoir  reposer  près de ses parents ( une petite exception  compte tenu que, mis à part celui de Louis XIII et Louis XIV, la majeure partie des cœurs des Bourbons fut placée au Val de Grâce) – Stanislas, le père de Marie,  était, en effet,  devenu duc de Lorraine. Non seulement, il résidait à Nancy , mais il avait émis le vœu d’y être enterré ainsi que son épouse –   A la demande de Louis XV, Louis Vassé réalisera un monument  pour y placer le cœur de sa reine, comme il l’avait préalablement fait pour le corps des parents de Marie.

L’envol …

 » Le graal du ballet c’est l’envol. Aucun professeur ne le formule comme ça de peur d’avoir l’air d’un fou furieux. Mais qui a appris la technique de la Sissone, de l’Entrechat, du Grand Jeté en avant, ne peut plus en douter ! Ce que l’on cherche à lui enseigner, c’est l’art de s’envoler.  »  Amélie NOTHOMB (Romancière belge d’expression française)

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Paquita … Version Pierre LACOTTE

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Pierre LACOTTE

( Vidéo :Myriam OULD-BRAHAM & NiKolaï TSISKARIDZÉ )

Paquita fut créé en 1846 par le chorégraphe Joseph Mazillier pour celle qui régnait sur l’Opéra de Paris depuis dix ans, à savoir la célèbre danseuse Carlotta Grisi. Le livret fut rédigé par l’écrivain, journaliste et librettiste Paul Foucher qui s’inspira d’une Nouvelle extraite du recueil de Miguel Cervantes Nouvelles exemplaires La petite Gitane ,  ainsi que de l’Homme qui rit de Victor Hugo. Pour la musique, il fera appel au compositeur Edouard Deldevez.

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Carlotta GRISI & Lucien PETIPA dans PAQUITA

Ce ballet disparaîtra , par la suite, des scènes françaises, voyagera jusqu’en Angleterre, puis s’en ira vers la Russie où il aura énormément de succès car il représentait le merveilleux style français du XIXe siècle. Après l’avoir lui-même interprété lorsqu’il était un jeune danseur, Marius Petipa donnera sa première lecture personnelle en 1847, puis une seconde en 1881 lorsqu’il était devenu maître de ballet à Saint Pétersbourg. Il enrichira sa chorégraphie du Grand Pas de Deux ( sur une musique de Ludwig Minkus ) , de la Mazurkas des enfants et procédera également à d’autres remaniements.

( Vidéo : Mazurka des enfants – Petits rats du BOLCHOÏ )

Après lui, Paquita tombera dans l’oubli durant des décénnies. En 2001, Brigitte Lefèvre, qui était alors directrice de la danse à l’Opéra de Paris, demandera à Pierre Lacotte, grand spécialiste des ballets perdus ou oubliés, de le remonter. Cela occasionnera un  important et difficile travail de recherches sur des documents existants  qu’il avait pu réussir à trouver, ainsi que sur tous les différents témoignages recueillis.

On peut réellement dire que Pierre Lacotte a ré-inventé Paquita. Il l’a fait avec subtilité, finesse, beauté, intensité. C’est une chorégraphie d’excellente qualité, le style est soigné. C’est l’un des plus beaux fleurons de la danse française. L’argument est rocambolesque, pittoresque, fantaisiste, et la danse incroyablement belle. Les arrangements musicaux et ré-orchestration de la partition de Minkus, sont de David Coleman.

Véritable poésie chorégraphique, expressif, riche en couleurs, élégant, raffiné, très gracieux, il a la réputation d’être difficile d’interprétation que ce soit pour les solistes comme pour le corps de ballet ( ce dernier est très souvent mis en valeur) . Il demande, en effet, un grand professionnalisme, de la technique. Il faut, par ailleurs, être doté d’une excellente pantomime. On peut même rajouté qu’il est heureux et joyeux car la fête, pétillante et réjouissante, est présente à chaque tableau.

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Tutu PAQUITA pour les danseuses du corps de ballet – Ils ont été réalisés par Luisa SPINATELLI

 

 

Ceux qui aiment les livres …

 » Ceux qui aiment ardemment les livres constituent, sans qu’ils le sachent, la seule société secrète exceptionnellement individualisée. La curiosité de tout et une dissociation sans âge les rassemblent sans qu’ils ne se rencontrent jamais. Leurs choix ne correspondent pas à ceux des éditeurs, c’est-à-dire à ceux du marché. Ni à ceux des professeurs, c’est-à-dire du code. Ni à ceux des historiens, c’est-à-dire du pouvoir. Ils ne respectent pas le goût des autres. Ils vont se loger plutôt dans les interstices et les replis, la solitude, les oublis, les confins du temps, les mœurs passionnées, les zones d’ombre, les bois des cerfs, les coupe-papier en ivoire.

Ils forment à eux seuls une bibliothèque de vies brèves et nombreuses. Ils s’entre-lisent dans le silence, à la lueur des chandelles, dans le recoin de leur  bibliothèque, tandis  que la classe des guerriers s’entre-tue avec fracas sur les champs de bataille et que celle des marchands s’entre-dévore en criaillant dans la lumière tombant à plomb sur les place des bourgs ou sur la surface des écrans gris, rectangulaires et fascinants qui se sont substitués à ces places.  » Pascal GUIGNARD (Écrivain français / Extrait de son ouvrage Vie secrète/1997)

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Pascal GUIGNARD

La musique …

 » La musique est un langage parfaitement clair en lui-même et il ne faut pas essayer d’y annexer quoi que ce soit d’autre, donc une fois admis le principe que la musique n’offre aucune certitude, pourquoi lui demander qu’elle exprime des idées, qu’elle figure des objets etc… Toute œuvre musicale devient multiforme et provoque, selon chaque individu, une foule de représentations, mais celles-ci n’ont rien à voir avec son essence propre.Écouter de la musique n’a en effet rien à voir avec le fait de rêver ce qu’elle nous suggère, car à ce moment là, toute attention est détournée. » Jean WITOLD ( Compositeur, musicologue, critique musical )

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Tableau de Annie Rose LAING

 

La dentelle chez Rembrandt …

 » Sur plus de neuf mille tableaux qui auraient été peints et signés par Rembrandt, l’expert hollandais Abraham Bredius, vers 1930, n’en reconnaissait que six-cent-trente-neuf comme étant du maître.  En 1967, Bob Haak, directeur du musée d’Amsterdam, proposait, à son tour, à Joshua Bruyn et à cinq autres experts d’étudier plus minutieusement encore chaque œuvre. Tests de dendrochronologie ( anneaux de croissance du bois sur lequel étaient peints certains tableaux ) , rayons X, infrarouges, permettaient déjà de pousser au plus près l’authentification, lorsqu’un moyen supplémentaire intervint : l’étude du procédé employé par Rembrandt pour peindre la dentelle de certains portraits.

Elle n’avait pas été négligée cette dentelle. Le modèle tenait à ce qu’elle soit minutieusement reproduite comme étant la marque évidente de son importance sociale et de sa richesse. L’artiste, lui, y voyait sans doute une composante utile à l’œuvre, un halo de clarté autour du visage.

Rembrandt traita donc avec tant de précisions fraises, col, manchettes et bonnets qu’il est possible de différencier sur ses toiles un travail à l’aiguille d’un travail aux fuseaux, un point de Venise d’un point de Flandre. Et pour rendre les effets de transparence et de relief à la perfection, il esquissa le dessin de la dentelle sur fond blanc et en peignit ensuite les trous avec un pinceau très fin trempé dans la peinture du ton du tissu du vêtement. Astuce inconnue des faussaires qui firent le contraire, peignant la dentelle en blanc sur fond de couleur sombre.

Quatre tableaux : deux à Boston, un à Leningrad, un à Dresde ne sont plus des Rembrandt grâce à la dentelle !  » Mick FOURISCOT ( fut la directrice du Centre d’enseignement de la dentelle au fuseau du Puy-en-Velay, présidente de l’Institut de recherche, innovation et développement des arts textiles, auteure de livres sur la dentelle et arts textiles )

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 » Maria Trip  »  1639 – REMBRANDT
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 » Marteens Soolmans  » 1634 – REMBRANDT
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 » Oopjen Coppit  » ( épouse de Marteens ) – 1634 – REMBRANDT