Enseigner la danse …

 » La classe de danse  » Edgar DEGAS

 » En tant que professeurs de danse, nous devons transmettre la rigueur du travail, la régularité exceptionnelle, la grande exigence envers soi-même. Nous devons aider les jeunes élèves à découvrir, aimer et connaitre l’histoire de leur art et de l’art en général. Leur apprendre à développer leur sens critique. Les aider à voir le beau mouvement avec du recul. La beauté étant universelle, pensons à très bien expliquer à nos jeunes qu’ils ont le droit de connaître, de voir, d’apprécier ce qui se fait de beau autour d’un art choisi. » Annie CAZOU (Professeur de danse classique , directrice d’une École de danse )

 » Un professeur de danse doit savoir créer une ambiance, trouver une autorité sans brusquerie, faire comprendre la finalité de chaque exercice, surtout bien expliquer que ces exercices ne servent à rien s’ils ne sont pas mêlés à la recherche d’une sensibilité artistique qu’il faudra savoir faire passer à un spectateur qui sera parfois à vingt mètres, trente mètres . » Michel ODIN (Passionné de danse classique, fondateur de la revue mensuelle Danse )

 » La danse s’est toujours transmise de façon orale, malgré les traités, les manuels et les vidéos d’aujourd’hui. Cette transmission est extrêmement importante si elle est honnête. Ce sont nos maîtres qui nous apportent quelque chose, et à la suite de ça, nous, nous transmettons fidèlement les règles de la danse classique académique avec l’évolution du temps, de la technique, de ses observations personnelles et de sa propre personnalité. » Gilbert MAYER (Grand maître de la danse classique, professeur à l’École de danse de l’Opéra de Paris, conférencier, historien français)

De ta tige détachée …

 » De ta tige détachée,
Pauvre feuille desséchée,
Où vas-tu ? Je n’en sais rien.
L’orage a frappé le chêne
Qui seul était mon soutien.
De son inconstante haleine,
Le zéphyr ou l’aquilon
Depuis ce jour me promène
De la forêt à la plaine,
De la montagne au vallon.
Je vais où le vent me mène..
Sans me plaindre ou m’effrayer,
Je vais où va toute chose,
Où va la feuille de rose
Et la feuille de laurier.  » Antoine Vincent ARNAULT (Poète, auteur dramatique français, académicien, homme politique – Extrait de son recueil Fables-Livre V (1812)

Sonate pour violon & piano … César FRANCK

Ce compositeur a fait preuve d’une grande inventivité en écrivant cette belle Sonate, de forme plutôt classique, en 1886. Elle fut dédiée à Eugène Ysayé, lequel la créera à Bruxelles avec Melle Bordes Pene au piano.

C’est une pièce célèbre, très appréciée des violonistes, énigmatique, rigoureuse, passionnément lyrique. Certes le violon est mis en évidence, mais le piano n’est pas en reste, il se fait virtuose et volubile.

(Vidéo : au violon Renaud CAPUÇON et au piano Khatia BUNIATISVILI )

A propos du violon …

 » La vraie mission du violon est d’imiter les accents de la voix humaine, une noble mission qui a valu au violon la gloire d’être appelé le roi des instruments. » Charles-Auguste DE BÉRIOT (Compositeur français)

 » Les violons peuvent se prêter à une foule de nuances en apparence inconciliables. Ils ont, en masse, la force, la légèreté, la grâce, les accents sombres et joyeux, la rêverie et la passion. Les violons sont les serviteurs fidèles, intelligents, actifs, infatigables. C’est la vraie voix féminine de l’orchestre, voix passionnée et chaste en même temps déchirante et douce, qui pleure et se lamente, ou chante, prie et rêve, ou éclate en accents joyeux comme nul autre ne pourrait le faire. » Hector BERLIOZ ( Compositeur français, critique musical, homme de Lettres et chef d’orchestre )

« Entendre un violon c’est entendre l’Univers. L’inaccessible. Comme si le monde d’ici nous transportait vers un monde inconnu. On ne fabrique jamais deux fois le même violon. Un bon luthier le conçoit toujours à son i mage, tant par la forme que par le son qu’il dégage. Il y a une tête, des ouïes, un corps, des chevilles, une poignée. Le chevalet qui maintient les cordes possède des pieds, des bras, des jambes un cœur. Sans oublier l’âme … Sans elle le son n’existerait pas. On fabrique toujours un violon qui nous ressemble ou ressemble à la femme qu’on aime. Comme une histoire d’amour. »  » Cyril GÉLY (Scénariste et dramaturge français )

Sculpture de Adrien GAUDEZ (il s’agirait de Lully enfant)

La petite pomme …

 » La petite pomme s’ennuie
De n’être pas encore cueillie.
Les autres pommes sont parties,
Petite pomme est sans amie.

Comme il fait froid dans cet automne !
Les jours sont courts ! Il va pleuvoir.
Comme on a peur au verger noir
Quand on est seule et qu’on est pomme.

Je n’en puis plus viens me cueillir,
Tu viens me cueillir Isabelle ?
Comme c’est triste de vieillir
Quand on est pomme et qu’on est belle.

Prends-moi doucement dans ta main,
Mais fais-moi vivre une journée,
Bien au chaud sur ta cheminée
Et tu me mangeras demain. » » Géo NORGE (Poète belge francophone-Extrait du recueil NORGE-Poésies)

L’écriture est …

« L’écriture est discipline. Elle est renoncement au bonheur, aux joies du quotidien. On ne peut chercher à guérir ou à se consoler. On doit au contraire cultiver ses chagrins comme les laborantins cultivent des bactéries dans des bocaux de verre. Il faut rouvrir ses cicatrices, remuer les souvenirs, raviver les hontes et les vieux sanglots. Pour écrire, il faut se refuser aux autres, leur refuser votre présence, votre tendresse, décevoir vos amis et vos enfants. Je trouve dans cette discipline à la fois un motif de satisfaction voire de bonheur et la cause de ma mélancolie. Ma vie tout entière est dictée par des « je dois ». Je dois me taire. Je dois me concentrer. Je dois rester assise. Je dois résister à mes envies. Écrire c’est s’entraver, mais de ces entraves mêmes naît la possibilité d’une liberté immense, vertigineuse.» Leïla SLIMANI (Femme de Lettres franco-marocaine, journaliste. Prix Goncourt 2016 )

Leïla SLIMANI

Et si c’était cela …

 » Et si c’était cela le bonheur : un croissant savouré au matin et qui, telle une pâte feuilletée, répandait sur nos jours le goût léger et tendre du beurre des instants magiques, et, sur nos vies, le parfum croustillant des délices éternels …  » Mona AZZAM (Auteur française, professeur de Lettres, passionnée de littérature – Extrait de son livre Dans le silence des mots chuchotés)

Le chat …

 » Il dort au coin du feu dans un profond silence
Promène son museau tel un vrai maraudeur,
Attrapant la souris malgré sa somnolence,
D’un regard satisfait sous un air minaudeur.

Léchant avidement son poil qui le démange,
Se laisse caresser pour son ronronnement,
Miaule à petits cris pour tout ce qui se mange,
S’étire à son griffoir avec contentement.

Et parfois, il s’endort et semble qu’il paresse,
Tout en ronflant d’ennui quand il gèle dehors,
Ou joue à qui mieux-mieux de toute sa souplesse.

Posant, tout alangui, sous le reflet des ors
D’un somptueux coussin, trônant dessus son siège… » Stephen BLANCHARD (Poète français – Créateur de l’Association Les poètes de l’amitié-Poètes sans frontières » – Directeur de la revue internationale de poésie Florilège)

Un arbre généalogique …

« Pourquoi les arbres généalogiques ne comportent-ils pas une case pour les amis de toujours, les amours défuntes et les amants, les personnes qu’on aurait adoré avoir dans sa lignée, les maîtres à penser, les sauveurs ? Les rencontres providentielles. Les complices choisis, peu importe qu’ils soient du premier ou du quinzième degré. Aucune place sur un tronc familial pour les choix du cœur, les cadeaux de l’existence, les oubliés de l’arbre …  » Valérie COHEN (Extrait de son livre Qu’importe la couleur du ciel)

Illustration Chantal GEYER