L’art …

 » L’art trouve souvent sa source dans une blessure, un manque, et il n’est pas rare que les artistes soient foncièrement des révoltés, des êtres en recherche. Par l’art, je crois que nous cherchons à dépasser la douleur pour laisser advenir un monde meilleur. La création, c’est comme un cri « Michael LONSDALE (Acteur franco-britannique de théâtre, de cinéma, et de dramatiques radiodiffusées, également artiste-peintre et écrivain)

Michael LONSDALE (1931-2020)

Vassily & Gabriele …

  » Ce fut pour moi une nouvelle expérience artistique. K. sut, bien différemment des autres professeurs, me prêter attention et me donner des explications approfondies. Il me considérera comme un être conscient, capable de se fixer des buts. Cela était nouveau pour moi et me fit impression  » Gabriele MÜNTER (Peintre allemande)

«Tu possèdes en toi l’étincelle divine, chose incroyablement rare chez les peintres. Le rythme de ton trait et ton sens de la couleur ! » Vassily KANDINSKY à Gabriele (Peintre russe naturalisé allemand puis français)

Vassily KANDINSKY et Gabriele MÜNTER

Gabriele rencontre Vassily en 1902 à Munich dans un cours privé  ( Die Phalanx ) compte tenu que institutions et académies de peinture étaient interdites aux personnes de sexe féminin à l’époque. Il était marié (divorcera en 1911) et occupait le poste de professeur de peinture en cours du soir. Elle sera son élève.  Ils vont vivre ensemble, en union libre, ce qui, en ce temps-là, n’était pas forcément bien vu ou accepté pour une jeune fille. Durant les quatre années qui suivront, ils vont mener  une vie d’errance et d’expérimentations artistiques à travers de nombreux voyages en  Italie, Pays-Bas, Suisse, Belgique, Tunisie, et en France (où ils vivront un an) et rencontreront différents artistes partageant leurs idées sur l’art.

En 1909 elle fait l’acquisition d’une maison à Murnau  où ils vivront jusqu’en 1914. Ce sera leur lieu de vie, mais  également un lieu d’échanges et de création où viendront les rejoindre d’autres artistes très avantgardistes , des marchands d’art, des collectionneurs, des mécènes.

Dès 1909, Kandinsky va alors se tourner vers l’abstraction, devenir le maître que l’on connait, travaillera également à la rédaction de son ouvrage théorique «  Du spirituel dans l’art  » . De son côté, elle continuera dans la modernité poussée avec une simplification dans les lignes et des couleurs vives, se diversifiera beaucoup : paysages, natures-mortes, portraits, et travaillera aussi à la peinture sur verre.

Ils ont formé un couple fusionnel qui a partagé des bases et des convictions artistiques tellement similaires qu’il a été difficile , durant toutes les années où ils furent ensemble, de les différencier. Leurs similitudes seront nombreuses. Et cette forte collaboration va se révéler être comme une métamorphose pour le travail de Gabriele. Elle lui permettra, petit à petit, de s’imposer en cavalier seul, elle aussi,  comme lui a su si bien le faire .

Les années les plus fructueuses et déterminantes sur un plan artistique pour Kandinsky et Münter, en tant que couple travaillant ensemble , se situent entre 1908 et 1914. Ils furent, en effet, très proches dans le style jusqu’à ce que chacun prenne une voie différente.

Kandinsky o la vibración
 » Improvisation III  » 1909 Vassily KANDINSKY
 » Paysage hivernal » 1909 – Gabriele MÜNTER

Gabriele sera sa compagne durant 12 ans, jusqu’en 1914.  .  Tout se détériorera entre eux lorsque Kandinsky rentrera en Russie au moment de la première guerre mondiale . Elle se retrouvera seule, partira en Suède où elle séjournera durant un an. Entre de nombreuses séparations et retrouvailles hésitantes , il lui promettait souvent le mariage ….. mais elle apprendra qu’il a épousé, en 1917, une jeune fille russe, Nina Von Adreevski.

Vassily et Nina

Elle traversera une période difficile, très douloureuse, dépressive . Puis retournera en Allemagne, en 1920, dans sa maison de Murnau, avec son nouveau compagnon, un historien d’art : Johannes Eichner. Elle reprendra alors son travail dans un esprit fidèle aux idées du Blaue Reiter. Elle meurt en 1962.

« Portrait de Eichner » 1930 Gabriele MÜNTER

Kandinsky retournera  en Allemagne , deviendra professeur au Bauhaus jusqu’à sa fermeture en 1933 . Il partira ensuite pour la  France où il vivra jusqu’à la fin de sa vie. Il obtiendra la nationalité française en 1939. Son œuvre oscillera entre le fauvisme et l’abstraction.A sa mort en 1944 , sa veuve fait don de ses œuvres au Centre d’Art Moderne Pompidou à Paris.

Il faut savoir que lorsque Kandinsky est parti à Moscou en 1914, il a laissé une grande partie de ses tableaux dans l’atelier de la maison qu’il partageait avec Gabriele. Il ne les reverra jamais plus. On les retrouvera et surtout on les découvrira en 1956 le jour où elle lèguera tout à la ville de Munich. Par ailleurs, durant la seconde guerre mondiale, elle a réussi a caché dans la cave de sa maison, ses propres tableaux, ceux de Kandinsky et de nombreuses œuvres (peintures, dessins etc…) de différents artistes appartenant au groupe du Blaue ReiterCavalier bleu, car elle craignait que les nazis ne les détruisent compte tenu qu’ils les considéraient comme un art dégénéré. Elle organisera par la suite une grande rétrospective pour les rassembler. Ces pièces feront également partie du don fait à Munich.

« Gabriele peignant » 1903 Vassily KANDINSKY

Daphnis & Chloé …

 » Aucune fois il lui apprenait à jouer de la flûte, et quand elle commençait à souffler dedans, il la lui ôtait ; puis, il en parcourait les lèvres tous les tuyaux d’un bout à l’autre, faisant ainsi semblant de lui vouloir montrer où elle avait failli afin de la baiser à demi, en baisant la flûte aux endroits que quittait sa bouche. Ainsi, comme il était après à en sonner joyeusement sur la chaleur de midi, pendant que leurs troupeaux étaient tapis à l’ombre, Chloé ne se donna garde qu’elle fût endormie. Ce que Daphnis apercevant, pose sa flûte pour, à son aise, la regarder et contempler, n’ayant alors nulle honte, et disait à part soi ces paroles tout bas :  » Oh comme dorment ses yeux ! Comme sa bouche respire ! Pommes ni aubépines fleuries n’exhalent un air si doux. Je ne l’ose baiser toutefois. Son baiser pique au cœur et fait devenir fou comme le miel nouveau. Puis, j’ai peur de l’éveiller. Ô fâcheuses cigales ! Elles ne la laisseront jamais dormir, si haut elles crient. Et d’un autre côté, ces bouquins ici ne cesseront aujourd’hui de s’entre-heurter avec leurs cornes. Ô loups plus couards que renards, où êtes-vous à cette heure, que vous ne les venez happer ?  » LONGUS ( Auteur grec / Extrait de son ouvrage Daphnis et Chloé (Les Pastorales) – Traduit en français par Jacques AMYOT(Prélat français et traducteur de la Renaissance)

 » Daphnis & Chloé  » : sculpture de Jean-Pierre CORTOT / 1827 Musée du Louvre

Les Consolations … Franz LISZT

 » Me parler d’envisager de délaisser mon piano, c’était envisagé un jour de grande tristesse. Mon piano est ce que peut représenter un bateau pour un marin. Mon piano c’est moi ! C’est ma parole, c’est ma vie, c’est le dépositaire intime de tout ce qui s’agite dans mon cerveau, ce sont les souvenirs brûlants de ma jeunesse, mes désirs, mes rêves, mes joies et mes douleurs. Les cordes de mon piano ont frémi de toutes mes passions, les touches de mon piano ont obéi à tous mes caprices. J’ai eu vraiment envers lui une espèce de sentiment religieux, et à mes yeux, il tient le premier rang dans la hiérarchie des instruments. Dans l’espace de sept octaves, il embrasse toute l’étendue d’un orchestre, il est un orchestre à lui tout seul et les doigts d’un seul  homme suffisent pour rendre les harmonies parfaites produites par cent instruments. Jamais je ne pourrai le délaisser pour le retentissant succès d’un orchestre. » Franz LISZT (Pianiste, compositeur et chef hongrois)

Franz Liszt Playing the Piano posters & prints by Corbis

Les Consolations sont des pièces courtes pour piano écrites dans une période comprise 1849 et 1850 à Weimar. Elles sont complexes, expressives, audacieuses, et ne manquent pas de sensibilité, d’émotion, de virtuosité et de lyrisme.

Pour beaucoup, deux sources d’inspiration sont à retenir : soit un recueil de 29 poèmes écrits par le poète, écrivain et critique littéraire Augustin Sainte Beuve (sans pour autant savoir quel texte a pu réellement le toucher pour composer) – Soit le poème de l’écrivain, poète et dramaturge français Alphonse de Lamartine, que l’on peut retrouver recueil Harmonies poétiques et religieuses : Les larmes.

 » Tombez, larmes silencieuses,
Sur une terre sans pitié ;
Non plus entre des mains pieuses,
Ni sur le sein de l’amitié !

Tombez comme une aride pluie
Qui rejaillit sur le rocher,
Que nul rayon du ciel n’essuie,
Que nul souffle ne vient sécher.

Qu’importe à ces hommes mes frères
Le coeur brisé d’un malheureux ?
Trop au-dessus de mes misères,
Mon infortune est si loin d’eux !

Jamais sans doute aucunes larmes
N’obscurciront pour eux le ciel ;
Leur avenir n’a point d’alarmes,
Leur coupe n’aura point de fiel.….  »

J’ai choisi de vous présenter les trois premières pièces , assez connues, la N°1 donne un peu le ton de l’ensemble de par son côté un peu mélancolique – la N°2 est pleine de fraîcheur, limpide et mélodieusement poétique – la N°3 (la plus célèbre) fait penser à Chopin car elle ressemble un peu à un Nocturne. On y retrouve le Liszt délicat, presque en retenue.

(Vidéo : au piano Jorge BOLET -Consolation N.1)
(Vidéo : au piano Vladimir HOROWITZ – Consolation N.2 )
(Vidéo : au piano Aldo CICCOLINI – Consolation N.3 )

Il n’y a plus d’après … Décès de Juliette GRÉCO

« La chanson est un art particulier, extrêmement difficile (quand c’est bien), contrairement à ce que l’on peut croire. Il faut écrire une pièce de théâtre ou un roman en deux minutes 1/2-3 minutes et c’est un exercice extraordinaire. C’est grave une chanson, ça va dans les oreilles de tout le monde et ça se promène dans la rue, ça traverse la mer …C’est important une chanson, ça accompagne toute votre vie. Dans tout ce que je chante, et dans ma vie, je suis là quelque part ….  » Juliette GRÉCO (Chanteuse et actrice française)

https://file1.closermag.fr/var/closermag/storage/images/1/3/1/8/1/13181129/juliette-greco.jpeg?alias=original
Juliette GRECO (1927-2020)
 » Un jour Guy BÉART m’a téléphoné et m’a dit qu’il avait écrit une chanson pour moi. C’était « Il n’y a plus d’après ». Il est venu et me l’a chantée, me l’a jouée. J’ai été très heureuse car c’était un magnifique cadeau  »

Le langage … Le mot …

 » Si l’on parle tellement du langage, c’est que l’on est obsédé par ce qui vous manque. Du temps de la tour de Babel on devait aussi beaucoup parler du langage. Presque autant qu’aujourd’hui. Le verbe est devenu du verbiage.

Tout le monde a son mot à dire. Le mot ne montre plus. Le mot bavarde. Le mot est littéraire. Le mot est une fuite. Le mot empêche le silence de parler. Le mot assourdit. Au lieu d’être une action, il vous console comme il peut de ne pas agir. Le mot use la pensée. Il la détériore. Le silence est d’or. La garantie du mot doit être le silence. Hélas ! c’est l’inflation ! Ceci est encore un mot. Quelle civilisation !  » Eugène IONESCO (Écrivain roumano-français, dramaturge – Extrait de son livre Journal en miettes/1967)

Eugène IONESCO (1909-1994)

L’Âge d’or de la peinture danoise 1801/1864 …

Il y avait fort longtemps que la France n’avait pas organisé une exposition portant sur la peinture danoise. La dernière s’est déroulée en 1984/85. Cette année le Petit Palais reprend le même thème mais la période change, à savoir qu’il y a trente cinq ans celle abordée concernait l’époque allant de 1800 à 1850. Celle actuelle voit plus large puisqu’elle s’étend de 1801 à 1864.

Cette expo devait, normalement avoir lieu d’avril 2020 à août 2020, mais en raison du coronavirus, elle a été reportée et a ouvert ses portes le 22 septembre et va durer jusqu’au 3 janvier. Elle s’intitule :  » L’Âge d’or de la peinture danoise-1801/1864  »

« Origine de la peinture » 1831 Heinrich EDDELIEN (Statens Museum for Kunst à Copenhague)

Pour ce faire, le Petit Palais s’est associé au National museum de Stockholm et au Statens Museum for Kunst de Copenhague. 200 tableaux magnifiques représentatifs de la peinture danoise du XIXe siècle y sont accrochés, ce qui permet de mieux connaître également la grande diversité des peintres de ce pays, avec en chef de file, celui qui est à l’origine du grand renouveau pictural qu’il ait pu connaître, celui qui fut professeur à l’Académie royale, qui a eu un grand nombre d’élèves à savoir le néo-classique : Christoffer Wilhelm Eckersberg.

L’expo parle également de la vie quotidienne du Danemark à cette époque, les artistes, leur condition, leur vie, leur travail, les voyages qu’ils ont pu faire afin de se faire mieux connaître, afin d’améliorer encore plus leur techniques, d’en apprendre d’autres ailleurs etc … , les thèmes abordés comme le paysage en extérieur, les portraits.

« Les sœurs de l’artiste, Signe et Henriette, lisant un livre » 1826 – Constantin HANSEN (Statens Museum for Kunst à Copenhague)
« Meta Magdalene Hammerich et Kristiane Konstantin Hansen, fille de l’artiste » 1861 – Konstantin HANSEN (Statens Museum for Kunst à Copenhague)

Historiquement parlant, cet âge d’or a débuté dans une période difficile au Danemark puisqu’en 1801 sévissait notamment la bataille de la Rade de Copenhague. D’un point de vue économique, le pays est mis à mal par l’Angleterre qui détruit quelque peu la flotte danoise et de ce fait plus d’exportations maritimes. L’État fait faillite en 1813 et un an plus tard la Norvège est cédée à la Suède. C’est terrible et humiliant quel qu’en soit le domaine : militaire, géographique, économique etc….

Pourtant, dans les années qui vont suivre, et, malgré cette période catastrophique, il y a des épanouissements encouragements notés dans l’art, l’architecture, l’industrie, la science. Des idées nouvelles de pensées sont diffusées par les penseurs danois romantiques, des mécènes, amateurs et marchands d’art arrivent dans le pays et donnent une vie nouvelle à la peinture. C’est l’âge d’or dans ce domaine. Il prendra fin en 1850/1851.

L’exposition du Petit Palais va au-delà de cette période , à savoir jusqu’en 1864, tout simplement parce que malgré la guerre contre la Prusse, la défaite, la perte de duchés, l’affaiblissement en différents domaines, eh bien l’art danois s’est relevé , a tenu bon grâce à différents artistes, ont changé les mentalités de l’histoire de l’art. Ce qui amène les historiens à situer véritablement la fin de cet art d’or danois vers 1864.

J’ai nommé, dans le texte ci-dessus, le peintre Christoffer Wilhelm Eckersberg, dont beaucoup disent qu’il est le père de la peinture danoise. Il fut professeur à l’Académie royale des Beaux Arts de Copenhague (elle fut fondée au XVIIIe siècle) – Il a créé une école au sein de ce lieu et il y a enseigné durant près de 30 ans, formant un nombre considérable d’élèves.

Christoffer ECKERSBERG 1811 Autoportrait

Eckersberg est né en 1783 .On ne le connaît pas vraiment en France. En peinture, ses sujets ont été assez éclectiques. Il s’est surtout spécialisé dans les portraits, les scènes de genre, les marines, la vie quotidienne. Il a beaucoup peint également des nus. En tant que professeur, il s’est évertué à tourner le regard de ses élèves vers le monde réel, observer en extérieur, sur le motif, leur a enseigné l’art de la perspective dans lequel il excellait.

 » L’aqueduc d’Arcueil » 1812 Christoffer Wilhelm ECKERSBERG (Collection privée)

Certes ce que l’on peut appeler  » l’école danoise  » existait avant lui, mais sa pédagogie a permis qu’elle évolue, qu’elle se détache de toute influence, qu’elle soit nationale, se modernise, qu’elle se révolutionne même, qu’elle soit objective.

Il a tiré de grands enseignements de ce qu’il avait appris auprès du français Jacques-Louis David dont il fut l’élève durant trois ans(1810/1813) mais aussi du grand changement qui s’est opéré dans sa peinture lors de son séjour en Italie, à Rome précisément avec une autre lumière et la peinture en plein air. Tout ses acquis ont fait également partie de son enseignement une fois qu’il est retourné dans son pays natal. Il est mort du choléra à Copenhague en 1853.

 » Vue des jardins de la Villa Borghese » 1814 –Christoffer Wilhelm ECKERSBERG (Statens Museum for Kunst à Copenhague)

Il aura beaucoup contribué à l’épanouissement de ce qui fut appelé l’art danois, une expression utilisée pour la première fois en 1890 par un critique littéraire répondant au nom de Valdemar Vedel , et qui ne réunissait pas que la peinture, mais également la littérature, la philosophie, les sciences, la musique, la sculpture, la théologie aussi.

Que peut-on retenir des caractéristique de la peinture danoise : d’abord cette incroyable impression que les tableaux sont des photos, c’est très minutieux, détaillée, audacieux avec une lumière traitée de façon assez magnifique et de belles couleurs d’une grande clarté. Les paysages sont traités avec une grande étude de ce que fut le ciel, la lumière, l’air, la végétation. Certains amènent à la contemplation, au rêve. Les peintres ont voulu la rendre quasi idyllique. Il y a très souvent, une atmosphère heureuse dans les tableaux en extérieur. Ceux abordant la vie quotidienne et les classes sociales sont assez différents, avec le confort offert par la bourgeoisie, et le côté un peu plus bohème des autres.

Comme beaucoup d’autres, les peintres danois ont eu un grand goût du voyage à l’étranger, et l’Académie les a fortement encouragés à faire ce Grand Tour. Eckersberg a séjourné six ans à l’étranger. Le sculpteur Bertel Thorvaldsen, fierté nationale, a connu un immense succès international à l’étranger où il fut le rival de Antonio Canova.

Se rendre à l’étranger était très important pour mieux apprendre des autres, connaître d’autres techniques, un autre art de vivre etc… Il faut savoir que le voyage se faisait dans des conditions extrêmement difficiles à l’époque. L’Europe du Sud ( Italie Grèce, France en bord de la Méditerranée) étaient des destinations très prisées, mais aussi, plus tard, la Suède et l’Amérique du Sud .

 » Un jeune pêcheur à Capri » 1839 Christen KOBBE (Nationalmuseum Stockholm)
« Un écrivain public romain lisant une lettre à une jeune fille à haute voix » 1829 – Ernst MEYER (Statens Museum for Kunst à Copenhague)
« Vue d’une place à Amalfi » 1835 – Martinus RORBYE (Statens Museum for Kunst à Copenhague)
 » Vue de Rome au travers de trois arches du Colisée  » 1853 – Christoffer Wilhelm ECKERSBERG (Statens Museum for Kunst à Copenhague)
« Un groupe d’artistes danois à Rome  » 1837 – Constantin HANSEN (Statens Museum for Kunst à Copenhague )

Leur attirance allait à l’étude de la vie au quotidien, les vues en extérieur, que ce soit urbaines ou rurales. La nature est ressentie avec infiniment de sensibilité et d’émotion rejoignant ainsi les idées de Rousseau ou celles de Joseph Von Schelling. Les élèves d’Eckersberg vont partir explorer tout cela, le siège pliant sous le bras, l’équipement sur le dos, afin d’expérimenter au mieux la lumière naturelle. Ils feront preuve d’un grand sens aigu du détail, sauront bien nuancer l’ombre et la lumière, adopter les bonnes couleurs.

La grande bourgeoisie danoise a permis aux artistes d’avoir une clientèle aisée. De plus, elle leur a permis d’entrer dans leur vie, d’y peindre leur quotidien, donnant ainsi une belle image de leur mode de vie, et servir de bon exemple. Une grande partie d’entre eux deviendront des mécènes intéressants. Leurs goûts ont varié : ils furent d’abord attiré par la mythologie, le religieux, puis tout ce qui avait à voir avec la vie moderne.

Les portraits de famille sont souvent requis eux aussi. On y montre beaucoup les enfants parce qu’ils sont représentatifs de l’avenir de la nation. Les enfants reçoivent une éducation quasi parfaite d’ailleurs. On leur enseigne les bonnes manières, la musique, la danse. Les tableaux se doivent de véhiculer une idée d’une vie de famille heureuse et agréable qui, incontestablement, plait beaucoup. D’une manière générale, les portraits d’enfants sont un thème accrocheur, le favori de bien des peintres danois.

« Famille Waagepetersen » 1830 – Wilhelm BENDZ (Statens Museum for Kunst à Copenhague)

Quel que soit le sujet abordé, les peintres de l’âge d’or danois ont tenu, avant toute chose, à se tenir au service de l’identité nationale de leur pays, de le glorifier au travers de leurs tableaux, de lui apporter une certaine forme de poésie, d’entretenir la flamme patriotique dans les tableaux d’histoire même lorsque leur pays a été humilié. La nature elle-même a tenu à porté la ferveur patriotique du sol danois.

« Vue d’une rue à Osterbro, en dehors de Copenhague,lumière du matin  » 1836- Christen KOBBE (Statens Museum for Kunst à Copenhague
« Place du marché à Copenhague » 1844 – Sally HENRIQUES (Statens Museum for Kunst à Copenhague)
« La prison de Copenhague, l’hôtel de ville et le tribunal » 1831 – Martinus RORBYE (Statens Museum for Kunst de Copenhague)